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Yann, Community Manager au Québec

Yann Gonthier est gestionnaire de communauté et webmestre pour le Groupe audiovisuel PVP à Matane, dans l’Est du Québec. Expatrié depuis 5 ans au Québec, il y apprécie la façon de travailler, l’ambiance et l’ouverture d’esprit des Québécois malgré le lot de démarches administratives impressionnant pour les expatriés. Aujourd’hui, Yann attend la réponse à sa demande de résidence permanente et conseille cette expérience à tous.

Yann, Community Manager au QuébecCela fait 5 ans que tu vis au Canada. Pourquoi es-tu parti ?
Après avoir fait un bac en vente, commerce à l’Ile de la Réunion, je voulais voir autre chose que le système strict français. Et donc l’Agence ADOME (Agence de l’Outre Mer pour la Mobilité) m’a permis de partir au Québec. Et suite à ça j’ai commencé mes 3 années d’études dans le multimédia à Matane, dans l’est du Québec. Aujourd’hui je travaille dans une entreprise de production télé, le Groupe PVP à Matane, qui fait aussi du web. Je suis gestionnaire de communauté et webmestre. J’ai trouvé ce job grâce à mon stage de fin d’études en 2009 après lequel j’ai pu avoir le poste que j’occupe actuellement.

Comment cela se passe-t-il du point de vue administratif ?
Pour pouvoir faire un stage, il faut faire une démarche au niveau du gouvernement. Il faut faire une demande de travail pour ton diplôme. C’est un permis qui te permet de travailler 3 ans après ton diplôme. A l’heure actuelle, j’essaie d’obtenir ma résidence permanente car d’ici l’année prochaine en 2012, mon permis de travail va expirer.
Cette demande de résidence est très longue, il faut beaucoup de papiers et c’est très cher ! Le gouvernement veut contrôler les entrées au maximum, ce qui est normal. Il demande plusieurs questions précises. En ce moment par exemple, il me demande ce que j’ai fait chaque mois depuis l’âge de mes 18 ans. Je dois dire si je travaillais, si j’étais en études ou en vacances… Il y a pleins de démarches de ce genre que je dois faire et que d’autres ont dû faire pour obtenir cette résidence permanente. Mais j’ai vu beaucoup d’amis ou des personnes de mon entourage abandonner à cause de tout ça.

Qu’est-ce qu’il t’a le plus marqué au Canada ?
L’heure des repas n’est pas du tout la même qu’en France ou à La Réunion. Pas pour le matin ou le midi mais le soir on mange à 16h30 – 17h. Les horaires de travail sont décalés, moi par exemple je travaille de 8h à 16h30.
Sinon ce qui m’a le plus marqué, c’est que les Québécois veulent leur indépendance du Canada. Quand tu arrives ici et que tu dis je suis arrivé au Canada. Ils te disent « Non, non, non tu es arrivé au Québec. » Ils veulent vraiment faire la différence, ils veulent être un pays, ils se battent beaucoup pour ça.

Au niveau de la vie au travail, de la structure des entreprises, de leur fonctionnement, trouves-tu des différences avec la France ?
Il y a une grosse différence au niveau de la hiérarchie. Par exemple je veux aller voir mon patron dans son bureau pour lui parler, je le tutoie et pas besoin de prendre rendez-vous avec lui pour négocier mon augmentation. Ils sont très ouverts à la discussion, très proche de toi. En France c’est plus une hiérarchie : il y a le boss et toi, tu es en bas. Ici, c’est plutôt un management vertical.

Quels sont les aspects négatifs et les positifs de ta vie là-bas ?
Le gros point négatif c’est l’éloignement avec ma famille qui pèse beaucoup. Et aussi le nombre faramineux des démarches à faire et le prix à payer pour avoir les papiers. Mais le gouvernement cherche à progresser même il y a encore beaucoup de travail à faire.

Le point positif, c’est vraiment l’esprit d’ouverture des québécois. Ils sont toujours là à te poser des questions, à s’intéresser à toi. Aussi lors de mes études, ce qui m’a interpellé c’est la proximité entre les professeurs et les étudiants comme actuellement au travail entre les chefs et les employés. L’ambiance de travail, ce n’est pas tout la même chose qu’en France. Les profs te suivent de A à Z et même sur leur temps libre. C’est un pays ouvert au contact facile. Et il ne faut pas oublier les magnifiques paysages à voir, et moi, ce qui me fait craquer, c’est évidemment l’accent québécois.

Apparemment, le système des congés payés est assez contraignant ?

Pour une année de travail tu as le droit à deux semaines de congés payés avec 5 jours de congés maladie sans justification. Et pour 5 ans dans l’entreprise tu as le droit à 3 semaines. Mais après si tu cumules des heures supplémentaires de travail, je pense que tu peux t’arranger avec ton patron pour prendre plus sans attendre les 5 ans d’ancienneté.
Malgré tout c’est plus facile à vivre. Ici, tu es payé toutes les semaines ou toutes les deux semaines. Les impôts sont pris à la source. Il y a les impôts fédéral et provincial qui sont pris directement sur ton salaire. Mais quand tu vas en magasin tu dois ajouter ses deux taxes aux prix des produits affichés. Par contre je fais un rapport sur mes différentes activités professionnelles à la fin de l’année, et il rééquilibre par rapport à ce que tu as payé dans l’année. Soit tu donne, soit il te reverse si tu as trop payé.

Pour conclure, si tu devais résumer ton expatriation en une phrase…
Une expérience que je suggère à tous, qu’il faut vivre une fois dans sa vie !

> Via le blog du Modérateur

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