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Trouver un stage aux USA, mission impossible ?

Tout au long de l’année nous suivrons le parcours de plusieurs jobtrotteuses, des étudiantes de Science Po Rennes parties à l’étranger dans le cadre de leur troisième année. Premier épisode avec Clémence qui nous raconte sa recherche de stage aux Etats-Unis.

Trouver un stage aux USA, mission impossible ?

« Les voyages forment la jeunesse », parait-il. Alors, partons ! Mais, ou, pourquoi et comment ? Si ce vieil adage bien connu de Montesquieu semble faire office de devise dans nombre d’écoles et d’universités – Sciences Po et sa troisième année obligatoire à l’étranger en témoigne-, il reste que cette formidable expérience, qui semble être sur le papier à porter de main, se prépare et se construit. Vivre un projet, c’est d’abord l’envisager, le définir en termes concrets, puis le préparer.
J’ai pour ma part la chance d’être dans un cursus comprenant une année à l’étranger, je savais donc par avance que je n’aurais pas à décider de partir, mais qu’il me faudrait trouver le lieu ou partir, décision qui n’en ai finalement pas vraiment une si l’on considère les difficultés rencontrées par tout étudiant non diplômé cherchant un stage à l’étranger. En effet, il est ici plus question de ‘sauter’ sur les opportunités qui s’offrent à nous que de faire le difficile. Cela dépend il est vrai du parcours de chacun, mais puisqu’il faut commencer quelque part, je parlerai ici de mon expérience personnelle.
Cibler précisément ou saisir les opportunités ?
Telle est la première interrogation contre laquelle toute personne en recherche d’emploi ou de stage butte lorsqu’elle décide de changer de job, de ville, de vie. Pour ma part, j’ai commencé par cibler les pays anglo-saxons et plus particulièrement les USA, et ce pour la raison suivante : il y existe une sorte de ‘culture du stage’ inhérente au monde de l’entreprise. Les expériences sont systématiquement la partie la plus valorisée sur un CV américain, on s’intéresse à la personne au travers de ses expériences divers et varies tels que les stages, le bénévolat, l’engagement associatif, l’élaboration de projets personnels. En outre, les entreprises sont ‘habituées’ aux stagiaires, elles ont donc le plus souvent à disposition non seulement des programmes de stage construits et approfondis mais aussi des salariés capables de gérer et d’encadrer un stagiaire. Enfin, quoi de plus efficace que de parler -sous la contrainte professionnelle- une langue 8 heures par jour quotidiennement pour maîtriser celle-ci ?
Refaire son CV « à l’américaine »
J’ai donc, pour ces raisons, focalisé mes recherches sur les USA. Voulant travailler dans le secteur culturel, j’ai ensuite ciblé les deux villes qui me semblaient les plus prolifiques à ce niveau : New York et San Francisco. Villes ouvertes sur le monde, multiculturelles, riches en non-profit organisations mais aussi en artistes de tout poil, elles me paraissaient être l’endroit idéal pour commencer ma ‘nouvelle vie’, et faire partie intégrante d’une communauté jusque-là inconnue. Restait qu’il me fallait trouver LA non profit organisation qui voudrait bien m’embaucher en tant que stagiaire. Cette étape est déterminante, elle réclame patience et énergie, détermination et faculté de négociation, un savant dosage en somme que l’on peut mettre plus ou moins de temps à définir. De mon coté, j’ai commencé par miser sur la qualité, et j’ai envoyé quelques mails comprenant CV et lettres de motivation ciblées a des entreprises qui me faisaient en quelque sorte ‘rêver’.
Les semaines passant et le silence radio de ma boite mail s’éternisant, j’ai compris qu’il fallait que je revoie mes techniques et réévalue mes exigences. Je me suis donc penchée sur des entreprises plus petites, j’ai refait mon CV à l’américaine (Il est très important de s’adapter aux attentes du monde professionnel ciblé, de nombreux conseils sont disponibles sur Internet) de façon a le rendre plus marquant, plus original. Et enfin, j’ai bombardé toutes les boites mails des entreprises qui m’intéressaient à l’adresse fournie dans la rubrique ‘careers’ de leur site et j’ai relancé toutes celles qui ne m’avaient pas répondu négativement au bout de deux semaines. Sans mentir, je pense avoir envoyé une centaine de mails, ceci prouve qu’il ne faut jamais désespérer et toujours relancer le destinataire pour lui montrer à quel point il nous intéresse et nous motive.
Décrocher son stage
La première réponse potentiellement positive sonne certes le glas des recherches sans résultats et des heures passées à se demander ‘reçoivent-ils vraiment mes mails ? Ma boite mail a-t-elle un problème ?’ Mais elle laisse également place au passage le plus épineux et stressant du processus de recherche de stage : j’ai nommée ‘l’entretien de motivation’. Qu’il soit téléphonique, sous forme de vidéo-conférence Skype ou de questionnaire ultra pointu, il vise toujours à tester notre capacité à nous valoriser sans en faire trop. Exercice plus difficile encore lorsqu’il s’agit de le réaliser dans une langue qu’on ne maitrise pas aussi bien que notre langue maternelle. Lorsqu’il m’a fallu à mon tour ‘passer à la casserole’, j’ai dû expliquer très clairement et très précisément les démarches administratives nécessaires à la réalisation de mon stage alors même que je ne m’étais pas encore penchée sur la question. Il a donc fallu que je paraisse sure, déterminée à simplifier la vie de mes employeurs, je les ai en quelque sorte rassurés en avançant que je m’occuperais de la plus grande partie des formalités. C’est à ce moment que les choses se sont débloquées et que j’ai officiellement été embauchée en tant que stagiaire à la San Francisco Film Society !
Choisir son sponsor, obtenir un visa
Une fois la vague de joie et de soulagement retombée, on peut dire que pour moi les choses se sont corsées. Si j’étais consciente du fait qu’une année a l’étranger représentait un budget conséquent, qui plus est aux USA, je n’avais pas imaginé qu’un stage non-rémunéré me coûterait aussi cher avant même de l’avoir commencé. En effet, tout stage aux USA requiert que l’on se choisisse un sponsor, autrement dit un institut privé spécialisé dans l’obtention des VISA. J’ai pour ma part choisi de miser sur la sécurité et pris le sponsor officiel du gouvernement bien qu’il soit plus cher. Mois après mois, j’ai obtenu les papiers demandés, reçu des mails de mon futur maître de stage me demandant de lui expliquer ce qu’il devait faire, eu quelques frayeurs et quelques mauvaises surprises, déboursé 1400 euros, pour finalement me retrouver le 7 août 2012 à Paris, trois semaines avant le grand départ, devant un officier consulaire américain. Quelques questions plus tard concernant mes motivations et mon budget prévisionnel, j’ai pu entendre avec bonheur ‘Vous recevrez votre VISA par la poste d’ici quelque jours’. Bien.
Alors, que le rêve américain commence !

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