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Le mouvement est la clé de notre employabilité !

Notre série « Tribunes RH » propose aux experts des questions RH et aux acteurs du recrutement et de l’emploi de prendre la parole. Cette semaine, Jérôme Armbruster, Directeur Général de RegionsJob, s’attarde sur l’employabilité : « l’aptitude de chacun à trouver et conserver un emploi, à progresser au travail et à s’adapter au changement tout au long de la vie professionnelle » comme la définit l’Organisation internationale du travail (OIT). Ou pourquoi il est indispensable de rester curieux et de continuer à apprendre au cours de sa vie professionnelle.

Suis-je employable ? Cette question taraude sans doute les millions de personnes qui occupent le même poste depuis plus de 10 ans et qui n’ont pas éprouvé récemment leur employabilité d’une manière directe. On pourrait s’en féliciter pour eux, tant l’objectif affiché partout est d’essayer d’obtenir « le » CDI qui permet de ne pas avoir à se poser cette question. Pourtant, le CDI ne doit pas être l’objectif final, et peut même devenir, à son tour, un piège pour la future employabilité de plus grande majorité des actifs.

Entretenir son employabilité, même quand tout va bien

Suis-je « toujours » employable ? Cette question se pose à nous lorsque nous nous retrouvons confrontés à un manque dans notre travail, évolution, reconnaissance, rémunération, confiance ou autre, et que l’on envisage un besoin de changement. Ou lorsque l’accélération de l’évolution des métiers, des secteurs ou de l’entreprise elle-même, impose à ses salariés de devoir se poser la question, parfois contre leur gré. Il est malheureusement parfois trop tard pour travailler cette employabilité. Pour être prêts en cas d’imprévu, pour pouvoir décider de changer si on en a envie, pour ne pas se sentir piégé par un CDI dans lequel on ne sent plus à l’aise, nous devrions tous nous sentir concernés par le développement et l’entretien régulier de cette dernière.

Cet entretien est essentiel, parce notre employabilité n’est malheureusement pas un acquis durable. Elle peut même se détériorer rapidement si on en prend pas soin. Et si j’ose dresser un parallèle avec l’activité physique, je suis persuadé que la clé de l’entretien est le mouvement. Le mouvement d’un statut de débutant à celui d’expérimenté, le mouvement d’un poste à un autre dans une même entreprise, le mouvement d’une entreprise à une autre, le mouvement d’une techno à une autre, le mouvement d’un métier à un autre avec l’aide d’une formation.

Rester attentif et curieux

Ce mouvement, quel qu’il soit, nous amène à rester attentif et curieux, et nous donne ainsi envie d’apprendre de ce qui nous entoure, et donc nous pousse à nous former, ouvrant ainsi des capacités d’évolutions, de changement de postes ou de métiers, et donc de mouvement et ainsi de suite. Au contraire, si on s’arrête de bouger, de poste, d’entreprise, de techno, de métier, trop longtemps, on devient souvent moins curieux, et donc moins demandeur de formation et de plus en plus résistant au changement. Dans ce cas, le mouvement ne devient plus une pratique régulière et maîtrisée qui nourrit, mais un risque et une appréhension de ne plus être aussi employable, amenant de la perte de confiance.

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Sécuriser et faciliter le mouvement

Deux axes de la politique du président Macron poussent à ce mouvement. Le projet de permettre à un salarié de pouvoir recevoir les allocations chômage s’il démissionne de son poste va permettre de sécuriser un mouvement, et donc de permettre au salarié d’oser passer le pas du mouvement plus facilement. Par ailleurs, le projet d’augmentation des dotations des entreprises au CPF, va augmenter les moyens de formation à disposition des salariés, tout en leur laissant plus d’autonomie dans le choix de la formation suivie. C’est une formidable opportunité à saisir pour chaque salarié de prendre en main sa formation continue tout au long de la vie professionnelle. Ces deux projets vont donc faciliter la mobilité et l’accès à la formation continue, il faut maintenant que les salariés s’en saisissent, et c’est ici que nous avons notre rôle à jouer.

Les services emploi et formation comme RegionsJob fournissent déjà des services à des millions de salariés pour changer de poste, trouver une formation continue, s’informer sur l’évolution du monde de travail. Ils participent ainsi fortement à la fluidité du marché du travail entre les différentes entreprises du territoire. Ils ont désormais également un rôle à jouer et des services à développer pour permettre d’aider les salariés à jauger leur employabilité, et à agir pour l’entretenir.

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Un suivi tout au long de la vie professionnelle

Nous – services emploi et formation – sommes amenés à devenir un véritable coach de leur employabilité, comme il existe des coachs pour l’activité physique. Cela implique de la proximité à travers les outils digitaux de son quotidien, et de la personnalisation pour que cet accompagnement soit écouté et entendu. C’est pourquoi nous avons décidé d’investir dans ce vaste projet, en utilisant la spécificité et l’historique de nos échanges avec les millions d’utilisateurs de RegionsJob, et en collaborant avec d’autres acteurs, pour nous permettre d’aller au-delà de (bons) conseils génériques. Notre objectif : aboutir à un coaching personnalisé le plus complet possible, qui puisse amener chaque salarié à être curieux, à bouger et à se former tout au long de sa vie professionnelle.

Car si l’on veut que l’employabilité des salariés reste suffisamment importante pour ne pas qu’ils aient à subir, dans le futur, une situation de chômage prolongée, c’est au moment où ils sont en poste qu’il faut les soutenir, les accompagner, voire parfois, « les secouer » peut-être. Ainsi, nous serons tous gagnants.

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Commentaires
  1. DAVID
    28 février 2018 - 13h17

    Beaucoup souhaiteraient se former mais dans la pratique il est très difficile de le faire en entreprise (budget, absence …), surtout en PME.
    Lorsque vous êtes au chômage, la réponse de Pôle emploi la plus courante est : « il n’y a pas d’argent en région. Pour changer de voie par exemple, la seule façon de se former est de se financer soi-même. En France on est sur « qui a fait fera » comme l’indique si bien l’apec !!

  2. DAVID
    28 février 2018 - 13h21

    J’ajoute, que même en étant conscient de l’intérêt à se former, en « gérant » son employabilité, si vous êtes senior, vous êtes senior et on préfèrera toujours un trentenaire. C’est hélas une réalité encore bien française.

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