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Le travail saisonnier : un autre mode de vie

Disc jockeyQuand on est jeune diplômé, sans emploi ou sans expérience, le travail saisonnier peut être une première étape pour débuter dans la vie active. A l’étranger, en montagne ou en bord de mer, les choix de destination sont variés. C’est ce qui en fait l’originalité. Mais attention, même si parfois le lieu s’y prête, ce ne sont pas non plus des vacances. Alors comment vivent les saisonniers, pourquoi font-ils ce choix et que leur apporte ce mode de vie ? Réponses à travers plusieurs témoignages de saisonniers.

Dsc 8836Céline, 38 ans, aujourd’hui commerciale en cosmétique, a vécu au rythme des saisons pendant 12 ans, en tant que responsable d’animation. Au départ, elle a choisi l’étranger. « J’ai commencé dans ce métier en travaillant pour des gros tours opérateurs au Maroc et aux Antilles. Mon but était surtout de voyager et de découvrir de nouvelles cultures », raconte-t-elle. Le rythme d’une saison est souvent très soutenu, en particulier dans l’animation. Et pour ce qui est de la rémunération, « beaucoup d’heures pour des salaires peu élevés, mais quel bonheur d’être nourrie, logée, blanchie et de vivre sa passion tout en travaillant » précise-t-elle. Après quelques années à l’étranger, le retour au pays est devenu nécessaire,« besoin de travailler dans des structures moins importantes aussi » se souvient Céline. Direction alors la Côte d’Azur en été et la Savoie en hiver.

« On ne compte pas ses heures »

Pour Céline, les saisons sont surtout synonymes de rencontres. Ses expériences lui ont permis de tisser des liens très forts que ce soit avec d’anciens collègues, patrons ou vacanciers. « J’ai gardé beaucoup de contacts, ce qui m’a toujours permis de retrouver du travail facilement ». Cependant, la vie de saisonnier ne plaît pas à tout le monde, « il faut savoir que c’est un milieu où on ne compte pas ses heures, on cumule de la fatigue, on manque de temps pour soi et la vie en collectivité est parfois conflictuelle ». Mais quoi qu’il en soit, « c’est une expérience qu’il faut vivre au moins une fois dans sa vie, surtout quand on est jeune. C’est une superbe aventure professionnelle et humaine qui permet de se découvrir soi-même et d’acquérir énormément de compétences professionnelles ».

Enrichissement « culturel, relationnel et professionnel »

Vinc ok Vincent, 30 ans, est directeur d’un camping à La Baule. Après 7 ans de vie saisonnière, il explique que sans cette expérience, il n’aurait jamais réussi à obtenir un poste de direction comme aujourd’hui. « Mécanicien pendant cinq années, j’ai fait le choix à 20 ans de tout quitter et aujourd’hui, j’ai le sentiment d’avoir réussi ». Dans le milieu saisonnier, il est assez facile de trouver du travail, même sans expérience. « Vivre au rythme des saisons, m’a permis de faire des rencontres fortuites, d’évoluer très rapidement et d’acquérir beaucoup de maturité », explique Vincent. Ce mode de vie est « un enrichissement à la fois culturel, relationnel et professionnel ». Et aujourd’hui, « c’est au poste de directeur que je poursuis l’aventure « .

« Il faut être courageux et motivé »

Nicolas okNicolas, 40 ans, a été saisonnier pendant 10 ans comme disc-jockey, technicien du son ou encore animateur sportif. « Après des études en hôtellerie, c’est ma passion pour la musique qui m’a permis de m’orienter vers des jobs saisonniers en club ». Selon lui, pour travailler comme saisonnier, « il faut être courageux et motivé car les salaires sont souvent peu élevés ». Mais sans ces dix années passées au contact des vacanciers, il n’aurait jamais appris à parler trois langues couramment. Compétence qui lui a d’ailleurs beaucoup servie lorsqu’il a décidé d’arrêter les saisons pour retrouver un rythme de vie plus stable. Selon Nicolas en effet, il n’est « pas toujours facile de concilier vie de saisonnier et vie de famille ». Ensuite, pendant 10 ans, il a travaillé comme responsable en hôtellerie de luxe. Mais finalement, le rythme de saisonnier a fini par lui manquer et c’est pour cette raison qu’aujourd’hui, il est gérant d’un snack dans le même camping que Vincent à La Baule.

« Six ans de bons souvenirs »

NicoPour Nicolas M, 32 ans, comptable depuis maintenant trois ans, ce mode de vie à travers les saisons, « c’est six ans de bons souvenirs ». Diplômés d’un BTS en comptabilité, « je venais de terminer mes études et je ne me voyais pas chercher un poste fixe et travailler dans un cabinet comptable ». Trouver un job saisonnier était un bon compromis, « j’ai donc travaillé comme Skiman ou vendeur en magasin de sport. Je n’avais pas du tout d’expérience et pourtant on m’a laissé ma chance. Finalement, j’ai pris goût à ce mode de vie qui m’a permis d’acquérir de nouvelles compétences, de prendre confiance en moi et de mettre de l’argent de côté ». Hiver comme été, la montagne est un bon environnement pour travailler. « Adepte moi-même de ski, randonnée, escalade… quel plaisir de conseiller les vacanciers sur ses propres loisirs », précise-t-il. Pendant quatre à cinq mois, le rythme est intensif, mais finalement à l’intersaison, « on prend le temps de se reposer, de voyager et de retrouver famille et amis ».

« Un mode de vie à part »

« Il faut savoir que c’est un mode de vie à part avec ses bons et ses mauvais côtés », souligne Nicolas M. Par exemple, avant la saison, il arrive que les employeurs demandent à rencontrer les saisonniers. « Or, selon la distance, le trajet peut coûter cher. Je me souviens m’être déplacé jusqu’à l’Alpe d’Huez pour un entretien d’une heure et je n’avais pas d’autre choix que de dormir sur place avant de reprendre la route le lendemain » explique-t-il. Autres inconvénients à chaque fin de saison : il faut s’inscrire à Pôle emploi, rechercher un nouveau job, passer des entretiens. Malgré tout, « je garde un très bon souvenir de ces six années en tant que saisonnier. Il n’a pas été facile d’arrêter et si c’était à refaire, sans hésiter, je renouvellerais l’expérience ».

  • Crédit photo shutterstock Group of dancing people

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