Fermer
menu

Travailler en vacances, est-ce bien raisonnable ?

Travaillervacances
Travailler plus, toujours plus jusqu’à l’overdose… et même pendant les vacances ? Apparemment c’est plus fréquent qu’on ne pense. Selon un sondage d’Hôtels.com, près de deux tiers des Français avouent ne pas décrocher du boulot pendant les congés. En gardant le contact avec l’ordinateur portable au coin de la serviette ou le Blackberry dissimulé dans le maillot de bain. Selon ce sondage, plus de 50% des personnes interrogées reconnaissent ainsi regarder leurs e-mails professionnels plusieurs fois par semaine…

« Gagner du temps avant de rentrer au bureau »
Principale motivation pour rester connectés, se tenir au courant bien sûr mais aussi, pour plus de 36% de ces Stakhanovistes balnéaires, « pour gagner du temps quand on rentre au bureau ». Car ce n’est pas nouveau et ce phénomène s’est accentué avec la crise, beaucoup de salariés (en particulier les cadres) connaissent actuellement une surcharge de travail. De 20 à 30% de travail en plus selon les régions rarement compensé par des embauches ou des missions intérimaires à cause du gel généralisé des recrutements.
Seule solution donc pour ne pas être dans le jus à la rentrée, « se tenir au jus » depuis son lieu de villégiature, quitte à se mettre toute la famille à dos. C’est assez rare (3% selon le sondage) mais le fait de continuer à travailler pendant les vacances peut provoquer des disputes. Et dans 1% des cas mener au divorce !

Travailler sur un volcan ou dans la brousse
Mais le travail en vacances c’est parfois l’aventure. Comme en témoigne une partie des sondés à qui il est arrivé de « piloter un dossier depuis les pentes de l’Etna », de faire des « kilomètres en taxi-brousse pour trouver un cybercafé lors d’un voyage en Afrique ». Et parfois cette obstination peut friser le drame. En voyage au Portugal un couple raconte avoir été tellement absorbé sur leurs PC dans un cybercafé, qu’ils ont perdu de vue leurs enfants « qui n’avaient pas trouvé mieux que d’aller jouer sur la plage ». Quelle idée aussi d’aller à la plage pendant les vacances !
Enfin, signe qu’un certain sens des priorités surnage tout de même, une personne interrogée pour ce sondage a fait tomber son téléphone dans la piscine en voulant « sauver un enfant ». L’histoire s’est bien terminée « il a remarché comme si de rien n’était ».
Arrivé à ce stade, décrocher pendant les vacances ce n’est peut-être pas du luxe.

A lire aussi sur Le Monde.fr les témoignages de « Workaholics ».

Ces articles devraient vous intéresser
Commentaires
  1. Franck61
    8 août 2009 - 19h14

    Pour moi les vacances c’est sacré…!

  2. France
    9 août 2009 - 11h04

    Pendant longtemps, j’ai fait partie de ces barges de boulot. Y compris en arrêt maladie, ce qui ne m’est arrivé qu’une fois en plusieurs années, arrêt pendant lequel j’ai passé plus de temps au téléphone ou derrière le PC qu’à récupérer de l’épuisement dans lequel je me trouvais.

    Hééé bééé … cet été … rien du tout … nada … dalle … téléphone pro éteint, ni connexion à ma boîte mail bureau, ni contact avec les uns ou les autres encore à l’usine. On verra en rentrant ce qui s’est passé et ***** (chuuuut … ne pas le dire trop fort des fois que … ). Je ne suis absolument pas indispensable et je le prouve 🙂 Quand j’y repense, je suis atterrée d’avoir ainsi pu être connectée à mes dossiers 24/24 – 7/7 à m’en faire exploser les neurones.

    Avec le taux d’absentéisme lié à la grippe A, attendons nous à ce qu’il y ait une généralisation officielle du télétravail ! Encore qu’un petit 40 de fièvre devrait calmer les ardeurs des plus convaincus que la terre ne peut pas tourner sans eux 🙂

    Pour ces accros (car c’est addiction), espérons que l’industrie pharma produira toujours plus d’anti-dépresseurs et que les structures HP seront renforcées.

  3. Tendances RH
    9 août 2009 - 22h35

    Est ce vraiment un choix que de travailler le weekend, pendant les arrêts maladie, … ? Rester connecté permet d’être efficace, de suivre les dossiers, … et de (parfois) se distinguer de son collègue qui en période de crise se transforme en un sérieux concurant. Pour certains ce n’est donc pas un choix (accro au travail) mais une façon de défendre leur Job et ça arrive bien plus souvent qu’on le croit. (?)

  4. Kiwi
    9 août 2009 - 23h12

    Non cela n’est pas très raisonnable ! De plus, déconnecter permet de reprendre le travail avec les idées claires, le regard neuf ! 🙂

  5. France
    10 août 2009 - 8h44

    Abderrahman, je suis d’accord avec vous sur le fait que beaucoup n’ont pas le choix. Encore que … nous avons toujours le choix, y compris celui de ne pas choisir. Je me suis moi-même perdue dans cette spirale, comme d’autres collègues. A de rares exceptions près qui appartenaient déjà au sérail, cela n’a guère changé la situation si ce n’est que nous avons dû fournir toujours plus de travail. C’est un peu le principe du commercial qui dépasse son quota par un travail de forcené, quota qui sera augmenté en conséquence l’année suivante et ainsi de suite … jusqu’au burn-out.

    Outre les conséquences que cela entraîne sur la vie personnelle et la santé, je rejoins le commentaire de Kiwi en cela que notre vision finit par s’obscurcir. Je pose la question en terme de gestion de ressources humaines : est-il préférable de pressurer un salarié jusqu’à ce qu’il en sorte un mauvais jus (après tout, le Pôle emploi nous fournira la main d’oeuvre de remplacement) ou lui permettre de se reposer dans d’excellentes conditions pour pouvoir le moment venu fournir l’effort nécessaire et un travail de qualité ? Tout ça au risque de voir les indicateurs de climat social se détériorer ? Cette politique que je qualifierai de fuite en avant est peut-être jouable dans des secteurs qui ne tournent pas à flux tendus sur le marché de l’emploi. Dans les activités requiérant des compétences pointues pour lesquelles les candidatures ne sont pas pléthore, je vous assure que nous préférons des salariés en bonne santé, efficaces et avec une couche de frustration minimum plutôt de perdre beaucoup de temps (et donc beaucoup d’argent) à recruter des CDD ou des intérimaires pour pallier les arrêts maladie. Sans parler de l’image de l’entreprise à l’extérieur qui finit toujours par en prendre un coup.

    Décidément, je crains que nous n’ayons rien appris des mois qui viennent de passer. C’est le cas pour les pratiques bancaires et il semble que ce soit le cas pour les pratiques managériales. Pour paraphraser Attali dans une intervention récente, si la bulle qui vient de nous éclater à la figure a été destructrice en emploi et en appareil de production (et bravo à ceux qui ont bien profité du système jusque dans sa perversion), celle qui nous attend fera sans doute bien plus de ravage. Si faire de l’ironie pouvait encore me donner quelque satisfaction dans les circonstances, je dirai qu’effectivement nous avons trouvé une solution au problème des retraites … qui disparaîtra faute de combattant.

    En dernier lieu, je rappellerai que le code du travail (il existe encore je pense 🙂 ) stipule que le droit à congés payés est destiné à permettre au salarié de se reposer de son travail. Ce droit à congés payés a pour corollaire l’obligation du salarié de se reposer et donc l’interdiction de travailler pendant les congés payés.

    De surcroît, l’article D. 3141-2 du Code du travail dispose que le salarié qui accomplit pendant sa période de congés payés des travaux rémunérés, privant de ce fait des demandeurs d’emploi d’un travail qui aurait pu leur être confié, peut être l’objet d’une action devant le juge d’instance en dommages et intérêts envers le régime d’assurance chômage. L’employeur qui a occupé sciemment un salarié bénéficiaire d’un congé payé peut être également l’objet, dans les mêmes conditions, d’une action en dommages et intérêts.

3 commentaires supplémentaires

Ajouter un commentaire

Il est possible d’utiliser les balises HTML suivantes :
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>
Ce blog supporte le système Gravatar, pour obtenir le vôtre, inscrivez-vous sur Gravatar.