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En entreprise, le tout collaboratif a aussi ses inconvénients

Les salariés français sont plutôt partagés sur l’efficacité de la collaboration au sein de leur entreprise selon une étude. S’ils sont satisfaits du temps dont ils disposent pour réaliser leur travail, ils sont souvent freinés dans leur productivité au quotidien. De même, les réunions sont pour eux trop nombreuses et loin d’être productives selon l’enquête sur les écueils liés au mode collaboratif en entreprise réalisée par OpinionWay, et commandée par le cabinet de conseil Empreinte Humaine oeuvrant pour la qualité de vie au travail et la prévention des TMS.

De la difficulté de se concentrer

Toutes catégories de salariés confondues, une grande majorité des salariés (73 %) déclarent avoir le temps de faire correctement leur travail. Les cadres et les salariés d’entreprises publiques se distinguent toutefois par une perception un peu plus positive sur ce sujet.

Cependant, au quotidien, les résultats apparaissent plus nuancés : beaucoup de salariés se disent parfois détournés du cœur de leur métier durant leur journée de travail. Près d’un quart de leur charge de travail est aujourd’hui représentée par des demandes ou des sollicitations qui ne concernent pas directement leur activité, en particulier chez les cadres (27 %) et les managers (29 %). Le matin est donc le moment privilégié par les actifs pour effectuer les tâches demandant plus de concentration.

Des réunions trop nombreuses, inefficaces et subies

Les sondés jugent par ailleurs les réunions nombreuses et pas toujours productivités. Ils assistent en moyenne à 2 réunions par semaine soit une durée totale cumulée de 4h30 par semaine (une demi-journée, ce qui n’est pas négligeable). Là encore, le statut joue puisque les cadres ont plus de réunions (4,3 réunions en moyenne / semaine). Les salariés passent ainsi 3 semaines par an en réunion et les cadres, plus de 6 semaines ! L’organisation de l’entreprise pèse également.

Pourtant, à peine la moitié d’entre elles sont considérées comme productives. Un jugement sévère qui tient au fait qu’elles n’ont généralement pas d’ordre du jour clairement défini (pour 23 % des répondants), et que les salariés ne sont pas toujours convaincus de savoir pourquoi ils y sont présents et si cela est vraiment nécessaire (15 %). Mais ce jugement paraît légitime quand on voit que seulement une réunion sur 4 aboutit à une prise de décision (1 sur 3 pour les cadres).
Paradoxalement, à peine plus d’un tiers se sentent autoriser à ne pas participer à une réunion à laquelle ils sont invités. La parade consiste alors à prendre son smartphone ou son ordinateur pendant ces échanges collectifs (44 % le font), pour soit consulter (53 %) ou envoyer des mails (43 %), ou travailler sur des dossiers (40 %).

Un rythme de la prise de décision qui plombe l’entreprise

Le fonctionnement multi-décisionnel de l’entreprise comporte lui-aussi quelques écueils. Pour ce qui concerne les décisions, le collectif ne concerne pas les salariés qui sont écartés de la prise de décision. En effet, moins d’une décision sur deux (44 %) peut être prise par les salariés eux-mêmes. Et le statut ou le niveau de responsabilités ne jouent pas tant que cela puisque que cette moyenne s’élève seulement à 55 % chez les cadres, pas plus.

Selon les deux tiers des salariés, les décisions viennent d’en haut : elles ont tendance à être prises par « La Direction » et bien souvent, elles le sont par plusieurs personnes (vous connaissez tous la chanson : « un tel attend la valid’ de un tel qui attend la valid’ de … »). De nos jours, les décisions ne se prennent ni plus vite ni moins vite selon la moitié des sondés et pour 28 %, elles seraient même devenues plus lentes. Ainsi, à l’heure où les changements en entreprise s’accélèrent, le rythme de la prise de décision, lui n’évolue pas. Au contraire, il ralentit.

Des solutions existent, et pourtant

Les salariés sont donc plutôt partagés par l’efficacité de la collaboration dans leur entreprise. 4 sur 10 la considèrent comme inefficace. Les non managers et les salariés travaillant dans des organisations matricielles (par services) se montrent notamment les plus critiques rapporte l’étude.

Pour autant, la remise en cause de ces modes de fonctionnement n’est pas pour demain ! Chez les dirigeants comme chez les salariés d’ailleurs. Seuls 28% des salariés déclarent que leur entreprise a engagé une démarche de changement de son mode de fonctionnement. Les trois quarts des salariés ne remettent pas non plus en cause le nombre de personnes qu’ils ont à consulter lorsqu’ils ne sont pas seuls décisionnaires, même s’ils sont 20 % à les trouver trop nombreuses (33% parmi les moins de 30 ans).

Autre illustration de ces freins : aucune des solutions envisageables pour réduire la charge de travail n’est utilisée régulièrement (très souvent ou souvent) par les salariés concernés (ex : refuser des sollicitations, déléguer des réunions…). Les salariés français subiraient-ils le fonctionnement de l’entreprise classique de bon gré ? Il semblerait que oui, ce qui les n’empêchera pas, fort heureusement, de continuer de râler…

Étude réalisée par OpinionWay pour le cabinet Empreinte Humaine en avril 2017 auprès d’un échantillon représentatif de 1012 salariés, travaillant dans des entreprises publiques ou privées employant 500 salariés ou plus.

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