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Transition énergétique : des millions d’emplois à venir d’ici 2030

L’annonce du Président Trump, bien qu’attendue, a eu l’effet d’une bombe. Ou plutôt d’une « gifle » au monde entier comme l’a qualifiée le Ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot sur France Inter ce matin. Les Etats-Unis se retirent de l’Accord de Paris sur le climat, comme ils l’ont annoncé cette nuit, faisant l’impasse sur des millions d’emplois verts pour préserver une industrie charbonnière en déclin. Pourtant, toutes les études le confirment : les énergies renouvelables représentent une manne de millions d’emplois dans le monde.

Près de 10 millions d’emplois verts dans le monde en 2016

A l’issue du G7 de Taormine en Sicile les 25 et 26 mai 2017, les dirigeants des grandes puissances avaient pourtant tout fait pour convaincre une dernière fois le Président Américain des risques encourus et des bénéfices perdus liés à une telle décision, pour les USA comme pour le reste du monde. Selon le rapport de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables publié le 24 mai 2017, dopé par l’Accord de Paris ratifié en 2015, le secteur des énergies renouvelables représentait 9,8 millions d’emplois dans le monde en 2016, soit 40 % de plus qu’en 2012. A titre comparatif, celui du charbon n’en comptait que 160 119 dans le monde d’après les chiffres du département de l’Energie publiés début 2017.

Aux Etats-Unis, 3,6 millions d’Américains travaillent dans le secteur de l’énergie. 600.000 le font dans les énergies propres : 300.000 dans le solaire et 77.000 dans l’éolien. Le photovoltaïque compte quant à lui 242 000 salariés. Les emplois dans le secteur ont progressé de 7% l’an dernier alors qu’à titre d’exemple, sur la seule année 2015, la production de charbon américaine a baissé de plus de 10% pour tomber à son plus bas niveau depuis 1986, comptant 65 971 travailleurs.

Le réchauffement climatique pourrait détruire des dizaines de millions d’emplois

Selon un rapport de l’OCDE du 24 mai dernier, en menant des politiques climatiques cohérentes avec l’Accord de Paris, les pays du G20 verraient leur PIB augmenter de 2,8 % supplémentaires d’ici 2050 grâce à des politiques climatiques cohérentes. A contrario, dans un rapport de 2006, Nicholas Stern, ancien responsable de la Banque mondiale, souligne que le réchauffement climatique pourrait coûter jusqu’à 5 500 milliards d’euros et détruire des dizaines de millions d’emplois si les gouvernements ne prennent pas des mesures radicales en faveur de la préservation de l’environnement.

Loin d’être exemplaire en la matière, l’Hexagone compte toutefois parmi les plus importants employeurs d’Europe dans le secteur des énergies renouvelables avec le Royaume-Uni et l’Italie, juste derrière l’Allemagne. Le secteur représentait ainsi 162 100 emplois en 2015 selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables. Et la France devrait être boostée par l’effet Trump et bientôt compter parmi les leaders de la transition énergétique mondiale, aux côtés de l’Allemagne et de la Chine.

Et pourquoi pas jusqu’à 1 million d’emplois supplémentaires d’ici 2020 en France ?

De nombreuses études ont démontré les effets positifs de la transition énergétique pour l’emploi, en termes de créations d’emplois directs et indirects comme de reconversion vers de nouveaux emplois. « La reconversion industrielle peut aboutir à autre chose que des délocalisations au détriment des salariés en poste » selon le rapport « Un million d’emplois climat », dont les auteurs (des associations sociales, environnementales, d’éducation populaire et des syndicats) rappellent qu’« une transition écologique riche en emplois de bonne qualité est possible et finançable ».

Pour rendre opérationnelle cette transition « sociale et écologique », les auteurs du rapport évoquent 7 mesures et orientations :

  1. Créer 250 000 emplois aidés labellisés « transition écologique »
  2. Créer 100 000 emplois « transition écologique » dans le service public
  3. Investir dans les secteurs privés de la transition écologique pour créer 650 000 emplois
  4. Résoudre l’opposition entre protection du climat et perte d’emplois dans les secteurs fragilisés, par une reconversion anticipée et une offre de formation adaptée
  5. Assurer la qualité et la protection sociale des emplois de la transition écologique juste
  6. Lancer des changements structurels pour adapter les emplois au cadre de la transition écologique
  7. Conditionner les dispositifs de soutien au secteur privé à la création d’emplois de qualité en particulier dans des secteurs de la transition écologique.

+ 1,4 million d’emplois verts dans le monde d’ici 2030

Selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, le nombre de personnes travaillant dans le secteur des énergies renouvelables devrait atteindre « les 24 millions d’ici à 2030, compensant les pertes d’emplois dans le secteur des combustibles fossiles et devenant un moteur économique majeur à travers le monde« .  Et la dynamique impulsée par l’accord de Paris sur le climat de 2015 devrait amener des investissements de l’ordre de 100 milliards ainsi que la création de 1,4 million d’emplois verts d’ici 2030, dont 330.000 directement liés au secteur des énergies renouvelables.

Non content de mettre un coup d’arrêt à la diplomatie internationale, Trump vient donc bien de priver son pays de milliers d’emplois.

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