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Le télétravail pour tous et tout le temps ? Pourquoi c’est une fausse bonne idée

Twitter ou le groupe PSA ont annoncé la mise en place du télétravail à temps plein à l’avenir.

"Le télétravail n’empêche pas de revenir au bureau en présentiel". (photo/satapatms/adobestock)

Près de quatre salariés du secteur privé sur dix a télétravaillé pendant le confinement. Deux mois plus tard, avec le déconfinement se pose la question de continuer ou non le télétravail. De nombreuses entreprises ont convoqué leurs salariés sur site, malgré la recommandation du Premier ministre, qui a appelé, le 19 avril, à poursuivre le télétravail, « dans la mesure du possible ». Une décision prise sans concertation aucune des salariés et beaucoup le regrettent puisqu’ils sont plus de 70% d’entre eux à vouloir continuer le télétravail après le confinement, de manière régulière (pour 32%) ou ponctuelle (41%), selon une enquête de CSA pour Malakoff Humanis publiée le 6 mai. Le télétravail offre de nombreux avantages : moins de fatigue, moins de transports, plus de flexibilité …

“Le télétravail agit comme un tamis. On ne voit que la performance. Impossible de faire semblant de travailler”, explique Julia de Funès, philosophe et auteure du livre Le développement (im)personnel. Le succès d’une imposture aux éditions de l’Observatoire. “La crise a généralisé le télétravail et l’a massifié. Les arguments qui étaient encore réfractaires à ce mode de fonctionnement ont été pulvérisés en un éclair. En général, ils tournaient autour de deux axes majeurs qui sont la difficulté de mise en place du télétravail et l’arrêt des liens sociaux. Et on voit qu’il n’y a plus vraiment de contre argument à la mise en place de ce mode de fonctionnement qui a encore boosté ce progrès qui était encore très latent jusqu’à maintenant”.

Le full-remote à temps plein : nouvelle coqueluche des grands groupes

Les télétravailleurs exercent majoritairement dans le secteur des services et sont pour les deux tiers (65%) employés par des entreprises de plus de 250 salariés. En témoigne le quartier d’affaires de la Défense pour lequel on peut supposer que les 98,5% des 180 000 salariés qui ne rejoignaient pas leur bureau pendant le confinement étaient pour la très grande majorité en télétravail, plus qu’en chômage partiel. Certaines entreprises ont donc décidé de maintenir tout ou partie de leurs salariés en télétravail à temps plein. Ainsi le groupe PSA a annoncé la semaine dernière que la règle serait désormais le télétravail pour les salariés qui ne sont pas sur les sites de production. Ils ne viendront plus au bureau qu’un jour ou un jour et demi par semaine. Idem chez Twitter qui a annoncé la mise en place du 100% en télétravail pour les salariés qui le souhaitent. 

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Une décision discrétionnaire de l’employeur

Si le télétravail a mis du temps (beaucoup de temps) à s’installer dans les entreprises ces dernières années, visiblement, deux mois ont suffi pour que certaines d’entre elles décident de s’y adapter totalement. Trop rapidement ? Sans doute.
En effet, le problème encore une fois réside dans le fait que les salariés ne sont pas consultés. Le télétravail présente, c’est vrai, beaucoup d’avantages, mais pas pour tout le monde. Ainsi, l’INED (l’Institut national d’études démographiques) rappelle qu’
”un ménage sur 10 vit dans un logement surpeuplé. Les jeunes sont à l’étroit. Et 39% des femmes partagent leur espace de travail avec leurs enfants contre 24% seulement des hommes”. Un autre sondage met en avant que plus de la moitié des télétravailleurs (54%) disent ne pas avoir bénéficié d’un accompagnement suffisant, 43% déclarent ne pas disposer d’un espace de travail adapté et 48% être confrontés à des difficultés techniques (accès wifi limité, etc…)

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Le télétravail, source d’économies financières pour l’entreprise

L’une des raisons non invoquées par les entreprises mais bien réelle c’est que le 100% télétravail permet aussi de faire de nombreuses économies : “Le télétravail, c’est moins de mètres carrés et moins de coûts”, souligne Sophie Fay, journaliste économique à L’Obs sur France Inter.

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Le télétravail de manière ponctuelle : LA bonne solution

Le télétravail a tout bon s’il est dosé. Une à deux journées de télétravail par semaine ou simplement de manière ponctuelle au choix du salarié en concertation avec son manager, c’est idéal. Le salarié travaille de manière détendue en télétravail, sans être perturbé par l’ambiance en open space. Julia de Funès met aussi en exergue le fait d’être constamment en représentation lorsqu’on travaille en open space. Le télétravail permet donc de travailler de manière plus décontractée et de rester concentré.
Mais travailler au bureau a aussi ses avantages : création d’un esprit collectif, ambiance de travail, réunions physiques (toujours plus sympa que via Zoom ou Teams). La meilleure des solutions reste un mix des deux : « Le télétravail n’empêche pas de revenir au bureau en présentiel. Le télétravail n’est pas une exclusion totale de l’entreprise. Mais ça ne compense et ne remplace pas les relations réelles. Mais ça les rend d’autant plus attendues et désirables. Donc c’est quelque chose qui maintient le lien, qui seconde et assiste la réalité mais qui ne remplace en rien la beauté des relations réelles », souligne Julia de Funès.

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