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« Tel-Aviv est une ville extrêmement jeune, ouverte… »

Photographe, Ben est parti s’installer à Tel Aviv en décembre 2009. Séduit par son nouveau cadre de vie, il a décidé d’y rester. Même s’il confie qu’il est facile de trouver du travail dans sa profession ici « parce que le photographe parisien fait toujours rêver », il avoue également qu’il faut être patient et que l’obtention du permis de travail n’est pas des plus simples.

Tel-Aviv est une ville extrêmement jeune, ouverte...

Parle-nous de ton parcours…
Je suis photographe en profession indépendante depuis 5 ans (www.benmassiot.fr). Il y a 3 ans, je me suis rendu à Tel-Aviv avec un ami pour les vacances d’été. J’ai immédiatement accroché avec l’ambiance du pays, l’énergie créatrice et positive qu’on ressent à Tel-Aviv. J’étais un peu las de paris, et j’avais depuis longtemps envie de tenter l’aventure de la vie ailleurs. Lors de ce premier voyage, j’ai fait une rencontre amoureuse qui a enclenché le processus; Il m’a fallu 6 mois, plusieurs voyages, et une préparation en France (déménagement, papiers…) pour poser mes valises à Tel-Aviv en décembre 2009.
Pourquoi es-tu venu t’installer à Tel Aviv ?
Je suis gay, et c’était important pour moi d’être dans une ville ou être homosexuel n’est pas handicapant ou stigmatisant Tel-Aviv est une ville extrêmement jeune, ouverte, ou règne un grand vent de liberté. Je sens là-bas que le poids de la culture, du jugement, de ce qu’il faut faire ou ne pas faire, est beaucoup moins important qu’en France. Les gens se soucient plus d’atteindre leur bonheur personnel que de jalouser celui du voisin.
Cette « recherche du bonheur » s’exprime aussi dans le travail, où les gens n’hésitent pas à changer de boulot de manière radicale quand ils ne se sentent plus en adéquation avec ce qu’ils font. Les gens tentent, même s’ils n’ont pas été formés à ce qu’ils vont faire, c’est bien!

Si on ajoute à cela le soleil permanent, la mer au pied des immeubles, la nourriture délicieuse, on ne veut plus trop rentrer à Paris.

En quoi consiste précisément ton travail ?
J’ai trouvé un agent, en cherchant sur internet, qui me trouve du travail en échange d’une commission (30%). J’ai pu trouver cet agent parce que j’avais de l’expérience en France et que j’avais des photos à montrer. J’ai commencé en janvier une collaboration mensuelle avec un magazine israélien. Chaque mois, je rends visite à trois femmes qui font le même métier (architectes, stylistes, peintres..) et je photographie leur maison pour montrer leur vision du design et de l’aménagement intérieur. Le magazine me donne juste les numéros de téléphone, et je cale les rendez vous, je me déplace, je fais les photos, tout ça en totale autonomie… et en anglais !

Un bémol important : l’argent. Ma rubrique fait environ 10 pages dans le magazine, c’est beaucoup de travail pour un salaire mensuel de seulement 300 euros. Je commence à travailler en Israël et à gagner un peu d’argent ici, mais mes ressources proviennent encore clairement de la France. Je reviens régulièrement travailler à Paris, et 15 jours de travail en France m’assurent 2 mois de vie en Israël.

Est-ce facile de trouver du travail dans ton domaine ?
Oui, assez facile finalement, le « photographe parisien » fait encore rêver ! Les israéliens sont assez fascinés par l’Europe, et ont pensé que j’apportais une certaine qualité, un certain savoir-faire. C’est vrai que quand je feuillette les magazines israéliens, je vois la différence de « niveau » avec les magazines français.

Autre bémol : le permis de travail. J’ai fait un partnership (l’équivalent du pacs) avec mon ami, ce qui m’a donné droit à un permis de séjour et de travail d’1 année renouvelable. C’est grâce à ce cela que j’ai le droit de travailler, sinon, ça aurait été impossible.

En effet, Israël, comme de nombreux pays, est intéressé uniquement par certaines catégories de travailleurs (infirmiers, ouvriers agricoles, cuisiniers…). Les photographes, « on en a déja assez » m’a-t-on déjà répondu.

A quoi ressemble  ton quotidien dans ce pays ?
Je ressens une pression sociale beaucoup moins forte qu’en France (mais peut être que je n’ai pas les codes). Paris est vraiment une ville du travail pour moi.

A Tel-Aviv, on travaille, mais on s’amuse aussi ! La proximité de la plage, le soleil font que l’on s’y sent facilement en vacances. Après, je sais, et je commence à en avoir conscience personnellement aussi, que l’argent pose un problème à de nombreuses personnes (c’est ce qui a poussé à la contestation sociale actuelle).

Autre élément important qui vient immédiatement à l’esprit quand on parle de Tel-Aviv : la guerre. Mes parents ont été très inquiets dans un premier temps de me voir partir en Israël, mais la surveillance y est tellement forte que je m’y suis très rarement senti en danger. Ce que je trouve là bas justifie pour moi le risque que j’encours. Mon choix d’habiter en Israël n’est pas un choix politique ou partisan, j’essaye de rester neutre dans ce que je vois ou ce que je ressens, au vu de la complexité de la situation.

Quels conseils  pourrais-tu donner à un français qui souhaiterait venir s’installer ici ?
Je lui recommanderais de faire de gros efforts pour parler la langue, c’est toujours un gros problème pour moi. L’hébreu est une langue extrêmement difficile, sans aucune connexion avec le français. Je lui recommanderais également d’être patient, car vivre dans un autre pays et trouver ses marques est un processus très long, beaucoup plus que je ne le pensais.

S’il peut avoir un travail quand il arrive, ça lui facilitera la tâche également. Venir sans rien et tout découvrir sur place, c’est possible, mais beaucoup plus difficile je pense. Il faudra être prêt à passer par plein de phases, de découragement et d’euphorie, essayer de faire le dos rond en cas de coup de blues, pour laisser la place à de grands moments de liberté !

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