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Quand les recruteurs traquent les candidats sur les réseaux sociaux

Qui n’a jamais tapé son nom dans Google, simplement pour voir ? Un ego-trip partagé par les Narcisse de tout poil qui contemplent ainsi leur présence en ligne et épient celles de leurs amis. Mais la pratique du stalk (traque en anglais) sur Internet n’est pas réservée qu’aux intimes.

stalk

Fouiller le passé d’un candidat sur Internet

Dans notre dernière enquête sur l’emploi et les réseaux sociaux, 95% des recruteurs interrogés déclaraient utiliser les réseaux sociaux comme outil de sourcing. Pour 68% d’entre eux, c’est aussi un moyen de se renseigner sur les candidats, contre 36% trois ans plus tôt. La majorité (79%) cherche également à recouper par ce biais les informations contenues dans un CV. Sans surprise, les candidats présentant un profil en ligne douteux sont écartés du processus de recrutement (25% des déclarants).

Un comportement légal ? Rien n’interdit à une entreprise de se renseigner sur un candidat dès lors qu’elle ne le rejette pas en fonction de ses orientations sexuelles, politiques et religieuses, même si elles ont été trouvées en fouinant sur le net. Mais dans les faits, il sera difficile de prouver une discrimination à l’embauche suite à la vérification des réseaux sociaux. Dans tous les cas, la seule règle qui s’applique est celle de l’article L1221-6 du code du Travail stipulant que les informations utilisées « doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l’emploi proposé ou avec l’évaluation des aptitudes professionnelles ». Une règle a priori respectée des recruteurs : après les informations sur le CV, ils cherchent ensuite d’éventuelles retombées liées aux précédents postes, puis à savoir si le candidat est actif sur les thématiques liées à son secteur d’activité ou encore à trouver des recommandations à son sujet.

« Savoir qu’une personne est fêtarde en me rendant sur son Facebook m’importe peu »

« Lorsque je recrute, les seuls profils que j’étudie en ligne sont les communicants, affirme Juliette*, chargée de recrutement dans une société de service. S’ils sont présents sur les réseaux sociaux, j’estime que dans leur domaine d’activité, c’est un bon point, dans le cas inverse, je pourrais trouver cela étrange. Surtout, je cherche à creuser les compétences du candidat. S’il a développé un site web par exemple, je peux juger sur pièces de ses connaissances. En revanche, il me semble peu opportun de vérifier les réseaux sociaux professionnels (Viadeo, LinkedIn), les informations y sont trop souvent les mêmes que sur un CV. Quant à savoir si une personne est fêtarde en me rendant sur son Facebook, cela m’importe peu. Au mieux, je me dirais c’est une personne sociable, mais ça n’apporte rien sur le plan du recrutement. Même pour un commercial, ça ne signifie pas qu’elle aura un contact facile avec la clientèle. Et puis normalement, les candidats actifs verrouillent leurs informations ». Normalement… Côté salariés, cette règle de base n’est pas toujours très bien respectée.

Les candidats aussi traquent les entreprises

Les exemples de licenciement pour faute grave à cause des réseaux sociaux sont légion. Le plus souvent, c’est le fait d’employés critiquant leur entreprise ou le patron sur les réseaux sociaux, voire des petits malins qui postent des photos d’eux prenant du bon temps en plein arrêt-maladie. Souvent aussi, les victimes de licenciement le doivent à des collègues devenus « amis » sur le réseau social…

Mais l’art de stalker peut aussi servir la cause des chercheurs d’emploi. C’est alors aux entreprises de vérifier leur réputation en ligne. Selon notre enquête, 87% des candidats cherchent des informations sur l’entreprise et 58% d’entre eux abandonnent l’idée de postuler si les informations trouvées leur paraissent négatives. A contrario, c’est aussi un très bon moyen de préparer sa candidature. En recherche d’emploi, Constant, community manager, donc parfaitement au fait des usages d’Internet, a commencé par expurger son compte Twitter. « Ensuite, je me suis renseigné sur l’entreprise où j’avais postulé en tapant son nom dans Google bien sûr mais aussi en me rendant sur sa page corpo. Je suis tombé sur des vidéos du personnel expliquant l’entreprise, l’ADN de la boîte, autant d’informations que j’ai pu replacer facilement lors de l’entretien. Je m’étais également déconnecté de mes comptes Viadeo et LinkedIn pour regarder, sans être vu, les profils des personnes avec qui je passais les entretiens d’embauche. Ça fournit des informations grâce aux bio professionnelles et cela permet de mettre un visage sur la personne que j’allais rencontrer. En revanche, je doute que si j’avais appris par ce biais la passion de la RH, cela aurait joué sur mon embauche. Si elle aime le curling, je n’aurais pas ajouté cette activité à mon CV ! »

 

  •   Quelle est votre e-réputation ? Pour le savoir, tapez votre nom dans Google et dans Google images. Vérifiez les informations et les images qui sortent. Une photo de vous un peu trop arrosé sur Facebook, supprimez-là, ou demandez à vos amis de retirer le tag correspondant. Si vous êtes ami avec des collègues, pensez à leur rendre confidentielles les informations publiées. Le mieux étant de toujours limiter son profil Facebook à ses seuls amis, ceux de la « vraie vie » (enfin, ça dépend lesquels). Regardez aussi les sites qui traquent votre présence en ligne : Yatedo, Youseemi, 123people, etc. Une vieille pétition signée en ligne peut très vite apparaître… Vous utilisez Twitter ? Soyez modéré dans vos propos. Rien ne sert de donner votre avis à tout va sur la politique, la liberté d’expression, surtout si pour vos identifiants vous utilisez vos véritables nom et photo.
  • Retrouvez aussi la rubrique « E-réputation » sur le Blog du Modérateur
  • * Les prénoms ont été modifiés

 

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Commentaires
  1. Christophe
    12 janvier 2015 - 15h43

    Merci pour cet excellent article.
    Un petit bémol quand même pour le terme stalking, qui dans son utilisation anglo saxonne est tout de même bien plus péjoratif et connoté harcélement, obsession. Cela ne me semble pas correspondre tout à fait aux pratiques décrites, ni à ce que nous pouvons proposer 😉

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