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« Sois stage et tais-toi ! », le guide survie pour stagiaires aguerris

« Tu es en stage ?
Ce livre est fait pour toi.
Tu n’es pas en stage ?
Ce livre est quand même fait pour toi, car tu as été stagiaire, ou tu seras stagiaire. »

Voici comment commence le livre de Samantha Bailly, Stagiaires : le guide de survie !. De l’entretien d’embauche au pot de départ, en passant par le jargon nébuleux de l’entreprise, les réus interminables, les galères pour trouver un appart, les afterworks… L’auteure de 27 ans, qui n’en est pas à son premier livre, décortique avec humour et réalisme toutes les situations de la vie rocambolesque de ceux dont on oublie toujours le nom ! Et qui de mieux placer que Samantha Bailly, elle-même, pour nous parler de cet « OLNI » (objet littéraire non-identifié) qui vous délivre même un bon à découper pour un CDI à la fin ?

Stagiaires-Survie

Samantha, tu es jeune et pourtant, tu as déjà une belle carrière littéraire et une vision très pointue du monde du travail. Quel est ton parcours ?

J’ai publié premier roman à l’âge de 19 ans, Oraisons, durant mes études en Lettres Modernes. J’ai ensuite travaillé deux ans dans le domaine du jeu vidéo, avant de vivre à plein temps de ma plume. J’ai publié plus d’une dizaine de romans dans des genres variés (fantasy, contemporain, jeunesse…). Mon projet majeur est la construction d’une fresque d’ouvrages sur ma génération et son rapport au réel, entamée avec le roman Les Stagiaires (2014), dont les droits ont été cédés au cinéma. Côté adolescent, j’aborde la thématique de la vocation artistique à travers Nos âmes jumelles (2015) et Nos âmes rebelles (2016).

D’où t’es venue l’idée de ce dernier ouvrage Stagiaires, le guide de survie ! ?

J’ai rencontré les éditrices des éditions Larousse, qui avaient lu mon roman Les Stagiaires, et nous avons échangé avec beaucoup d’enthousiasme sur les sujets du monde du travail, de la jeunesse, de l’entreprise… c’est ainsi qu’est née l’idée du guide de survie ! Écrire un livre hybride, qui m’éloigne de la fiction, pour aller davantage dans le pratique, l’humour, le carnet de bord, le défouloir… J’avais envie de répondre à la question : « Qu’est-ce que j’aurais aimé savoir, à l’époque, lorsque j’étais en stage ? ».

un livre hybride, pratique, humoristique, un carnet de bord, un défouloir…

Ludique, incisif, regorgeant d’anecdotes, de conseils et d’astuces, ce livre est-il autobiographique ou as-tu poussé un peu le trait ?

Lorsque j’étais stagiaire à Paris, j’ai connu les galères de logement, l’angoisse de l’avenir, le « choc » entre l’université et le monde du travail. Donc l’inspiration vient de certaines de ces expériences. Après, j’ai écouté les témoignages d’amis ou de connaissances, beaucoup observé, navigué dans des univers variés – start up, grosses entreprises, PME, écoles de commerce, etc.

Ce qu’il y a sûrement de plus personnel dans ce livre, c’est en fait sa ton et son parti pris. Diviser le stage en mois, qui correspondent à chaque étape psychologique du stagiaire : du syndrome de l’intrus, en passant par l’idéalisation, la désillusion, la frustration… Je voulais mêler conseils sérieux, humour et décalage pour dédramatiser cette période, mais apporter aussi un regard réflexif sur ce qu’est le monde du travail aujourd’hui pour les jeunes.

Je voulais mêler conseils sérieux, humour et décalage pour dédramatiser !

Avec du recul, à quoi sert un stage finalement ?

Le stage est supposé être une période d’apprentissage, de formation, de prise de contact avec l’univers du travail. Dans les faits, aujourd’hui, lorsque l’on regarde les offres de stages et le nombre de tâches qui y sont raccrochées, on comprend que le stage peut aussi devenir un emploi déguisé. Je pense qu’un stage devrait être à sa juste place : si l’on est rémunéré si peu, c’est parce que c’est une première expérience, un apprentissage, et que l’on donne donc le droit à l’erreur, que l’on accompagne le stagiaire pour apprendre, progresser, engrener des connaissances, développer des compétences. En fait, je le vois vraiment comme le carrefour entre les études et le travail, un entre-deux.

Quel est ton pire souvenir de stage ? Et le meilleur ?

Le pire souvenir ? Ce n’est pas un souvenir précis, mais plutôt une phase d’inconnu : ne pas savoir où l’on va, chercher un logement sur chaque pause déjeuner, se demander si c’est pour 6 mois ou plus…

Quant au meilleur, c’est sans aucun doute les amitiés créées avec les autres stagiaires à cette période. Il y avait une ambiance géniale, et j’ai découvert une véritable solidarité.

Stagiaires-paroles-collègue

A la fin de l’ouvrage, tu proposes aux stagiaires d’offrir ce livre à leur boss. As-tu déjà eu des retours de managers, recruteurs ou chefs d’entreprise sur ton témoignage ?

Pas encore, car le livre est sorti depuis quelques jours seulement ! Mais j’ai fait lire le manuscrit à des personnes au cœur de ces problématiques au quotidien, et la réaction était : « c’est tellement ça ! ». Nous verrons donc les retours…

Pour terminer, quels seraient vos 3 conseils fondamentaux « de survie » aux futurs stagiaires ?

Observer. Prendre connaissance de l’environnement dans lequel on arrive, en comprendre les spécificités et les codes, afin de s’adapter.

Relativiser. Dans la conjoncture actuelle, il y a une telle atmosphère angoissante sur le sujet du travail que les jeunes peuvent ressentir des enjeux très puissants. Certes, un stage est une expérience très importante, mais on a le droit de prendre le temps, de tester, de bifurquer…

S’organiser. Parfois, ce sont les conseils les plus simples qui sont les plus précieux. Ma première manager avait pris le temps de m’expliquer des choses très basiques : faire sa to-do list chaque matin pour ne rien oublier, classer ses mails par dossiers, savoir dégager les priorités etc. Cela permet de structurer son quotidien.

Samantha Bailly Plongez sans hésiter dans la lecture de Stagiaires : le guide survie ! par Samantha Bailly, aux éditions Larousse.
9,95 euros

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