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Small talk : l’art de la conversation avec des collègues américains

Smalltalk

Lorsqu’on travaille aux Etats-Unis ou qu’on doit échanger avec des collègues américains, maîtriser le small talk est indispensable. Ces petites discussions informelles permettent en effet de bien s’intégrer et de tisser des liens avec les collaborateurs de son entreprise. Voici quelques conseils pratiques pour ne pas commettre d’impair, avec Christina Rebuffet, coach et spécialiste de l’anglais professionnel.

Est-ce qu’il existe un équivalent français au « small talk » comment traduire cette expression ?

Le small talk ce sont les conversations informelles que l’on a avec ses collègues quand on arrive au bureau. L’équivalent le plus évident ce sont les « petites discussions », mais j’ai même parfois entendu « petit parler » comme traduction littérale. Ce sont tous ces petits moments d’échanges qui se tiennent devant la machine à café ou avant le début d’une réunion.

Quels sont les sujets plus fréquemment abordés aux Etats-Unis dans un contexte de small talk ?

Comme en France, on va raconter notre week-end, faire le récit d’une soirée ou de nos projets de vacances. Les thèmes sont assez généralistes et concernent la vie de tous les jours : la famille, les enfants, les loisirs… Certains sujets sont plus spécifiquement culturels. En ce moment aux Etats-Unis par exemple on parle beaucoup des élections présidentielles.

Est-ce qu’il existe des sujets tabous à ne pas aborder en entreprise avec ses collègues ?

Aux Etats-Unis, il existe un paradoxe : on dit souvent qu’il ne vaut mieux pas parler politique au bureau, mais le sujet revient tout de même très souvent dans les conversations, en particulier pendant une année d’élections. Par rapport à la France, on n’a même pas trop de complexe entre amis à dévoiler ses opinions politiques. En revanche, quand il commence à y avoir des désaccords, on va vite changer de sujet.

« Pour les Américains, la discussion est d’abord un moyen de trouver des points d’intérêt communs… »

Quels sont les moments privilégiés pour le small talk ?

A la différence de la France où la pause-café est un moment rituel de la vie en entreprise, aux Etats-Unis, il n’y a pas toujours d’espace avec des machines à café. La « break room » est plus un lieu de passage, on se sert une mug de café et on retourne à son bureau. Il y a moins de convivialité en salle de pause et surtout on ne va pas y retrouver tout le monde en même temps. Chacun est à son rythme.

Il y a d’autres moments pour le small talk, avant le début des réunions notamment, les Américains s’accordent souvent 1 minute ou 2 de small talk avant d’entrer dans le vif du sujet et d’aborder les questions de business.

Small-talk

Quel est l’objectif des moments de small talk ?

On va d’abord chercher ce qui nous rapproche, ce que l’on a en commun avec l’autre, en particulier quand on fait connaissance avec de nouveaux collègues. C’est vraiment quelque chose de culturel, la société américaine est très individualiste et dans notre histoire le meilleur moyen de survivre a souvent été de trouver des personnes avec qui on peut créer des liens. Du coup c’est pour cela qu’on recherche un accord sur un sujet, c’est ce qui nous aide à trouver notre place au sein du groupe.

C’est une différence qu’on retrouve pendant les réunions, où les Américains veulent avant tout trouver un accord alors qu’à priori les Français attendent d’être convaincus par leurs interlocuteurs ?

Oui, en France rien ne vaut un bon débat, une discussion un peu animée ne pose pas de problème alors que les Américains y voient parfois une forme « d’agression ».

Si on travaille dans une entreprise américaine, il faut donc éviter d’envenimer les discussions ?

Oui, c’est une erreur à ne pas commettre, en particulier si on est le seul Français dans l’entreprise. Les Français aiment bien se taquiner, avoir de la répartie quand ils discutent. Aux Etats-Unis, ce genre d’attitude, même si elle est « bon enfant », peut être perçue comme un manque de politesse. Ces écarts de langage contribuent à alimenter la mauvaise réputation des Français.

« Dans le small talk, le sujet importe peu, ce qui compte c’est de créer du lien »

Quels sont les autres erreurs à ne pas commettre dans les conversations avec des collègues américains ?

Il vaut mieux éviter les questions trop directes et opter pour des structures de phrases un peu plus complexes. En revanche, il est très bien vu d’aborder spontanément les gens en entreprise, comme dans la vie de tous les jours. On discute facilement avec les personnes avec qui on se trouve dans la queue au supermarché, pour parler de tout et de rien, des produits qu’on a achetés.  Alors qu’en France ce serait parfois vu comme une intrusion dans la vie personnelle.

On peut donc engager facilement la conversation quand on vient d’arriver dans une entreprise où quand il y a de nouvelles têtes ?

Effectivement, on peut se présenter spontanément et essayer d’en savoir plus sur l’autre, avec toujours en tête cette idée de trouver des points d’intérêts communs.

Quels autres conseils pourriez-vous donner aux Français qui souhaitent maîtriser le small talk ?

Le plus important c’est de bien gérer les transitions entre les sujets de discussions et d’avoir en tête quelques thèmes sur lesquels vous avez suffisamment de vocabulaire. Par exemple, on parle cinéma lors d’un déjeuner entre collègues, si vous n’avez pas vu le film vous pouvez très bien passer à un tout autre sujet en commençant votre phrase par « that reminds me » ou « I was just thinking about » ou même simplement « anyway… » Autant de petites transitions qui permettent de changer le fil de la discussion naturellement et le ramener vers des sujets où vous êtes plus à l’aise.

« Passer du coq à l’âne » comme on dit en France n’est pas mal vu, alors qu’en France cela pourrait être interprété comme un signe de désintérêt pour le sujet de discussion ?

Si vous trouvez un lien entre les deux sujets, il n’y a pas de problème. Diriger une discussion s’apprend, ce n’est pas très difficile de trouver un pont entre les thématiques de la vie quotidienne. Finalement dans le small talk, le sujet importe peu, ce qui compte c’est l’activité qui permet de créer du lien. On s’ouvre à l’autre, on commence un dialogue sur un sujet anodin et c’est un bon moyen de ne pas rester isolé.

  • Pour en savoir plus sur le small talk Christina Rebuffet propose des cours, et également un Small Talk Starter Kit que vous pouvez obtenir tout de suite.

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Commentaires
  1. Isaac
    25 mars 2016 - 16h03

    Tellement intéressant cet article, merci beaucoup.

    Le small talk est la meilleure façon de créer des liens avec ses collègues. Évidemment il ne faut pas tomber dans le piège de parler trop de soi, cela peut devenir gênant pour les autres 🙂

    Isaac

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