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Les comportements sexistes au travail dépendent-ils uniquement de votre profession ?

35 % des actifs occupés signalent avoir subi un « comportement hostile » dans le cadre de leur travail au cours des 12 derniers mois. C’est le chiffre édifiant que révèle la DARES (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) dans sa dernière étude. Parmi les victimes, des femmes et des hommes. Mais ces dernières trinquent davantage : 8% d’entre elles ont déjà subi un comportement déviant contre 1% des hommes. Mais tout semblerait dépendre du contexte professionnel. Explications.

sexism

« T’es énervée. T’as tes règles ? » Plus d’1 femme sur 5 déclare avoir subi un comportement hostile et/ou une attitude sexiste contre moins d’1 homme sur 20. Mais qu’entend-on vraiment par « comportement hostile » ? Pour la Dares, Les comportements hostiles se divisent en trois catégories :

  • les comportements méprisants
  • le déni de reconnaissance du travail
  • les atteintes dégradantes

Ces 3 types de comportement sont considérés comme sexistes, uniquement quand la personne interrogée attribue ces comportements « au fait d’être une femme ou un homme ».

Les travailleurs salariés plus hostiles que les non-salariés

D’après les résultats de l’enquête, les non-salariés sont beaucoup moins concernés par les comportements hostiles que les salariés (16 % contre 37 %). Un constat logique puisque les travailleurs indépendants qui officient chez des particuliers ou à leur domicile sont moins susceptibles d’être exposés à ces attitudes. Par ailleurs, quand elles sont salariées, les femmes sont plus fréquemment victimes d’hostilité ou de sexisme lorsqu’elles sont cadres ou lorsqu’elles ont un enfant de moins de 3 ans à charge.

Autre constat : plus l’organisation du travail est vécue comme défectueuse, plus les comportements hostiles se multiplient. Ordres contradictoires, monotonie et répétitivité, manque d’autonomie et les compétences trop peu employées, manque de ressources pour faire correctement son travail (qu’il s’agisse d’information, de formation, ou encore de matériel adéquat), travail sous pression : la liste des mauvaises conditions de travail qui influent sur le comportent des salariés est longue !

comportements hostiles au travail

A la lecture du tableau, on constate que les femmes ont davantage tendance à associer ces facteurs organisationnels à des comportements hostiles, que les hommes. Par exemple, ne pas pouvoir déterminer soi-même ses horaires est vécu comme une hostilité uniquement chez les femmes, et non chez leurs homologues masculins. Même chose pour le déclassement (« ma position professionnelle ne correspond pas à ma formation ») qui est « subi » pour les femmes mais pas pour les hommes. À l’inverse, ne pas éprouver la satisfaction du travail bien fait augmente la probabilité de comportements hostiles seulement pour les hommes.

Et le sexisme dans tout ça ?

Au-delà de la profession, le fait d’être un homme ou une femme est un autre des principaux facteurs de discrimination. Au total, 8% des femmes sont concernées par des comportements à caractère sexiste, contre seulement 1% des hommes.

Selon les salariés interrogés, de tels comportements ne dépendent quasiment pas de facteurs organisationnels. Pour les hommes, seul le fait de ne pas pouvoir organiser son travail « de la manière dont il me convient le mieux » est vécu comme sexiste, alors que pour les femmes, ce sera surtout « respecter des objectifs chiffrés précis ». Du côté des non-salariés, même s’ils signalent beaucoup moins de comportements hostiles en général, ils les associent tout même le plus souvent au sexe.

Plus les femmes montent en grade, plus elles sont touchées

Parmi les salariées victimes de comportements sexistes, on retrouve les femmes à responsabilités (managers, cadres, dirigeantes, etc.), les salariées de l’industrie, les femmes qui travaillent sur des chantiers, qui sont en déplacement ou qui exercent un métier habituellement masculin.  Ainsi, lorsque l’emploi est typiquement « féminin » – au sens où il est habituellement occupé par des femmes – seulement 6% des femmes (contre 3% des hommes) se disent victimes de moqueries ou de comportements déplacés. Et inversement, lorsque l’emploi est plutôt « masculin », le chiffre de victimes monte à 15% contre seulement 1% d’hommes.

comportements hostiles sexistes

#SexismePasNotreGenre

Bureau, mon univers impitoya-a-ble. Enquête après enquête, le constat reste le même : le sexisme persiste et signe en France. Une étude, menée par l’Institut CSA pour le ministère des familles et des droits des femmes, arrive aux mêmes conclusions que la Dares puisqu’à la question « Avez-vous été dernièrement victime d’une injustice ou d’une humiliation parce que vous êtes une femme », 40 % des femmes ont répondu oui. Un chiffre qui monte jusqu’à 50% pour la tranche d’âge 15-20 ans.

Et pourtant, « le sexisme, c’est pas notre genre », scande le plan de campagne du ministère, lancé ce jeudi 8 septembre, par Laurence Rossignol. Parrainée par Julie Gayet, cette campagne est destinée à venir à bout du sexisme, dans la sphère publique comme privée.

Si la ministre Laurence Rossignol a tenu a souligné des « progrès », les inégalités et les discriminations à l’encontre des femmes perdurent. « L’égalité réelle entre les femmes et les hommes se heurte toujours à un plafond invisible dont le matériau principal est le sexisme » déplore-t-elle. C’est pourquoi elle souhaite « engager une bataille culturelle » et « passer à la vitesse supérieure ».

L’opération se tiendra pendant six mois, jusqu’à la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars. De nombreuses personnalités ont déjà apporté leur soutien, et parmi elles, le comédien Clovis Cornillac, ou encore le chercheur Axel Kahn.

 

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