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Sexisme dans le monde du travail : ces 10 phrases qui tuent

A l’occasion de la Journée Internationale du 8 mars, l’association Femmes Cheffes d’Entreprises FCE France prend la parole pour rappeler quelques réalités sexistes persistantes dans le monde économique. Tour d’horizon de ces phrases qui « tuent ».

10 phrases sexistes qui ont la vie dure

Nul besoin d’aller chercher très loin pour récolter des témoignages lorsqu’il s’agit de sexisme au travail. L’association FCE France, qui lutte pour développer la représentation économique des femmes dans le monde du travail, a interrogé des cheffes d’entreprises. S’appuyant sur leur vécu professionnel, ces femmes pointent du doigt la corrélation entre prise de responsabilités et stéréotypes machistes.

Petit précis de sexisme ordinaire :

  • « Les femmes ne sont pas disponibles, elles doivent garder les enfants ! »
  • « Les ménagères de plus de 50 ans, vous savez de quoi je parle, n’est-ce pas… ? »
  • « C’est vous, Madame, qui avez rendez-vous avec notre Président ? » (imaginant que le collaborateur à ses côtés était le Dirigeant de l’Entreprise)…
  • « Vous vous sentez capable d’assumer cette tâche… ? »  « Qu’en pense votre conjoint ? » Ce sont là des questions qui n’auraient jamais été posées à un homme…
  • « Il nous faut recruter des compétences »… Faut-il justifier le refus de recruter des femmes par exemple… ?
  • Un couple de patrons visite ses clients en Asie.  Monsieur est Président, Madame est DG et ils sont propriétaires de leur société. Le commercial d’un groupe international important remercie le Président : « Merci pour votre visite ; très heureux d’avoir fait connaissance de votre charmante épouse ! »
  • « Ils ont recruté une super commerciale, elle est très jolie ! »
  • « J’ai tenté de promouvoir des femmes au maximum, bien que nos dossiers soient très techniques »
  • Une femme approchée par les conseillers du commerce extérieur pour adhérer : « Nous avons bien un homme mais ils veulent absolument  une femme, alors nous te sollicitons… »
  • « La Légion d’honneur, pour une femme, aujourd’hui, … On peut l’avoir facile… »

A croire que la prise de mandat par une femme ne peut pas être dû à ses compétences, ou ne peut pas être compatible avec sa condition… de femme !

Discrimination et infantilisation : des attitudes méprisantes

Être une femme à la tête d’un mandat économique n’assoit pas automatiquement une autorité et une légitimité naturelle. Eva Escandon, Présidente de FCE France, décrit parfaitement les phénomènes d’infantilisation, de déstabilisation et d’exclusion auxquels sont confrontées les femmes : « il y a […] le signe qui rejette, la parole qui exclut, le sourire qui infantilise, le dos qui se tourne ou le haussement des épaules dès lors qu’une femme, dans des lieux de pouvoir ou dans certains groupes à majorité masculine, s’exprime sur le sujet ». Ces micro-attaques envers les femmes cheffes leur donne le sentiment d’être une « intruse ».

Pierre Gattaz, president du MEDEF, Eva Escandon, PDG groupe SMSM

(Eva Escandon,  PDG groupe SMSM, et Pierre Gattaz (à gauche), Président du MEDEF – Photo  : Hamilton/Agence Rea)

La parité : un faux-problème qui occulte un véritable enjeu

Mais l’égalité homme-femme ce n’est pas seulement un combat pour la parité ou l’égalité salariale. S’il est vrai que les femmes touchent encore 20% de moins en moyenne que leurs homologues masculins, le véritable enjeu aujourd’hui est la prise de postes et de mandats à responsabilités. « Il est indispensable que les femmes prennent conscience du rôle qu’elles peuvent jouer au sein des instances économiques. Ces croyances les poussent bien trop souvent à se « surinvestir » pour compenser le manque de reconnaissance dont elles souffrent » rappelle Eva Escandon.

Des chiffres encore et toujours trop faibles !

Les femmes représentent 45% de la population active et 30% des créateurs d’entreprises. Pourtant, seulement 10 à 15% des femmes détiennent aujourd’hui des mandats économiques. Quelques chiffres à titre d’exemple :

  • Sur les 400 plus grands groupes Français, 3% de femmes sont Présidentes
  • Les conseils d’administration du CAC 40 ne comptent que 34% de femmes
  • Les conseils d’administration des autres entreprises ne comptent que 17% de femmes
  • Dans l’administration, seul 13% de femmes occupent des postes à responsabilité
  • Dans les Chambres de Commerce et d’Industrie, seul 14% de femmes sont élues
  • Sur 152 chambres, 6 seulement sont présidées par une femme.

(Sources : Insee et CCI)

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Commentaires
  1. Reynaud
    20 mars 2016 - 10h03

    Tout cela est terriblement vrai. Mais l’inégalité professionnelle ne se joue pas exclusivement dans l’entreprise : je suis convaincue qu’elle s’entretient beaucoup dans la sphère privée. Les femmes intériorisent la pression constante qui fait peser sur elles seules (ou presque) la charge des enfants et de tous les soucis domestiques. Certaines d’ailleurs monopolisent ce rôle d’elles-mêmes. Pour beaucoup de gens, hommes et femmes, c’est toujours aux femmes qu’il appartient de concilier vie professionnelle et obligations familiales. Ils pensent être progressistes en demandant des aménagements du travail pour que les femmes puissent aller torcher, torchonner… tout en restant « féminines », c’est à dire pomponnées, chaussées d’engins de torture et sans un cheveu blanc à 40 ans.
    Christine.

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