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La semaine de quatre jours : c’est faisable et ça fonctionne !

Même si les entreprises sont encore peu nombreuses à se lancer, la semaine de quatre jours est tout sauf un concept utopique.
La semaine de quatre jours en questions

La semaine de quatre jours, ou la chasse au présentéisme (GettyImages/AndreyPopov)

[Long format] Réduction du stress, augmentation de la productivité, équilibre pro/perso… les vertus de la semaine de quatre jour pour les salariés et pour les entreprises sont éprouvées par les entreprises qui la pratiquent déjà. Pour autant, cette organisation du temps de travail n’est expérimentée qu’à la marge. Comment s’organise la semaine de quatre jours ? Qu’en disent ceux qui se sont lancés ? Deviendra-t-elle la norme dans quelques années ?

La semaine de quatre jours, c’est quoi ?

Comme son nom l’indique, la semaine de quatre jours est une nouvelle forme d’organisation du temps de travail hebdomadaire que nous sommes pour la plupart habitués à voir réparti sur cinq jours. Le passage de cinq jours à quatre peut se faire en réduisant le nombre d’heures de travail hebdomadaire ou en augmentant l’amplitude journalière. Différentes interprétations sont possibles, mais l’idée de base est bien de conserver le salaire auparavant perçu pour cinq jours travaillés, même en diminuant le nombre total d’heures.

Cette revendication à la fois économique et politique date des années 1990 et elle a même été inscrite dans une loi facultative (loi Robien sur l’aménagement du temps de travail), abrogée par les lois Aubry.

Moins de présentéisme, plus de productivité

Les entreprises qui s’emparent des nouvelles méthodes ou organisations liées à l’entreprise libérée ou au bonheur au travail ont toutes en commun d’avoir une démarche globale, de savoir s’inspirer de ceux qui font déjà et de trouver les moyens d’adapter ce qui les séduit à leur propre histoire et à leurs propres équipes. Sans quoi la mise en œuvre peut être compliquée, voire vouée à l’échec, qu’il s’agisse des congés illimités ou de la transparence des salaires. Pour la semaine de quatre jours, c’est pareil et c’est ce que fait notamment Love Radius en faisant varier le rythme de travail selon la période de l’année : semaine de quatre jours de mai à septembre et semaine de cinq jours le reste de l’année.

C’est à la faveur des ponts de mai de 2016 qu’Olivier Sâles, fondateur de l’entreprise spécialisée dans la confection de porte-bébés a commencé à s’interroger sur la semaine de quatre jours : “Pendant ces ponts, rien n’avait changé, c’était indolore. En supprimant un jour, vous reportez ce travail sur les autres jours. Les salariés sont plus autonomes et développent donc une meilleure organisation”, a-t-il expliqué aux Echos. Après une période de test concluante d’une semaine sur deux, il finit par généraliser le processus.

56% des salariés européens choisiraient la semaine de quatre jours

Dans sa récente étude sur la vie professionnelle The Workforce View in Europe 2019, ADP a interrogé les salariés européens sur cette fameuse semaine de quatre jours : 56% d’entre eux déclarent que si la possibilité leur en était offerte, ils choisiraient de travailler quatre jours. Mais pas tous de la même façon, 78% souhaiteraient faire des journées plus longues pour conserver la même rémunération et 22% préféreraient garder la même amplitude horaire journalière, quitte à gagner moins. La semaine de quatre heures ne séduit pas tous les salariés européens de la même manière : si la majorité des Espagnols (63%) est enthousiaste, les Polonais sont à peine 38% à trouver l’idée séduisante. Quant aux tranches d’âges, les salariés de 25 à 44 ans sont les plus motivés, 59% opteraient pour cette organisation si leur entreprise la leur proposait.

“Travailler moins est un sujet tabou”

Pierre Larrouturou, économiste et spécialiste de la question du partage du temps de travail, défend la semaine de quatre jours comme solution pour financer les retraites en rééquilibrant population active et population retraitée. Comment ? L’entreprise arrêterait de payer la cotisation chômage dès lors qu’elle embaucherait 10% de salariés en plus. Même si toutes les façons de mettre en œuvre la semaine de quatre heures ne conduisent pas à des embauches, la solution envisagée par Pierre Larrouturou questionne la place du travail dans notre société, comme le citait Marianne : “La révolution de la productivité est un mouvement historique, tout le monde est d’accord là-dessus, et pourtant, travailler moins est un sujet tabou (…) Lorsque nous sommes passés à la semaine de six jours, les conservateurs prétendaient que les ouvriers passeraient le septième à boire et ne seraient plus en état de travailler. Notre partage du travail est binaire : soit on travaille trop, soit on ne travaille pas”.

Travailler moins, ce n’est pas se désinvestir de son poste. Au contraire, une semaine plus équilibrée entre le temps pro et le temps perso peut même être un levier pour l’investir différemment ou le réinvestir.

La semaine de quatre jours pour tous ?

Pas encore, loin de là, mais pour autant les portes de cette nouvelle organisation ne se ferment pas au nez de ceux qui seraient tentés de commencer à y réfléchir, notamment parce que la semaine de quatre jours peut prendre des formes très différentes. Si pour la plupart des salariés, la semaine de quatre heures pourrait être de 32h réparties sur quatre jours (à étaler du lundi au vendredi), les chercheurs pourraient quant à eux bénéficier d’un mois libre sur cinq pour maintenir le rythme de leurs travaux, les hôpitaux l’appliquer en proposant aux soignants 4 jours de travail répartis du lundi au dimanche…

Parfois, le premier pas se fait via une réduction de l’amplitude journalière tout en conservant cinq jours de travail. Dans d’autres entreprises, ce sont des jours supplémentaires de congés qui permettent plus de flexibilité des salariés pour gérer un imprévu ou un simple coup de fatigue. Dans tous les cas, c’est le présentéisme qu’on cherche avant tout à faire sortir de l’entreprise, pas les salariés !

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