Comment se former aux métiers du web ?

  • Priscilla Gout | 15/04/2013

Acheteur d’espaces publicitaires, chargé de communication web ou digitale, community manager, chef de projet web mobile, développeur, rédacteur web, référenceur, veilleur stratégique, webmarketeur, etc. Les métiers du web sont variés, très variés. Pourtant, malgré cette multitude de professions, les formations spécialisées ont mis un certain temps à se mettre en place. Zoom sur les formations spécifiques qui existent.

Face à la génération d’autodidactes du web, la prochaine sera-t-elle systématiquement issue de formations spécialisées ? Sans doute, puisque des écoles aux cursus spécialisés à l’université ou en IUT, les formations aux métiers du web fleurissent partout en France.
Une bonne chose pour la structuration du secteur, dont beaucoup de professions manquaient de reconnaissance ou tout simplement d’un cadre « officiel ». En témoignent les nombreux articles de blogs que l’on a pu lire ces dernières années sur les missions ou les enjeux de telle ou telle profession du web.

Des écoles « 100% web »

Peu connus, les métiers du web n’avaient que peu d’établissements de formation entièrement dédiés il y a plus de 10 ans. L’IIM, créée en 1996 (Institut de l’Internet et du Multimédia), l’Ecole Multimédia fondée en 1997 ou l’HETIC (Hautes Etudes des Technologies de l’Information et de la Communication) créée en 2002, comptent parmi les plus anciennes écoles. D’autres les ont rejoint depuis comme l’EEMI, l’ESCEN, #Supdeweb, la Web School Factory, Cifacom, Digital Campus, Sup’Internet ou encore l’ECITV… Face à la pénurie de profils annoncés, il était donc temps. En plus de donner une certaine légitimité aux professions de l’Internet, elles ont le mérite de structurer peu à peu le secteur pour le rendre plus attractif auprès des jeunes et pour lui donner plus de visibilité auprès des recruteurs. Mais face à cet afflux de nouvelles formations, on peut tout aussi bien s’y perdre…

Avec un coût de formation de 15.000 € sur 3 ans à environ 30.000 € sur 5 ans d’études, ces écoles rivalisent sans problème avec les écoles de commerce et d’ingénieurs et comme elles, elles proposent une dernière année en alternance. Elles ont aussi leurs particularités. L’HETIC, qui forme des « experts managers du web de niveau I », laisse ses étudiants se spécialiser au cours de leur projet d’études ou leur stage plutôt que dès leur 1ère année. L’EEMI a été fondée par les créateurs de Free (Xavier Niel), de Meetic (Marc Simoncini) et de vente-privee.com (Jacques-Antoine Granjon), ce qui fait de l’école un véritable vivier de recrutements pour les trois entreprises. Sup’Internet, qui propose des cursus en 3 ans à plus d’une trentaine de métiers, appartient au Groupe IONIS, dont font également partie les écoles d’ingénieurs EPITA et EPITECH. Elle compte de prestigieux partenaires comme Google, Lagardère, Canal +, SNCF, Bouygues Telecom ou encore SFR.
Contrairement à ses homologues, l’ESCEN (Ecole Supérieure du Commerce et de l’Economie Numérique) est à Bordeaux et non à Paris. Ecole de commerce avant tout, elle forme les étudiants aux nouveaux métiers de l’économie numérique…
Enfin, le patron de Free Xavier Niel n’en finit plus de faire parler de lui. Après avoir lancé l’EEMI (l’Ecole Européenne des métiers de l’Internet), il a créé « 42 », une école gratuite et innovante pour les développeurs web. Tous les profils peuvent s’y s’inscrire sur le site web de l’école et passer les tests en ligne pour tenter leur chance. Ouverture prévue à la rentrée 2013…

Des formations en dehors des écoles ultra-spécialisées

Les cursus web des grandes écoles
Les Gobelins, l’IESA Multimédia, Efficom, Supdepub… Les grandes écoles de l’image, de la publicité, de la communication, de management ou de commerce se sont mises à la communication digitale depuis plusieurs années et proposent des cursus qui peuvent tout à fait rivaliser avec les écoles du web. Seul hic : des frais de scolarité souvent élevés mais la qualité de l’enseignement et le réseau dont peuvent bénéficier les élèves sont indéniables.

Se former via un BTS ou en IUT
Moins coûteux, les parcours en BTS ou en IUT peuvent aussi mener au web. Voie royale vers l’emploi, le BTS peut être une bonne option si tant est qu’il est complété par une licence professionnelle ou un Master. Il existe ainsi des BTS multimédia, design graphique web et multimédia ou des BTS communication avec option communication web et nouveaux médias…
Les formations proposées par de nombreux IUT en France sont également de très bonne qualité et valent grandement celles dispensées par les grandes écoles. IUT Michel Montaigne de Bordeaux, IUT Belfort-Montbéliard, IUT Marne-la-Vallée, de Vélizy, de Troyes, de Clermont, de Blois, de Bobigny… Du DUT à la licence professionnelle, du marketing au graphisme en passant par le développement web, il y a le choix.

Les filières à l’université
Depuis quelques années, les universités proposent elles-aussi des Masters très spécialisés. Citons entre autres :
– le Master 2 PRANET (Pratiques professionnelles de l’Internet) à l’Université de Haute Bretagne de Rennes,
– le Master ECOTIC (Economie et conseil en TIC et e-business) également à Rennes,
– le Master MTIC (Marketing et Technologies de l’Information et de la Communication) à l’Université d’Angers,
– le Master MCE (Marketing et Commerce Electronique) et MMD (Marketing, Marketing Direct et E-commerce) de l’IAE de Lille,
– le Master Cultures et métiers du web à L’Université Paris-Est Marne-la-Vallée,
– le Master Web Editorial à l’Université de Poitiers – UFR Sciences Humaines et Arts.
– le Master 2 Communication et Technologie Numérique du Celsa.
– le Master 2 M2 Médias Informatisés et Stratégies de Communication (MISC) également au Celsa.
Et d’autres encore…

La formation spécialisée, passage obligé ?

Difficile aujourd’hui de vraiment savoir ce que valent les formations spécifiques au web, puisque beaucoup sont nées il y a quelques années seulement voire pour certaines il y a quelques mois à peine. Le point positif est que les candidats aux métiers du web ont de plus en plus de choix question orientation. Une fois salarié, il est également possible de passer par la formation continue.
Cette grande variété est une bonne chose puisqu’à l’heure actuelle, rares sont les entreprises qui demandent les mêmes formations pour les mêmes offres d’emploi. Des développeurs l’on attendra une formation de Bac+3 à Bac+5 en informatique, aux community managers on demandera une formation en commerce ou marketing, accompagnée d’une expérience en gestion de communauté… Certaines entreprises demandent des formations spécifiques, d’autres pas, leur préférant les mentions « passionné(e) par les technologies du web » ou « passionné(e) par le web » doublées de quelques années de pratique…
Pour les futurs travailleurs du web, le mieux est sans doute de multiplier les expériences personnelles et développer leur identité numérique afin de mettre toutes les chances de leur côté une fois sur le marché de l’emploi.

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