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« Salariés : pour rester il faudra changer ! »

« La mutation digitale des entreprises est un sujet qui fait couler beaucoup d’encre, mais qu’en est-il des salariés dans tout ça ? Claudine Pierron, consultante RH, prend la parole dans notre tribune de la semaine. Pour elle, il est grand temps que les entreprises et les salariés prennent conscience de l’obsolescence des compétences. Sommes-nous bons pour la casse ou est-il possible de dépasser ce phénomène ?

85 % des métiers de 2030 n’existeront plus, selon un rapport de Dell et de l’Institut pour le Futur datant de juillet 2017. L’innovation, la digitalisation ont des conséquences directes sur l’émergence de nouveaux métiers ou de nouvelles compétences requises pour exercer de nouvelles fonctions. La nécessité de maîtriser un nombre de plus en plus important de compétences, qui se trouvent souvent en dehors de son cœur de métier, devient le quotidien des salariés.

Le « freelance » devient une logique obligée

La nouvelle façon de concevoir le travail dans les sociétés de l’information modifie en profondeur le rapport au travail dans la mesure où l’autonomie, la polyvalence, la flexibilité, l’auto entreprenariat, le « freelance » en deviennent des logiques obligées.

Les entreprises sont de plus en plus fortement impactées par les réorganisations et les restructurations, qui sont des sources de perturbation et d’inadaptation. Si on devait définir l’obsolescence des compétences on la définirait comme une insuffisance des savoirs ou des compétences nécessaires pour continuer à travailler et maintenir sa performance.

Si ce modèle perdure l’obsolescence sera structurelle

Les organisations tayloriennes peuvent concourir à une faible autonomie des salariés, une forte répétitivité des tâches, un faible apprentissage dans le travail et une forte supervision hiérarchique. Si ce modèle perdure l’obsolescence sera structurelle.

Certaines entreprises devront prendre la mesure du risque que l’inadéquation accélérée des compétences peut présenter pour leurs salariés. Le problème concerne tous les niveaux de qualification, au fur et à mesure que les exigences en compétences augmentent et que les environnements de travail se complexifient. C’est pourquoi, continuer à se former, à poursuivre des études et enrichir ses compétences, contribuera à faire reculer cette obsolescence. Repérer les répétitions professionnelles est indispensable si l’on veut éviter qu’elles ne deviennent notre propre obsolescence.

Le salarié va devoir apprendre au-delà des frontières de l’entreprise

Une culture de l’apprentissage au sein de l’entreprise va devenir un enjeu important pour promouvoir le développement des compétences. Car l’idée n’est plus de former à des métiers mais d’apporter des capacités à changer de métier et à s’adapter afin d’apporter un socle de compétences digitales, techniques….

Le salarié, acteur de son devenir professionnel, va devoir apprendre au-delà des frontières de l’entreprise pour éviter l’obsolescence de ses compétences grâce à la construction d’un réseau, de groupes d’intérêts, de mentors, des conversations avec des pairs… L’apprentissage permanent organisé par les entreprises, en situations de travail, pourrait être une solution contre l’obsolescence grâce à des communautés de pairs, la construction d’outils collaboratifs.

On parle de « social learning », qui est l’application de technologies comme les réseaux sociaux, wikis, forums, outils, système de contenus multimédias, intranets, bases de données, plateformes communautaires pour développer la formation en interne, apprendre à apprendre, et surtout, apprendre à apprendre autrement. Le social learning peut contribuer au développement de situations quotidiennes d’apprentissages informelles et créer une culture collaborative où les connaissances de chacun renforcent les compétences du groupe.

Cette société disruptive fait apparaître un sujet social apprenant qui doit faire face au développement accru des technologies de l’information et à de nouveaux modes d’appropriation formels ou informels. Un nouveau comportement qui va exiger une analyse fine des contextes, des compétences acquises, à renouveler, à modifier. Mais, avant tout, il faut accepter d’être dans l’incertitude pour développer de nouvelles manières de fonctionner ».

Crédits : istockphoto.com/GrapeImages

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Commentaires
  1. RAMONDENC
    10 janvier 2019 - 12h32

    « ….mais, avant tout, il faut accepter d’être dans l’incertitude pour développer de nouvelles manières de fonctionner » dites-vous en conclusion… Peut-on développer de nouvelles manières de fonctionner quand on est dans la précarité? Je vous renvoie à la pyramide de Maslow. Et les banques? Acceptent-elles d’accorder des prêts à des clients qui sont dans l’incertitude?

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