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Salariés, N+1 et direction : les relations se réchauffent mais…

Quand il s’agit d’améliorer la productivité, les entreprises sont très créatives en matière de nouvelles modes managériales sensées rendre l’organisation plus efficace, fluide, voire agréable. Management transversal, entreprise libérée, transformation digitale… Ca bouge du côté des pratiques ! C’est du moins ce que pensent les DRH. Mais les salariés partagent-ils vraiment cette perception ?

La réponse est plutôt négative si l’on en croit l’enquête « Les salariés et la transformation managériale », conduite par l’IFOP et LISPE (laboratoire de recherches IGS RH, Groupe IGS). Seuls 55 % disent avoir observé un changement, contre 45 % qui n’en perçoivent strictement aucun.

Du scepticisme et de la méfiance

Les résultats de l’enquête sont plutôt crédibles puisque les salariés interrogés justifient d’une ancienneté d’au moins 10 ans dans le monde du travail, et ont donc assez de recul pour comparer les pratiques managériales. D’ailleurs, on note que plus les salariés sont âgés, plus ils perçoivent les changements de fonctionnement dans leur entreprise. Mais peu importe l’âge, quand ils entendent parler de transformation du management, les premiers mots qui leur viennent à l’esprit sont « scepticisme », « méfiance » et « inquiétude », bien avant « nécessité » ou « motivation ».

Des rapports plus proches avec les N+1 mais encore distants avec la direction

Mais qu’est-ce que les salariés entendent vraiment par « changement managérial » ? Pour eux, cette évolution se ressent à deux niveaux : dans l’organisation du travail d’une part et dans les rapports humains de l’autre.

Du côté de l’organisation, près de la moitié des salariés (43 %) s’accordent à dire qu’un nouveau fonctionnement a été instauré en interne, qui va de pair avec un nouveau style de communication (32%), de nouveaux outils (26%), ou encore de nouveaux modes de travail (25%).

En termes relationnels, 40 % des sondés estiment que les relations avec leurs collègues et leur responsable se sont améliorées. En revanche, les relations avec la direction restent encore timides. « Depuis les années 2000 les cadres se sentent plus proches de l’ensemble des salariés que de leur direction. C’est un véritable retournement par rapport à ce que nous analysons depuis 80 ans », commentait Philippe Dabi, directeur général adjoint d’Ifop France, sur le site du Monde.

Quant au cheval de bataille des RH qu’est la culture d’entreprise, là aussi, de nombreux efforts restent à faire. Seuls 12 % des salariés ont noté l’émergence de nouvelles valeurs dans leur entreprise…

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Rigidité, verticalité, opacité, manque de vision : les vieilles méthodes ont encore de belles années devant elles

Ce qui est plus surprenant, c’est la vision qu’ont les salariés des pratiques managériales en elles-mêmes. Interrogés sur leur vision actuelle des choses par rapport à ce qu’ils ont pu connaître au cours de leur carrière, les deux tiers affirment que leurs supérieurs versent plus dans la hiérarchie que dans la coopération. Ils constatent également qu’il y a plus d’opacité aujourd’hui dans les prises de décisions, et que la bureaucratie est toujours beaucoup trop présente, aux dépends de la réactivité. Et pour couronner le tout, plus de la moitié déplore une organisation trop centralisée, où la délégation des tâches et des décisions peine à s’imposer.

Résultat, en lieu et place de pratiques sensées redonner du sens au travail et de l’autonomie aux salariés, entre 52 % et 58 % des personnes interrogées regrettent qu’on ne les encourage pas à donner un autre point de vue, qu’on ne les soutient pas quand elles commettent des erreurs, qu’on ne leur fait pas assez confiance au moment de prendre des décisions sur des sujets importants, et qu’on ne leur accorde pas assez de temps pour se former et évoluer.

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Des collègues devenus « obéissants »

Pas étonnant alors que les sondés portent un regard plutôt critique sur l’évolution de l’état d’esprit de leurs collègues, devenus selon eux de plus en plus « obéissants » et « discrets » et « ne ménageant par leurs efforts ». A leur décharge, ils sont également jugés comme plus « ouverts d’esprit » davantage « dignes de confiance ». En revanche, depuis quelques années, il est de plus en plus rare de croiser des collègues « motivés », « heureux » ou encore « enthousiastes ». Ambiance… !

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(crédit : istockphoto.com/Rawpixel)

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