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Salariés avec une puce dans la main : « On s’y habitue bien, c’est très simple ! »

Au bureau, lorsque Patrick McMullan veut s’acheter une cannette du célèbre soda américain Diet Dr Pepper, il le paie d’un simple geste de la main. Normal. McMullan a une micropuce implantée entre son pouce et son index, grâce à laquelle le distributeur de billets déduit immédiatement de l’argent de son compte. Dans son bureau, il fait partie des dizaines d’employés qui ont sauté le pas depuis un an et qui ont témoigné de leur expérience sur le site du MIT (Massachusetts Institute of Technology) Technology Review.

Patrick McMullan n’est autre que le président de Three Square Market, une société spécialisée dans les logiciels de distributeurs automatiques. En août, il est devenu l’un des 50 employés de son entreprise, qui se sont portés volontaires pour porter une puce.

Une idée venue du grand Nord

L’idée lui venue au début de 2017, alors qu’il était en voyage d’affaires en Suède. Dans ce pays, certaines personnes possèdent déjà des micropuces sous-cutanées pour entrer dans des immeubles sécurisés ou réserver des billets de train. C’est l’un des rares endroits dans le monde où les implants intelligents, qui existent depuis un certain temps, ont rencontré un véritable succès.

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De la taille d’un grain de riz

Les puces que McMullan et ses employés se sont fait implanter sont à peu près de la taille d’un très gros grain de riz. Elles détiennent une certaine somme d’informations sur le porteur, comme son identité, son adresse, ses données médicales, etc… Selon ses utilisateurs et ses défenseurs, elles n’ont pour autre fonction que de faciliter la vie des salariés au quotidien : entrer dans l’immeuble, se connecter à son poste, acheter à boire et à manger à la cafétéria, utiliser l’imprimante ou la photocopieuse…

« On s’y habitue bien, c’est très simple »

 Un tiers de l’entreprise convertie en un an

Un an après le début de l’expérience, McMullan et ses collègues ont déclaré à la revue du MIT qu’ils utilisaient toujours régulièrement leur puce au travail. Un enthousiasme qui a convaincu 30 employés supplémentaires de se convertir en un an. Aujourd’hui, 80 des 250 employés actuels de l’entreprise, soit près du tiers, sont porteurs d’une puce.

« On s’y habitue bien, c’est très simple » assure McMullan dans une interview pour la MIT Technoloy review. Et à sa connaissance, seuls deux employés de Three Square Market se sont fait enlever leurs puces, non pas pour des raisons d’insatisfaction, mais parce qu’ils quittaient l’entreprise.

Sam Bengtson, ingénieur logiciel au sein de l’entreprise, utilise sa puce 10 à 15 fois par jour. Pour lui, passer sa main devant un lecteur de puce RFID branché sur son ordinateur n’est pas différent de taper son mot de passe sur un clavier. Quant à Steve Kassekert, vice-président du service administratif et financier, il se dit tellement habitué à utiliser sa main pour régler au distributeur de boissons qu’il s’est agacé lorsque le lecteur RFID de la machine est tombé en panne il y a quelques mois. « Cela fait partie de ma routine », affirme-t-il.

Les dérives des données mal exploitées

Bien entendu, qui dit puce et stockage de données personnelles dit risque d’exploitation malveillante. La confidentialité et la sécurité des informations stockées sur les puces sont une préoccupation évidente et un des principaux freins au développement de ces dernières. On imagine comment les informations collectées par les lecteurs RFID pourraient donner beaucoup (trop) de détails sur la localisation des employés, sur leur activité heure par heure, leurs habitudes de consommation…

 « On peut tout aussi bien se faire voler son portefeuille »

Pour McMullan, ces réticences n’ont pas lieu d’être. Il rappelle que la puce ne contient que quelques kilo octets d’informations, et qu’une partie de celles-ci est cryptée. Par ailleurs, si par hasard on souhaitait lui hacker ses données personnelles, « ces dernières pourraient tout aussi être volées dans mon portefeuille, dans le bus ». Voilà qui clôt le débat, selon lui.

Révolution ou gadget amusant ?

Reste à savoir si la puce va révolutionner le monde du travail dans un futur proche ou si elle restera au stade de gadget. Seule certitude, pour ce qui est d’être suivis et tracés, pas besoin de gadgets sous-cutanés. On est déjà porteurs de nombreuses puces non implantées : dans nos smartphones (qui servent aujourd’hui déjà à scanner et à payer des produits), nos passeports, nos cartes de crédit, de fidélité… Des puces qui donnent des informations beaucoup plus importantes et détaillées que celle en question dans cet article, et à une distance plus importante. Sans parler des GAFAM et de la quantité de données qu’on leur fournit au quotidien.

Ce n’est finalement pas l’usage des puces qui doit inquiéter, car nous sommes désormais dans un monde régi par le digital, mais savoir qui possède nos données. Aujourd’hui, une petite dizaine de sociétés (les fameux GAFAM) possèdent l’ADN numérique de plusieurs millions de personnes. La paranoïa autour des implants n’est donc peut-être pas si justifiée, du moins au regard de leur utilité toute relative…

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Commentaires
  1. marie-odile
    17 septembre 2018 - 17h34

    ne pas passer sous silence que, si les objets connectés au travail recèlent de nombreuses potentialités opportunes, ils engendrent aussi des risques professionnels nouveaux plus difficiles à appréhender dont la gestion est complexe et encore incertaine… : http://www.officiel-prevention.com/sante-hygiene-medecine-du-travail-sst/appareils-de-mesure/detail_dossier_CHSCT.php?rub=37&ssrub=152&dossid=576

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