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Salariés aidants familiaux : « L’entreprise a un rôle à jouer »

Notre série « Tribunes RH » propose aux experts des questions RH et aux acteurs du recrutement et de l’emploi de prendre la parole. Cette semaine, Florence Federici, consultante RH. Elle s’intéresse de près à la question de la place des salariés aidants familiaux dans l’entreprise. Pour elle, il est évident que l’entreprise a un rôle à jouer pour leur permettre une plus grande reconnaissance : 17 % des salariés seraient concernés par cette situation.

11 millions d’aidants en France

« Un aidant familial est une personne non professionnelle qui vient en aide pour partie ou totalement à une personne dépendante de son entourage qui est en perte d’autonomie ou en situation de handicap pour ses activités de la vie quotidienne. C’est donc une personne qui, en plus de son travail, se retrouve dans une situation où elle doit consacrer une grande partie de son temps à gérer une personne en perte d’autonomie. Cette aide peut prendre différentes formes : les soins, la toilette, les démarches administratives, les activités domestiques telles que le ménage ou faire les courses, accompagner la personne chez son médecin, etc… Il s’agit donc d’un emploi du temps qui peut être très lourd. On compte près de 11 millions d’aidants en France. Il y a près de 17 % d’aidants familiaux dans les entreprises françaises. Beaucoup ignorent leur statut et leurs droits. Il est alors très difficile de concilier vie professionnelle et vie personnelle. Les salariés aidants familiaux ont des besoins que l’entreprise peut satisfaire : où trouver les informations nécessaires, avoir plus de temps, obtenir plus de flexibilité dans leurs horaires de travail. En fonction de l’évolution de la maladie ou du handicap, certains aidants ont besoin de temps sur des périodes données de l’année. Je me rappelle d’une de mes collègues qui, chaque année, avait besoin de temps en avril et en juin pour anticiper la rentrée scolaire de son enfant handicapé. Pour ces enfants, c’est à ce moment-là que les inscriptions démarrent et c’est le parcours du combattant pour les parents.

La création d’un droit au répit

Nous devons avancer ensemble. La loi du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement (ASV) apporte une innovation essentielle par la création d’un droit au répit pour les proches aidants des personnes âgées en perte d’autonomie, financé dans le cadre du dispositif de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). De plus, le congé du proche aidant est entré en vigueur le 1er janvier 2017. Le problème, c’est qu’il est non rémunéré. Alors la loi du 13 février 2018 a créé un dispositif de don de jours de repos non pris au bénéfice des proches aidants.

Certaines entreprises ont devancé la loi en créant des congés « aidants » rémunérés par l’entreprise après validation de la situation par le service social. Suite à la loi de 2018, on peut aussi imaginer un système d’abondement en jours par l’entreprise.

Un salarié aidant que l’entreprise n’accompagne pas est un salarié fatigué : retards ou départs mal anticipés, absentéisme, difficultés à se concentrer, fatigue, stress …. Cet absentéisme ou présentéisme lié à la situation d’aidant a un coût pour les entreprises (il est estimé à 6 milliards d’euros par an).

La nécessité d’une culture d’entreprise bienveillante

L’entreprise a un rôle à jouer. Celle-ci peut communiquer sur ce thème (de nombreux salariés sont des aidants sans le savoir). Certains aidants n’ont absolument pas conscience de leur statut ni de leurs droits. Les entreprises peuvent animer des groupes de paroles avec des psychologues experts sur le sujet. L’entreprise peut aussi adhérer à une plateforme d’écoute et d’accompagnement. Elle peut aussi financer des formations spécifiques et mettre à disposition des CESU préfinancés pour la mise en place de prestations à domicile. Il faut aussi beaucoup d’écoute et créer une culture d’entreprise bienveillante pour que ces salariés libèrent leur parole et se sentent reconnus en tant qu’aidant par leur entreprise.

Le sujet des aidants familiaux est un sujet de société. L’entreprise a des responsabilités économiques et sociales. De mon point de vue, cette thématique relève de la qualité de vie au travail (QVT) et de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Nous pouvons tous être concernés par la perte d’autonomie, le handicap ou la maladie d’un proche. La situation peut basculer en une fraction de seconde : AVC, accident domestique ou de la route …

La mise en place des dispositifs d’information et d’accompagnement pour les salariés aidants permettra une meilleure reconnaissance de leur statut ».

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