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Le salarié français, sa frite et son bento

A l’heure de casser la croûte, les salariés Français ne rigolent pas ! Une étude récente s’est intéressée à leurs pratiques en matière de pause déjeuner. Avec près de 800 actifs interrogés, le résultat est sans appel : pour les Français, la pause du midi a la dent dure. Retour sur un débat qui n’est pas prêt de nous rassasier…

Dejeuner-collegues

52 minutes de pause déj’ en moyenne

Au pays de l’exception culturelle, on demande la pause déjeuner ! Alors que dans le monde, 3 salariés sur 5 ne s’arrêtent jamais pour prendre un repas, l’étude menée conjointement par CHD Expert et Moneo Resto fait ressortir des chiffres assez inattendus : les employés français prennent en moyenne 52 minutes pour manger et 56% d’entre eux considèrent ce moment comme une parenthèse de détente. Ils sont même 80% à partager le repas entre collègues !

La traditionnelle « French pause » fait donc de la résistance face à l’influence anglo-saxonne et ses déjeuners sur le pouce, devant l’ordinateur, voire inexistants. Un sondage de France TV Info rappelait récemment que seuls 11% des Français sautent la pause déjeuner contre 35% des employés américains et 45% de nos collègues britanniques. Toutefois, le temps est loin où l’on ripaillait entre midi et 2 avec, au menu : kir, œufs mayonnaises, plat en sauce, fromage, profiteroles, café et pousse-café ! L’équilibre alimentaire est passé par là.

Du bio, du bon… mais pas les mêmes couverts !

Avec un budget moyen de 10€, le Français fait fi de la crise lorsqu’il s’agit de manger. 36% des salariés interrogés déclarent même avoir augmenter leur budget au cours des trois dernières années. Leur leitmotiv : dépenser plus pour manger moins mais mieux. Nicholas Nouchi, Directeur Général de CHD Expert constate qu’ils « ont un niveau élevé d’exigence concernant la qualité de ce qu’ils mangent [et] recherchent plus d’authenticité […] que ce soit au restaurant ou à emporter. ». Qualité et plaisir sont les deux variables au moment de choisir la composition de son assiette.

Mais en parlant d’assiette, la porcelaine et les couverts ont du souci à se faire ! Bento, lunchbox, bocaux : les femmes recourraient majoritairement à la gamelle au bureau, tandis que les hommes privilégieraient les restaurant traditionnels. La raison ? L’enquête nous apprend que les hommes sont gastronomes quand les femmes sont davantage économes. Doit-on cependant y voir une simple raison économique ? En 2012, Malakoff Médéric et Harris Interactive avait enquêté sur les coulisses des pauses déjeuner : plus de 8 salariés sur 10 déclarent qu’avoir une alimentation équilibrée est une préoccupation quotidienne (86 %). Bio, sain, traçable : les préoccupations diététiques sont devenues légion ces dernières années, faisant de la salade composée le plat favori des salariés devant l’incontournable entrecôte-frites et le sandwich. Ne se tape pas la cloche qui veut ! La perspective de l’été et du maillot de bain semble faire sa loi à l’heure de manger.

Et si les hommes ne faisaient pas que manger le midi ?

Au-delà d’une opposition gastronome/économe, la différence de profil traduit peut-être une autre réalité. Hommes et femmes n’ont pas la même approche du déjeuner. Quand les unes font une pause pour manger, voire pour faire du sport ou faire les courses (55%), les autres font une pause pour manger, certes, mais aussi et surtout pour « réseauter ». Un article de Mode(s) d’Emploi avait mis en avant cette corrélation entre déjeuner et performance : partager un repas permet aux collègues de développer les relations, de développer l’esprit d’équipe et donc plus efficaces. Le billet citait les propos de Kevin Kniffin, que les hommes semblent s’être mieux appropriés que leurs homologues féminines : « manger ensemble est un acte beaucoup plus intime qu’étudier un tableau Excel en réunion. D’un point de vue anthropologique, partager un repas est une ancienne tradition permettant de tisser un lien social, et cela semble se perpétuer sur les lieux de travail ».

Quelles tendances pour les 20 prochaines années ?

On peut difficilement ignorer la prédisposition des salariés français à réduire leur pause déjeuner au profit d’une organisation plus flexible du temps de travail, avec des horaires plus souples. Il ne faudrait toutefois pas confondre vitesse et précipitation. N’oublions pas que les pauses, tous types confondus, sont loin d’être une perte de temps pour l’entreprise. Outil de cohésion, occasion de sortir des contraintes professionnelles, levier d’efficacité et de performance, etc : la pause et ses vertus semblent avoir de beaux jours devant elles.

Infographie Les francais et la pause dejeuner_CHD Expert_opt

 

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Commentaires
  1. David Maingot
    12 avril 2016 - 8h10

    Merci pour cet article clair, net et précis avec pas mal de chiffres autour de la pause déjeuner des Français !

  2. Benoit
    14 avril 2016 - 11h26

    La pause déjeuner est aussi et surtout un droit. Il ne s’agit de pas de décider au cas par cas de qui prends ou ne prends pas de pause dej. Celle ci doit être appliquée et respectée. Le non respect de ce droit pouvant entrainer des poursuites pour l’employeur mais également pour l’employé.

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