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Le salaire, sujet tabou pour 8 salariés sur 10

Selon notre dernière enquête sur les rapports entre les salariés, évoquer son salaire est tabou pour 8 salariés sur 10. La politique et la religion sont les deux autres sujets à éviter.

Ainsi, la politique est un sujet tabou pour 61 % des répondants, suivi de la religion (58 %) et de sa vie privée (46 %). (GettyImages/alvarez)

Parler salaire reste trop indiscret

Malgré une certaine avancée, la transparence des salaires reste un sujet tabou dans l’entreprise. À l’occasion de la nouvelle enquête sur la vie de bureau (réalisée en ligne du 8 juilet au 7 août auprès de 1057 personnes en poste) menée par RegionsJob, ParisJob, Mode(s) d’Emploi, nous nous sommes penchés sur les principaux tabous en entreprise. Sans grande surprise, c’est le salaire qui apparaît comme LE sujet à éviter devant la religion ou la politique. En effet, 79 % des répondants ignorent le salaire de leur manager. 51 % d’entre eux aimeraient pourtant le connaître. Entre salariés aussi le sujet reste peu évoqué puisque 50 % des salariés ignorent le salaire de leurs collègues et la même proportion aimerait bien savoir combien gagne son voisin de bureau. Pas étonnant dans ce contexte que 62 % des répondants estiment que parler salaire avec certains collègues est tabou et que 21 % vont jusqu’à dire que c’est le cas avec tous leurs collègues. Peur de dire que son salaire est trop bas, peur d’être envié par ses collègues qui pourraient penser qu’on gagne trop … les raisons de ne pas évoquer son salaire sont nombreuses. Mais d’où cela vient-il ?

L’origine du tabou

L’origine de ce tabou trouverait sa source dans notre héritage catholique et socioculturel ainsi que notre passé paysan qui ont fait de l’argent quelque chose de vil et qu’il faut cacher. Le sujet crispe autant qu’il fascine : on ne veut rien dire mais on veut tout savoir, on veut gagner de l’argent mais pas trop, réussir mais sans que cela se voie, se faire plaisir mais sans le dire etc.. Pourquoi la question des salaires reste-t-elle autant taboue ? Dans une interview au Télégramme, le sociologue Serge Guérin donnait quelques éléments de réponse : « Il y a deux freins à la transparence : celui des très riches et celui des très pauvres. Comme nous sommes dans un pays avec des écarts salariaux insensés qui ne correspondent en rien aux différents apports, les plus riches n’ont aucun intérêt à être transparent. Il y a donc ce frein par le haut, mais aussi un frein par le bas, car on n’a pas nécessairement envie de faire connaître ses échecs. Un très faible salaire est aussi symbole, à tort ou à raison, d’un échec», relate BFMTV.
Adeline travaille dans une entreprise de services. Pour elle, les plus prompts à parler d’argent sont ceux qui en gagnent le moins : « Chez nous, il est très simple de parler salaires avec les plus petits salaires de l’entreprise. En gros, moins on gagne plus on en parle facilement. Mais impossible de savoir combien gagnent les managers chez nous ».

À lire également :
Combien gagnent vos collègues : ces entreprises qui appliquent la transparence

Lourd handicap en termes de parité salariale

Réussir à parler salaires est pourtant essentiel notamment en termes de parité. La transparence des salaires permettrait, en effet, de mieux gommer les inégalités entre hommes et femmes en mettant le doigts sur des différences non justifiées. « Plus les femmes osent parler d’argent, plus elles prennent confiance en elle », expliquait dans une interview pour un magazine féminin, en 2017, Cécile Bernheim, alors coprésidente du réseau professionnel Women’s Network Paris. Il existe aujourd’hui une omerta sur ce sujet qui représente un lourd handicap en termes de parité salariale. Rappelons à toutes fins utiles que les femmes gagnent toujours 17 % de moins de les hommes à compétences et postes égaux. Si les femmes ignorent les salaires de leurs collaborateurs masculins, elles revendiqueront d’autant moins l’égalité salariale.

La politique et la religion, autres sujets tabous dans l’entreprise

De manière générale, il faut éviter les sujets polémiques en entreprise. Ainsi, la politique est un sujet tabou pour 61 % des répondants, suivi de la religion (58 %) et de sa vie privée (46 %). Évoquer la vie privée de ses collègues en revanche ne pose problème qu’à 19 % des salariés interrogés.

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