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Recrutements, salaires, évolutions : la fonction RH passée au crible

Quelles sont les perspectives d’emploi pour les cadres des ressources humaines ? Quels sont les métiers en tension dans la fonction ? Quelle est la rémunération des cadres RH ? L’ANDRH et l’Apec ont passé au crible les perspectives de la profession dans leur baromètre semestriel « Marché de l’emploi et rémunération des cadres RH ». L’occasion de se pencher sur les évolutions qu’a connu la fonction, qui, bonne nouvelle, est de moins en moins purement administrative et de plus en plus stratégique.

Les intentions de recrutement sont en hausse et les entreprises sont aujourd’hui plus nombreuses à rechercher des cadres qu’en 2016. De leur côté, ces dernières ne rencontrent pas de difficultés de recrutement particulières même si le nombre de candidatures par offre a fortement diminué entre 2016 et 2017. Côté rémunération, celle des cadres RH se situe dans la moyenne des fonctions dites « support ». Mais alors que la fonction est la plus féminisée (8 cadres sur 10 sont des femmes), l’écart de salaire médian entre les deux sexes reste aussi élevé que dans les autres fonctions. La profession est donc loin d’être exemplaire.

La hausse des recrutements se confirme 

L’activité des entreprises françaises devrait continuer de progresser à un rythme soutenu et l’embellie se poursuit. Dans ce contexte, les entreprises sont de plus en plus

nombreuses à anticiper des recrutements de cadres. Si les commerciaux restent les plus recherchés (44 %), les cadres de la fonction RH représentent 16 % des intentions de recrutement. Une proportion modeste mais cependant supérieure à celle enregistrée un an auparavant (+ 2 %). Ainsi, cette tendance à la hausse des intentions de recrutement devrait se traduire par une augmentation du nombre de recrutements de cadres RH en 2017.

Les postes de cadres RH sont faciles à pourvoir

Si près des deux tiers des recrutements de cadres ayant fait l’objet d’une offre d’emploi au 1er trimestre 2017 ont été jugés difficiles, ce n’est pas forcément le cas pour la fonction RH. Selon l’ANDRH et l’APEC, « le sentiment de tension a même légèrement diminué pour le recrutement de cadres RH ». Moins de la moitié de ces recrutements a été jugée difficile (- 5 % par rapport à 2016). Pourtant, le nombre de candidatures par offre a fortement diminué (51 candidatures en moyenne pour les offres RH du 1er trimestre 2017, contre 68 un an avant).

Le nombre de candidats disponibles n’en demeure pas moins à un niveau très élevé et très largement supérieur à celui des autres fonctions. Chez les informaticiens ou les cadres des études-R&D par exemple, on dénombre en moyenne une vingtaine de candidatures.

Les difficultés de recrutement qui subsistent sont liées à diverses choses selon les recruteurs : spécificité du poste à pourvoir, rareté des profils recherchés (en paie, notamment), candidatures mal ciblées, lieu de travail, secteur d’activité et salaire proposé jugé trop bas.

Qui sont les RH ?

La rémunération varie selon plusieurs critères

Le salaire médian des cadres RH (hors fonction de direction) avoisine les 45 k€ annuels bruts (fixe + variable). Un niveau proche de ceux de fonctions support comme l’administration, la gestion, l’organisation (46 k€), la comptabilité (45 k€) et la communication (44 k€). L’amplitude des salaires est relativement faible juge le Baromètre : entre 30 et 70 k€. Par ailleurs, on ne note pas de différence notable entre les salaires des cadres RH en poste dans l’administration des RH et dans le développement des RH.

Une part variable importante

Celle concerne 48 % des cadres de l’administration des RH et 61 % des cadres du développement des RH. Cette part variable comprend pour l’essentiel d’une prime sur objectif comme chez la plupart des cadres tous secteurs confondues (sauf dans les fonctions commerciales). Dans le développement des RH, les cadres sont davantage concernés par une commission sur le chiffre d’affaires de l’entreprise (12 % d’entre eux). Cette part variable des cadres RH peut représenter, dans la moitié des cas, plus de 10 % de la rémunération brute annuelle et pour 10 % des cadres, elle peut dépasser 20 % de leur rémunération !

D’autres éléments viennent compléter la rémunération des cadres, au-delà de la fonction occupée : 41 % des cadres bénéficient ainsi de l’intéressement, 39 % d’une participation salariale et 26 % d’un plan d’épargne d’entreprise.

L’âge, un facteur déterminant

Tout pour tous les cadres, la rémunération des cadres RH augmente avec l’âge et l’expérience professionnelle. On constate ainsi que les salaires augmentent constamment au cours de la première partie de la vie professionnelle (de 37 k€ en début de carrière à 49 k€ de 35 à 39 ans), puis cette progression tend à ralentir. Elle commence même à disparaître à partir de l’âge de 50 ans. L’amplitude des salaires augmente aussi avec l’âge. Après 50 ans, 10 % des cadres du développement des RH gagnent moins de 37 k€ et seulement 10 % gagnent plus de 80 k€. Ces écarts illustrent tout à fait la disparité des situations professionnelles (selon la dimension du poste, taille et secteur d’activité de l’entreprise, localisation géographique du poste).

Les femmes moins bien rémunérées que les hommes

La fonction RH a beau être l’une des plus féminisées – 80 % des cadres RH sont des femmes versus 37 % pour l’ensemble des fonctions cadres – elle n’en échappe pas moins aux écarts de salaire constatés dans toutes les autres fonctions cadres : les femmes sont nettement moins bien payées que leurs homologues masculins.

L’écart entre le salaire médian des hommes et celui des femmes est ainsi de 15 % dans l’administration des RH et de 12 % dans le développement des RH. L’écart est encore plus élevé dans les fonctions de direction avec + 20 % en faveur des hommes, alors que 65 % des postes de direction RH sont occupés par des femmes. Le fort taux de féminisation des fonctions RH n’a donc pas d’influence positive sur la réduction des écarts de salaires entre hommes et femmes cadres. Et les écarts de salaires dans la fonction RH sont même plus élevés que dans de nombreuses fonctions où les femmes sont peu représentées.

L’écart de salaire entre hommes et femmes cadres augmente également avec l’âge, pour atteindre son plus haut niveau en seconde partie de carrière. On trouve l’explication dans le fait que les femmes cadres RH occupent moins fréquemment des postes à responsabilités que les hommes (hiérarchiques ou de budget) et ces différences augmentent avec l’âge. Entre autres explications, les femmes sont également plus nombreuses que les hommes à connaître des interruptions de carrières et / ou à travailler à temps partiel, deux facteurs qui ont une influence négative sur la rémunération.

L’influence du niveau de responsabilité et des missions

Comme pour l’ensemble des postes de cadre cadres, certains éléments influent sur le niveau de salaire : la responsabilité hiérarchique, la gestion d’un budget, la dimension internationale du poste… Le baromètre nous apprend toutefois que toutes fonctions RH confondues (direction, administration, développement) : 1 cadre RH sur 2 exerce une responsabilité hiérarchique ; 1 cadre sur 5 n’a pas de responsabilité hiérarchique mais anime une équipe ; 4 cadres sur 10 gèrent un budget.

Les cadres du développement des RH qui sont responsables d’une équipe ont un salaire médian de 55 k€, soit beaucoup plus que les autres cadres RH. De même, les RH qui ont la responsabilité d’un budget à gérer sont mieux rémunérés, et cela représente 1 cadre RH sur 10.

Les caractéristiques de l’entreprise

La taille de l’entreprise est déterminante pour la rémunération des cadres RH comme pour toutes les autres fonctions. Plus la société est grande, puis les salaires sont élevés. Le secteur d’activité influe également. Ainsi, dans l’industrie (1 cadre RH sur 10), on propose des salaires plus élevés que dans les services (6 cadres RH sur 10), la construction ou le commerce.

La localisation des postes a aussi un impact sur la rémunération. Sans surprise, les cadres RH qui travaillent en Ile-de-France sont mieux rémunérés que les ceux qui travaillent en régions. L’écart est de 11 % dans l’administration et de 15 % dans le développement des RH. Il monte jusqu’à 20 % pour les postes de la direction des RH.

Comment la profession RH a évolué

Entre 2005 et 2015, des changements ce sont opérés à tous les niveaux : nature des postes, compétences attendues, missions confiées… Les champs de compétences et de missions sont aujourd’hui plus larges. La dimension collaborative de la fonction et la notion d’accompagnement se sont développées. En d’autres termes, la notion de service prend peu à peu le pas sur l’administratif. Le cadre RH participe plus qu’avant à la stratégie de l’entreprise, notamment à travers les recrutements. Par ailleurs, comme chez tous les cadres, les soft skills deviennent également de plus en plus importantes et les recruteurs y sont plus sensibles qu’avant.

Consultez le baromètre dans son intégralité

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