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Peut-on payer ses salariés en bitcoins ?

La folie bitcoin s’est emparée d’une partie de l’économie et quelques-uns sont même déjà devenus millionnaires. Wallet ou portefeuille virtuel, blockchain, crypto-trader, minage… Vous n’y comprenez rien ? C’est normal. Pourtant, il serait peut-être temps de vous renseigner, car il se pourrait que demain, vous soyez rémunéré en cryptomonnaie…

Une entreprise japonaise franchi le pas

Payer ses salariés en bitcoins sera bientôt une réalité, au Japon. Là-bas, une entreprise a décidé de verser à ses salariés en partie de leur salaire en bitcoins. Il faut dire que GMO Internet, société de services informatiques, propose elle-même une plateforme d’échanges en bitcoins. Ainsi, à partir de mars 2018 (sur les salaires de février 2018), l’entreprise donnera la possibilité à ses 4000 employés de percevoir une partie de leur paie en bitcoins, soit jusqu’à 100 000 yens de leur rémunération mensuelle (ce qui représente environ 756 euros). Une initiative qui se fera sur la base du volontariat pour les bénéficiaires.
En l’utilisant elle-même, GMO Internet espère ainsi améliorer sa propre connaissance de la cryptomonnaie qui fait tourner les têtes des économistes et des investisseurs depuis 2009 : le bitcoin valait en effet près de 17 050 dollars l’unité mi-décembre selon des données compilées par l’agence Bloomberg, contre moins de 1 000 dollars en début d’année.

Quelques précédents aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, la société Internet Archive a mis en place un système permettant à ses salariés d’être payés en bitcoins. Au mois d’avril 2013, certains employés ont ainsi décidé de percevoir une partie de leur paie en cryptomonnaie. Bitwage est une solution de paiement internationale conçue pour payer les freelances, les prestataires et les travailleurs à distance. Elle utilise le bitcoin pour permettre aux entreprises de payer leurs employés internationaux rapidement et à moindre coût. La start-up californienne fondée en 2013 a récemment intégré Station F, l’incubateur de startups créé par Xavier Niel dans la Halle Freyssinet à Paris, et compte aujourd’hui 14 000 utilisateurs dans le monde.

Un Code du Travail français strict pour le moment

Le Japon est le premier pays à avoir reconnu officiellement reconnu le bitcoin comme une monnaie ayant cours légal dans le pays. Des distributeurs automatiques de bitcoins ont même été installés récemment, alors que finalement peu de choses peuvent être achetées avec cette monnaie virtuelle dans le pays.

Rémunérer ses employés en bitcoins serait toutefois impossible en France et ce pour plusieurs raisons. Selon le Code du Travail, tout salaire doit être payé pendant les heures de travail dans une monnaie ayant cours légal sur le territoire français et qu’il soit payé en espèces, par chèque barré ou par virement à un compte bancaire ou postal. Il serait ainsi illégal de verser un salaire vers un compte bitcoin, qui n’est pas un compte bancaire au sens juridique. Toutefois, il n’est pas formellement interdit de verser une rémunération complémentaire sous la forme de bitcoins. Pour le moment, le bitcoin n’est donc qu’un outil de transaction virtuelle toléré en France et dans la plupart des pays du monde.

Certains pays autres que le Japon envisage toutefois de reconnaître le bitcoin comme monnaie légale, officielle et reconnue, ce qui pourrait rendre possible le paiement de salaires par ce biais. Le Vietnam y réfléchit sérieusement, l’Estonie pense même à créer sa propre monnaie virtuelle, le « Estcoin ».

Virtuel et volatile, le bitcoin représente des risques

Difficile de ne pas s’intéresser à une monnaie affichant un taux de rendement aussi exceptionnel. Virtuel et volatile, le bitcoin représente pourtant des risques bien réels pour son utilisateur. En mai 2017, le cours de cette monnaie a par exemple augmenté de 12 % pour dévisser de près de 30 % en l’espace d’une journée seulement. Un risque encore trop important pour beaucoup de potentiels investisseurs et pour les entreprises. Et il faut espérer que les salariés japonais en soient conscients et informés.

«Investir dans le bitcoin est pour l’instant l’un des actes les plus risqués que l’on puisse faire. Personnellement, j’ai tout vendu», a déclaré récemment Emil Oldenburg, cofondateur et directeur technique du site Bitcoin.com au site suédois Breakit. Ironique alors qu’il ne précise pas ce que la vente de ses bitcoins lui avait rapporté…

Pour répondre à la question posée plus haut : il est donc possible de payer ses salariés en bitcoins, mais pas en France. Et pas sûr que ce soit pour demain !

(photo : iStockphoto.com/pixelfit)

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Commentaires
  1. Leprince
    14 mars 2018 - 15h06

    Il est difficile de répondre par oui ou par non à cette question. L’économie du pays, la mentalité des salariés, la valeur de la monnaie bitcoin actuellement, etc. sont entre autres les raisons qui peuvent pousser tel ou tel autre employé à accepter ou non son salaire en bitcoin. Moi, je ne l’accepterai pas, en tout cas, pas d’aussitôt. Je préfère mieux toucher mon salaire du bout des doigts. Hummm !!! la sueur de mon dur labeur et humer l’odeur de ces billets de banque que d’avoir à la place du bitcoin. Bien que je sois inscrit sur cryptos-currency, le bitcoin pour moi n’est qu’une monnaie du net pour investir et gagner gros en peu de temps. Peut être si je suis embauché dans cette société japonaise qui paye en cryptomonnaie je ne serais plus sceptique .

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