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Ronald Pognon, le sprinteur devenu recruteur

Alten ronald pognonRonald Pognon, premier athlète français à être passé sous la barre des dix secondes aux 100 mètres, a entamé une deuxième vie professionnelle depuis quelques mois. Devenu chargé de recrutement chez Alten, il n’a pas pour autant remisé ses pointes au vestiaire et vise les JO de 2016. Retour sur un parcours professionnel mené à grande vitesse.

Au départ, Ronald Pognon se destinait plutôt au football en tant qu’ailier droit. Il a 14 ans quand il participe à un cross de fin d’année sur son île natale, la Martinique. Il le remporte. « J’ai alors pris goût à l’athlétisme et dès la première année, j’ai réalisé les minimas pour les championnats du monde juniors » se souvient Ronald. Ensuite, tout va très vite, les performances et les chronos s’enchaînent. Au bout de deux ans, il est champion d’Europe du 200m et le 5 juillet 2005 il devient le premier Français à descendre sous la barre mythique des 10 secondes aux 100 mètres avec un temps de 9s99 lors du meeting de Lausanne. Il faudra attendre cinq ans pour que ce record de France soit battu par Christophe Lemaître pour un petit centième.

Un parcours atypique

Mais Ronald Pognon ne délaisse pas pour autant les études. « J’ai un parcours atypique, j’ai fait un Bac Pro sur la fabrique des peintures et des matières premières » raconte le Martiniquais âgé aujourd’hui de 31 ans. « En parallèle de ma carrière d’athlète professionnel, j’ai travaillé pendant un an dans la finance. Je vendais des appartements, de l’assurance-vie, des produits financiers ». Une expérience de conseiller en patrimoine menée de front entre les compétitions au gré des allers-retours avec la métropole. « C’était mon premier pas dans la finance, j’ai continué jusqu’en 2005 ». Date à laquelle il a « explosé » au niveau sportif. Médaille d’or au Championnat du monde en relais 4×100, recordman d’Europe du 60 mètres… Il se consacre alors entièrement à sa carrière sportive mais anticipe tout même la suite. « J’aime bien assurer mes arrières, dans le sport on ne sait jamais ce qui peut arriver » explique Ronald. « A partir de 2006, j’ai eu la chance de pouvoir travailler pendant 6 ans à la douane en tant que sportif de haut niveau et de suivre des formations à l’école des douanes de La Rochelle sur la géolocalisation, le droit des douanes, toujours pour apprendre de nouvelles choses ». Un leitmotiv chez ce sprinteur.

Un bilan de compétences et une nouvelle piste

A l’issue de son contrat avec les douanes, il réalise un bilan de compétences pour s’ouvrir de nouvelles pistes professionnelles. « Mon côté challenger et sociable a séduit un recruteur. Nous nous sommes entendus autour de valeurs communes » explique Ronald, chargé de recrutement depuis janvier 2013 chez Alten, une société spécialisée dans l’Ingénierie et du Conseil en Technologies. Sa mission consiste à trouver les bons candidats, souvent de jeunes ingénieurs qui sont eux aussi dans les starting-blocks de leur carrière. Là encore tout va très vite pour lui, il met à profit ses qualités pour rencontrer les candidats lors des salons et forums de recrutement. Il continue à apprendre également pour bien comprendre les métiers du secteur informatique. « Mon vécu de sportif professionnel m’a bien servi » avoue Ronald. « Je suis habitué à me faire mal à l’entraînement, c’est un peu le même stress positif qu’en entreprise. Il faut savoir se remettre en question pour progresser ».

En quelques mois seulement, Ronald a pris ses marques chez Alten. Pour le pôle banque assurance et finance, il s’occupe de sélectionner les meilleurs candidats repérés par une équipe de 16 chargés de recrutement. Pour les faire signer le plus rapidement possible. La vitesse, encore la vitesse, Ronald s’y retrouve. Il aurait pu choisir une reconversion dans les médias en tant que consultant. Une seconde carrière classique chez les athlètes de haut niveau. Mais Ronald préfère « le contact humain avec les gens ».

Un double visage : recruteur et sportif

Ronald pognon 2012Son parcours sportif n’est pas pour autant terminé. Il le rattrape dans son nouveau métier. « Sur les salons de recrutement, les étudiants me reconnaissent, le feeling passe plus vite » affirme Ronald. Une bonne image qui profite aussi à son employeur. Mais sa reconversion, il ne la doit qu’à lui-même. « J’ai toujours essayé d’anticiper. L’athlétisme est un sport semi-professionnel, même si j’ai bien gagné ma vie, il y a toujours un risque de se retrouver sans rien du jour au lendemain suite à une blessure. Ça m’est arrivé en 2007. Je préfère prendre les devants et avoir un autre métier à côté ».

Pour la suite, Ronald se prépare une longue ligne droite. La dernière de son palmarès sportif. Il vise les championnats d’Europe de 2014, les championnats en salle et, à l’horizon 2016, les Jeux Olympiques de Rio. Après, il prendra sa retraite sportive et se consacrera à 100% à sa carrière dans le recrutement. En attendant, il alterne sa journée de travail chez Alten avec les entraînements le soir. Une double journée à laquelle il a pris goût. « Au début c’était dur, je pensais à mon travail quand j’étais sur la piste. Maintenant, j’arrive à concilier les deux, j’ai trouvé mon équilibre ».

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