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Revenu de base : que se passe-t-il quand vous touchez 1000 € par mois sans travailler ?

Le revenu de base, toute une histoire… Il s’est invité dans la dernière élection présidentielle et a coûté cher à Benoît Hamon qui le présentait pourtant comme la « nouvelle protection sociale ». Bien avant lui, c’est le philosophe Thomas More, auteur d’Utopia, qui l’a conceptualisé. Depuis, plusieurs expérimentations ont eu lieu : au Canada, en Alaska, en Finlande, en Namibie, en Inde, au Koweït, à Singapour ou encore au Brésil… Plus proche de nous, l’association allemande Mein Grundeinkommen offre, depuis 3 ans, 1000 euros pendant 12 mois à des participants tirés au sort. Cette initiative, financée par des campagnes de crowdfunding, a inspiré Julien Bayou, porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts. Il a ainsi lancé l’association « Mon revenu de base » (MRDB) en 2017, soutenu dans sa démarche par le Mouvement français pour un revenu de base (MRFB).

 

 

Cette dernière milite depuis plusieurs années pour faire passer une loi permettant d’expérimenter un revenu universel. « Le MRDB est une association transpartisane, précise Virginie Codina, membre de l’association. Julien Bayou est entré en contact avec les Allemands et a décidé de dupliquer leur action en améliorant ce qui pouvait l’être, notamment l’étude de l’impact d’un tel revenu sur le quotidien des bénéficiaires ». En effet, que se passe-t-il quand on reçoit 1 000 euros par mois, pendant un an ? Comment sont-ils utilisés ? Pour quoi faire ? Comment cet argent est-t-il perçu par les impôts ? Aujourd’hui, trois revenus ont été distribués, les deux premiers fin décembre, le dernier début janvier. La dernière campagne de crowdfunding a permis de collecter un peu plus de 7 000 euros sur les 12 000 nécessaires avant de tirer au sort le prochain bénéficiaire.

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1000 euros et après ?

« Si on a décidé de verser une somme de 1000 € par mois, c’est pour marquer les esprits », poursuit Mme Codina. Mais cette somme correspond également au seuil de pauvreté qui se situe entre 846 et 1015 €, selon l’Insee. Parmi les premiers bénéficiaires du revenu de base, 2 sont salariés, dont une à mi-temps qui perçoit la prime d’activité, le troisième est au RSA, en situation d’invalidité. Pour l’instant, cet argent « tombé du ciel », ils n’y touchent pas. « Ils ne savent pas précisément comment ils vont l’utiliser. Un des bénéficiaires hésite à les placer en vue d’une retraite qu’il sait d’avance très faible, un autre pour rembourser ses dettes et le troisième pour s’acheter une voiture alors qu’il est aujourd’hui isolé », détaille Virginie Codina.

Les revenus versés ne sont pas cumulables avec les minima sociaux. Et s’ils ne touchent pas encore à leur revenu, c’est aussi que les bénéficiaires ne savent pas comment cette somme sera perçue par l’Etat. De revenu, il n’en a que le nom, il s’apparente à une loterie mais ce n’est pas le cas. Un don peut-être… ? « Nous travaillons encore avec les impôts pour savoir si cette somme sera taxée ». Une assistante sociale accompagne les bénéficiaires pour les aider dans leurs démarches.

Un revenu, de la naissance à la mort

Le revenu de base, telle que défendu par le MRFB, est un revenu minimum immuable, cumulatif avec d’autres revenus et versé à tous, de la naissance à la mort. Derrière, plusieurs idées : mettre fin à la pauvreté et offrir aux personnes les plus précaires la possibilité d’un nouveau départ. « Il questionne aussi sur l’avenir de nos sociétés alors que la robotisation des tâches laisse entrevoir un chômage de masse », poursuit Virginie Codina.

Sur son site, l’association MRDB présente cette initiative comme un « projet d’étude citoyen (…) afin de comprendre les motivations de chacun et d’estimer le potentiel de cet outil dans la lutte contre les inégalités. A long terme, nous voulons évaluer l’effet de gagner 1000 € par mois pendant un an pour les citoyens ». Une dernière phase dont les résultats se dessineront après le tirage du 100e gagnants, estime le MRDB. Mais il est déjà possible de se faire une idée de l’utilisation de cette somme par les potentiels bénéficiaires. « Rares sont les personnes à répondre qu’elles en profiteront pour ne rien faire. Au contraire, elles estiment que ces 1000 € seront utilisés pour payer les études de leurs enfants, améliorer leurs conditions de vie, lancer un projet professionnel… », rapporte Virginie Codina. Et vous, que feriez-vous avec 1000 euros par mois ? Tentez votre chance sur monrevenudebase.fr.

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(Photo : istockphoto.com/Dimitris66)

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Commentaires
  1. D.D
    29 janvier 2018 - 16h30

    Ça sera une très bonne idée les gens souffrent tellement très dur de manger payer le loyer les factures s habiller et même trouver du travail. Donner 1000 euros à chaque citoyen ça ne sera que du pouvoir d achat et le pays en bénéficiera…

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