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Retraite : ce que la réforme va changer pour vous

"Retraite par points" et allongement des durées de cotisation sont au programme du gouvernement Macron. Un guide pour comprendre ce qui vous attend dans les prochaines années !

La réforme des retraite soulève de nombreuses questions. (Getty images /bernardbodo)

[Long format] – « Un euro cotisé donne lieu aux mêmes droits pour tous ». Cette phrase prononcée en 2017 par l’alors candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron, résume une des plus importantes réformes à venir de son quinquennat : la réforme des retraites. Appelée aussi « retraite par points », ce système doit mettre fin à la multiplicité des régimes de retraites en France.

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Quel est le régime des retraites actuel ?

Aujourd’hui, les salariés du privé et du public, mais aussi les indépendants ainsi que les employés des régimes spéciaux (marins, clercs, Banque de France, RATP, Comédie française…) ne sont pas affiliés au même régime de retraite. Difficile de parler d’un régime des retraites actuellement en France puisqu’il en existerait plus d’une trentaine, entre les régimes de base et les régimes complémentaires.

Toutefois, chaque régime est régi par trois principes communs qui font l’esprit du système de retraite :

    • Obligatoire. Toute personne travaillant doit cotiser pour sa retraite, cela correspond aux cotisations prélevées sur le salaire brut.
    • Contributif. Les pensions de retraite sont proportionnelles au montant des cotisations versées durant sa carrière (50 % du salaire moyen des 25 meilleures années de carrière dans le régime général)
    • Répartition. Les cotisations des actifs paient celles des retraités. C’est la raison principale pour laquelle les gouvernements cherchent à réformer les retraites : en 2018, 1,7 actif cotisait par retraité contre 4 cotisants pour un retraité en 1960 et ce ratio devrait baisser à 1,5 en 2040.

Autre point commun aux retraités : il leur est actuellement possible de quitter leur emploi à 62 ans et de toucher une pension pleine après 42 années pour ceux nés après 1961.

Si un actif n’a pas cotisé le nombre d’années nécessaire, il lui est toutefois possible de percevoir une retraite à taux plein à 65 ans ou 67 ans selon sa date de naissance.

Un allongement des durées de cotisation sans partir plus tard à la retraite

L’âge minimum du départ à la retraite ne devrait pas changer, s’est engagé Emmanuel Macron. Il restera maintenu à 62 ans comme mis en place en 2010 sous Nicolas Sarkozy. Mais, et c’est toute la « subtilité », le président de la République a opté pour un allongement de la durée de cotisation car les Français doivent « travailler davantage » pour financer les baisses promises d’impôts, a annoncé le chef de l’État. Un système qui existe déjà finalement aujourd’hui : les actifs qui quittent leur emploi sans avoir cotisé 41,5 années subissent une minoration ou décote de 5 % à vie de leur retraite. Dans les faits, ils sont donc nombreux à partir à la retraite vers 63 ans. A terme, il faudra cotiser 43 ans pour obtenir une retraite complète. Et le gouvernement réfléchit à une décote avant une borne d’âge qui pourrait être fixée à 63 ans et jusqu’à 64 ans en 2025. Bref, s’il est toujours possible de partir en retraite à 62 ans il faudra accepter de partir avec moins.
Mais les Français doivent s’attendre à travailler encore plus : au lieu de repousser le nombre des cotisations d’un trimestre supplémentaire tous les trois ans, cela pourrait être d’un trimestre tous les ans à compter de 2021…

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Un système de « retraite par points » qu’est-ce que c’est ?

Par rapport au système actuel, le régime de « retraite par points » n’aura pas d’incidence sur la durée des cotisations ni sur le caractère obligatoire de la retraite et ce sont toujours les actifs qui financeront les pensions des retraités. Mais dans un régime par points, un actif cotise et accumule des points qui, au moment de partir à la retraite, seront convertis en pension. La pension est alors calculée en fonction de la valeur du point (1 point = 1,50 euros par exemple). Révolutionnaire ? En fait, tous les systèmes de retraite complémentaire fonctionnent déjà sur ce modèle.

D’ailleurs l’appellation « retraite par points » n’est pas vraiment fondée. Le nouveau régime voulu par Emmanuel Macron est davantage un régime de « comptes notionnels », comme en Suède et en Italie. Là-bas chaque actif dispose d’un « compte virtuel » où sont versés l’intégralité de ses points. Ce capital est ensuite transformé en pension via un « coefficient de conversion » lequel intègre à la fois l’âge de départ à la retraite et l’espérance de vie de chaque génération au moment du départ. Pour obtenir le montant de l’annuité, il faut diviser le capital virtuel par le coefficient de conversion.

Ce système par points ne garantit pas le montant des pensions, lequel varie précisément en fonction de la valeur du point et et du coefficient de conversion. D’ailleurs, en 2010, le Conseil d’orientation des retraites avait déjà souligné l’impossibilité d’évaluer les conséquences d’un régime par points à cause de la définition du coefficient. Dans un article publié sur France Info, Michaël Zemmour, maître de conférence en économie, explique que : « Le taux de remplacement [pourcentage du dernier revenu d’activité que conserve un salarié lorsqu’il prend sa retraite] dépendra du nombre de personnes à la retraite et de l’espérance de vie ».

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Les questions soulevées par cette réforme

Outre les difficultés à calculer le montant des pensions de retraite (point ci-dessus), un système par points soulève d’autres interrogations. Toujours sur le site de France Info, Vincent Touzé économiste à l’OFCE explique que le système actuel « prend en compte les 25 meilleures années, ce qui permet de gommer partiellement les 17 années les plus mauvaises. Avec le nouveau système à points où toutes les années comptent, une femme qui aurait passé 17 ans à temps partiel pour s’occuper de ses enfants et 25 ans à temps plein serait perdante ». L’économiste interroge aussi sur ce qu’il arriverait en cas d’accidents de la vie, des trimestres accordés pour la maternité, mais aussi sur le montant de retraite des fonctionnaires qui est aujourd’hui calculé sur les 75 % de leur dernier salaire.

Les pour et les contre

Du côté des pour, sont mis en avant le fait que ce système de retraite sera plus simple et plus juste. En retenant l’idée que « 1 euro cotisé vaut les mêmes droits » pour tous, les défenseurs de la réforme la jugent plus équitable et solidaire et prenant en compte l’évolution des parcours professionnels ainsi que l’évolution du monde du travail. Selon eux, chaque activité, même réduite, sera ainsi comptabilisée. Et de souligner que salariés du privé ou du public, indépendants, agriculteurs ou libérales, la valeur du point est la même pour tous. Enfin, selon eux toute période travaillée, courte et longue augmentera la pension alors qu’aujourd’hui les petits boulots ne sont pas validés en dessous de 1 500 euros de revenus par trimestre. Ils estiment aussi qu’elle servira les femmes qui aujourd’hui sont 20 % à attendre l’âge de 67 ans pour partir en retraite sans décote contre 8 % des hommes.

Parmi les contre, ce dernier argument est rejeté. La réforme pénaliserait même les femmes, enfin celles qui gagnent le moins et exercent des métiers les plus difficiles. En incitant à capitaliser à des fonds de pensions privés, les salarié(e)s seront amené(e)s à travailler plus et donc à faire reculer encore davantage leur espérance de vie. Entre les 5 % les plus riches et les 5 % les plus pauvres, il y a en moyenne 13 ans de vie qui les séparent. L’impossibilité de calculer le montant de sa pension est aussi pointé du doigt. Quant au coefficient de l’espérance de vie, les générations à venir qui seront plus nombreuses connaîtront nécessairement une baisse du niveau de leurs pensions. Un système perçu comme individualiste effaçant le mécanisme de solidarité vis à vis de ceux qui ont moins cotisé.
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