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Retour vers le future of work

A quoi ressemblera le futur du travail ? Cette question n’est pas nouvelle ni même les scénarios prédictifs supposés y répondre. Au 19ème siècle, les futurologues imaginaient un monde sans tâches épuisantes grâce au remplacement de l’homme par des robots bons à tout faire. A cette époque, mécanisation rimait avec progrès. C’est l’ère de la vapeur, des rotatives et de l’électricité. Tout faisait rêver. Et en même temps, tout faisait peur. Déjà…

Les Canuts à Lyon craignent d’être remplacés – à juste titre – par des métiers à tisser mécaniques par exemple. Aujourd’hui, c’est la même : si on rêve d’être libéré du travail par les machines, le remplacement des caissières par des bornes automatiques inquiète et questionne sur le sens à donner à nos vies. Vivra-t-on dans une société où une élite, de plus en plus réduite, travaillera quand les autres devront lutter pour leur survie ? Une crainte réactivée à la publication, en 2013, d’une étude menée par deux chercheurs d’Oxford expliquant que 47 % des emplois aux Etats-Unis courraient « de grands risques de devenir automatisables ». Mais si le chômage est endémique un peu partout dans les grandes nations post-industrielles, est-ce vraiment la faute aux robots ?

Des tâches robotisées

En 2019, on estime que 2,6 millions de robots sont en service dans le monde. Dans certains entrepôts d’Amazon, les pickers sont remplacés par des machines qui préparent plus efficacement que l’homme les commandes. Faut-il s’en inquiéter ou s’en réjouir ? C’est l’étrange fascination que nous avons pour les robots, pour reprendre le titre d’une tribune publiée récemment dans le journal Les Echos. Selon son auteur, Robert Skidelsky, professeur émérite à l’université de Warwick : « Les enquêtes montrent que les gens veulent des emplois stables. En même temps, ils ont toujours rêvé d’une vie libérée du labeur ». Nécessairement, l’essor des robots rend « palpable les tensions entre ces deux désirs ». Sauf que cette contradiction, on l’a dit plus haut, n’est pas neuve. Ni le fait qu’on a toujours imaginé la disparition du travail. Pour l’instant, la seule chose vraie, c’est que le travail se transforme. Les ouvriers de Chaplin n’existent plus, remplacés depuis des décennies déjà par des OS chargés de veiller au bon fonctionnement de leur chaîne de production. Les secrétaires dactylo ont également disparu. Désormais elles ne se contentent plus d’assister le patron ou d’écrire leurs discours. Le grand chef s’est formé au logiciel de traitement de texte et la secrétaire de direction parle aujourd’hui trois langues et joue le rôle d’interface entre les différents acteurs de l’entreprise et son chef. Même l’intelligence artificielle, nouvelle marotte des analystes du marché du travail, ne devrait pas changer grand chose au monde de l’emploi. Celui-ci évolue mais ne change pas en profondeur.

Alors, à quoi ressemblera le travail du futur ? Moins ambitieuses et fantasmagoriques que la robotisation, voici plusieurs pistes de réflexion, déjà en oeuvre, sur la manière dont nous travaillerons demain : coworking, slashing et freelancing, réduction du temps de travail, etc. Rien d’insurmontable, comme l’explique à Forbes Josh Bersin, analyste en ressources humaines et fondateur et directeur de Bersin by Deloitte. En effet, « Le futur du travail est déjà mais il n’est pas aussi effrayant que vous le pensez » !

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Un revenu universel pour tous ?

C’était l’un des sujets de campagne de la dernière élection présidentielle. Mais le revenu universel n’est pas vraiment neuf. Il a déjà expérimenté dans de nombreuses sociétés pour comprendre quel est son impact sur les populations bénéficiaires. S’il ne s’est jamais développé c’est que l’on a du mal à imaginer un monde sans emploi. Et politiquement, il est difficile à défendre. Pourtant, et c’est encore un paradoxe, s’il devait voir le jour en France et n’importe où ailleurs, c’est pour précisément combler un marché du travail incapable de donner un emploi à tous.

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Des semaines de travail de 4 jours

En 1830, un Français travaillait en moyenne 3 000 heures par an. Aujourd’hui, il ne travaille plus que 1 610 heures annuellement. Une baisse liée bien évidemment aux avancées sociales mais rendues possibles par les progrès mécaniques aux gains de productivité qui en ont découlé. Pour faire simple : par exemple un seul paysan produit autant que 50 agriculteurs du 19ème siècle. Et comme, des gains de productivité sont encore possibles, il est possible d’imaginer que l’on pourra encore réduire le temps de travail. Pour rester sur l’exemple du paysan, des fermes sont aujourd’hui suffisamment mécanisées pour que les vaches soient traies uniquement grâce aux machines. Le débat sur une semaine de quatre jours n’est pas nouveau, c’est une revendication éconmomique et politique des années 1990, portée par des hommes politique comme Jacques Delors ou Gilles de Robien, le temps étant de mieux partager le temps de travail entre tous et ainsi réduire le chômage. Le premier de ces deux hommes n’est autre que le père de Martine Aubry à qui on doit les 35 heures. Un américain, Timothy Ferriss va lui encore plus. Il y a 10 ans, il faisait le buzz avec son ouvrage La Semaine de quatre heures. Il y explique qu’il est possible de réaliser 80 % de son chiffre d’affaires en se consacrant exclusivement à 20 % de ses tâches. Voyez avec votre patron pour négocier pour 20 %…

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Danser la « gig economy »

Ce terme signifie tout simplement l’économie des petits boulots. C’est le chauffer Uber, le livreur Deliveroo, le réparateur de grille pain sur Mon super voisin, etc. Dit encore autrement c’est l’ubérisation de l’économie. Selon Marina Gorbis, directrice de l’Institut pour le Futur, les microtravailleurs feront des tâches en fonction de leur agenda, travaillant quand et où ils le souhaitent via des plateformes mettant en relations employeurs et travailleurs.

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Dans cette mouvance, certains salariés ont déjà fait le choix de cumuler plusieurs activités professionnelles, moitié entrepreneur, moitié salarié. Leur nom ? Des slashers. Dans un précédent article, Lucie, Eric, Marion et Héloïse, respectivement photographe-barman, formateur-pigiste, bijoutier-céramiste et urbaniste-conseil, expliquaient pourquoi ils aimaient leur carrière atypique. Il y a aussi tous ces petits chefs d’entreprise – qui ne doivent même pas se considérer comme tels – qui louent leurs biens personnels et arrivent à en tirer un revenu. C’est le propriétaire qui met son appartement à disposition sur Airbnb ainsi que sa voiture les jours où il ne s’en sert pas et qui, pour se déplacer, prend des passagers sur blablacar. C’est le retour de l’économie de la débrouille.

Des salariés sans entreprise et vice versa

Autre tendance qui pourrait se généraliser : le coworking. De plus en plus d’entreprises choisissent en effet de faire travailler leurs salariés à distance pour limiter les frais de bureau. Ces collaborateurs exercent chez eux ou dans des espaces de coworking. Elles le font également si leur siège social est loin de leurs collaborateurs. Elles emploient des salariés qui travaillent alors le plus souvent depuis chez eux.

Parmi les tendances qui pourrait se généraliser, l’entrepreneuriat. En France, le statut de microentrepreneur, anciennement autoentrepreneur, a permis à de nombreux actifs de monter leur entreprise. Une manière simple pour l’Etat de capter de l’argent qui serait parti dans l’économie souterraine et pour ces chefs d’entreprise de cotiser a minima pour leur retraite. Actuellement, il existe 1 183 000 microentrepreneurs réalisant un chiffre d’affaires moyen de 14 078 euros. C’est peu. Surtout que seulement 61 % de ces chefs d’entreprise ont un CA positif.

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Crédit photo Istock

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