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Rencontre avec quatre slasheurs, ces actifs qui cumulent plusieurs métiers

Il y a ceux qui cumulent les petits boulots et bouclent difficilement leurs fins de mois et il y a les slasheurs. Eux aussi exercent plusieurs emplois en même temps mais contrairement aux premiers, c’est par choix. Ou alors ils ont tellement bien intégré et anticipé le futur du marché du travail qu’ils n’imaginent pas qu’il puisse en être autrement. Quoi qu’il en soit, les slasheurs chérissent la souplesse et la liberté que leur offre cette organisation même s’ils ont un emploi du temps bien rempli, voire surchargé. Car contrairement au sens du verbe to slash, ces salariés n’ont pas décidé de se couper du monde du travail mais bien d’avoir la main sur leur emploi.

Aujourd’hui, 4,5 millions d’actifs sont des slasheurs (16 % de la population active). Si c’est parfois subi, leur « double-vie » fait rêver. Près de 30 % des salariés français interrogés par Opionway déclarent qu’ils cumuleraient volontiers deux activités s’ils en avaient la possibilité. Les jeunes sont, évidemment, les plus représentés : 39 % des moins de 30 ans feraient ce choix, contre 30 % parmi les 30-39 ans et seulement 22 % chez les 50-59. Leur motivation ? Tout simplement découvrir d’autres fonctions, donner un sens à leur vie professionnelle ou encore casser la routine. D’ailleurs, 53 % des sondés exerceraient un métier dans un secteur tout à fait différent au leur actuellement.

A l’image des différents slasheurs que nous avons rencontré. Ils s’appellent Lucie, Eric, Marion et Héloïse et sont photographe-barman, formateur-pigiste, bijoutier-céramiste et urbaniste-conseil. Ce qui les motive : une carrière professionnelle variée mêlant le freelancing pour la liberté et un emploi salarié à temps partiel pour la sécurité. Un point qui leur est commun : à choisir entre la vie de bureau ou l’entrepreneuriat, c’est leur entreprise qui primerait. Autre similitude, ces slasheurs sont des forçats du travail. Pour eux, les 35h ça n’existe pas…

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Photographe le jour, Marion est gérante de bar la nuit. « Je pourrais vivre uniquement de la photographie mais il me manquerait quelque chose. D’une part, je suis très active, d’autre part la photographie est un métier solitaire, or j’aime le contact humain ». Pourtant, elle l’assure, si elle devait trancher entre ces deux activités, c’est la photographie qu’elle choisirait. « C’est intellectuellement plus intéressant. Aujourd’hui je n’ai pas envie de choisir. J’aime mes deux métiers malgré les 80 à 90 heures travaillées par semaine ». Le mix de ces deux activités différentes lui permettent de ne pas s’ennuyer. « En France, cela peut encore sembler étrange d’avoir plusieurs emplois – ou alors on pense, dans mon cas en tout cas, que mon activité de photographe ne marche pas – et pourtant les gens ont besoin de diversité ! » Outre les rencontres, le bar lui apporte également une sérénité financière, un « matelas de secours », bienvenue pour les freelances.

Héloïse, salariée céramiste qui exerce également cette activité en tant que free en parallèle d’une entreprise de bijoux, abonde. « Mon activité salariée c’est ma caution auprès des banques pour accéder à la propriété. Même si mon activité d’indépendante fonctionne bien, le salariat apporte une sécurité, c’est rassurant. En contrepartie, il faut se rendre à un endroit à horaire fixe. J’ai fait ce compromis ». Elle non plus ne se voit pas trancher entre ces différentes activités bien que son travail empiète largement sur ses weekends. « Peut-être que ça sera plus compliqué sur le long terme mais je ne compte pas encore arrêter, ce sont deux activités que j’aime ».

Cumulards, les slasheurs ne sont décidément pas faits pour une mono-activité. « Rationnellement, il serait probablement plus intelligent d’avoir un seul emploi mais j’apprécie l’énergie que m’apporte mes deux activités », explique Lucie*. Salariée d’une administration, où elle s’occupe entre autres du Plan Local d’Urbanisme (PLU), elle a développé en parallèle une activité de conseils auprès d’entreprises ou d’associations pour les accompagner dans le développement de leur projet. Deux métiers intellectuellement prenants. Pour avoir du temps pour elle, il a fallu tranché et diminué sa « charge de travail comme cheffe d’entreprise ». Sans y renoncer. D’ailleurs, si elle devait choisir, elle-aussi, ne garderait que cette deuxième activité mais je « ferais tout de même en sorte d’exercer dans l’urbanisme ».

Eric travaille 24 heures par semaine en tant que référent pédagogique au sein de Campus Réunion, une école privée dans le domaine des TIC, et Digital Campus. Une activité qu’il partage avec celles de formateur dans son agence AEF Conseil, de pigiste au Quotidien de la Réunion, de chargé d’enseignement à l’université de La Réunion et enfin celle de mentor chez OpenClassrooms. « Une fois que j’ai fait mes horaires chez Campus Réunion, j’organise ma semaine en petits blocs pour chaque autre mission. Ce qui me plaît c’est la diversité des missions tout en ayant le confort d’un revenu minimum mensuel ». S’il le pouvait, Eric testerait encore de nouvelles choses mais regrette un « manque de temps pour (se) consacrer à de nouveaux projets ». Concernant ses horaires, il réfléchit aujourd’hui à son avenir professionnel mais sait déjà qu’il « aura du mal à travailler 100 % en salariat, à moins de trouver une entreprise motivante, avec des projets variés ». Selon lui, le salariat est intéressant lorsqu’on évolue sur une mission bien définie alors que monter son entreprise permet de tester et de « prototyper de nouveaux services. Et puis il n’est pas toujours facile de trouver un emploi salarié, le freelance, lui, crée son emploi. C’est dans l’esprit du moment. Certes, il est plus rassurant d’avoir une activité salariée pour s’assurer un socle de revenus, et ne pas stresser, mais une bonne organisation en freelance offre un confort similaire ».

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