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  • Futur du travail

Rencontre avec Marc, un « maker » nomade qui travaille depuis sa tiny house

Salarié et freelance, ce jeune designer a décidé d'être acteur de sa vie professionnelle.

Ultra connecté, Marc travaille depuis n’importe où dans le monde – mais avec une préférence pour sa tiny house qu’il déplace en fonction du temps, le plus souvent face à la mer – tout en vantant les bienfaits de la décroissance. Déjà flexitarien, il jure que ses prochains voyages à l’étranger il les fera en train, inspiré en cela par le mouvement écologiste du « flygskam« , qui signifie la « honte de prendre l’avion ». Marc est un jeune homme de son temps, conscient de ses contradictions mais « qui fait au mieux ». A la fois salarié et entrepreneur, il réalise parfois de courtes missions en entreprise mais son salaire principal lui vient de sa petite entreprise de design. Marc se définit volontiers comme un « maker », soit une personnalité inventive qui « adhère à la philosophie du faire soi-même et de l’autonomie d’accès aux objets de consommation, sans passer par le mass-market », comme l’explique la sociologue des organisations Isabelle Berrebi-Hoffmann auprès du journal du CNRS.

« On ne veut pas être passif mais acteur du système et de notre vie professionnelle »

C’est naturellement qu’il a dessiné les plans de sa tiny house, une petite maison sur roulette de 30m2, avec tout le confort à bord, pour ne pas avoir à « s’endetter sur 25 ans et réduire (son) empreinte carbone ». Sa seule véritable dépendance, c’est Internet. C’est son outil de travail principal, celui qui lui permet de répondre à des propositions de piges sur des plateformes mettant en concurrence d’autres graphistes pour des missions ponctuelles auprès d’entreprises. « J’arrive à me dégager un salaire suffisamment élevé pour vivre et, avec mon mode de vie, j’ai diminué mes dépenses : le remboursement de ma tiny house est bien inférieur au prix d’un loyer dans une ville moyenne française. Et puis surtout, pour moi, c’est la liberté ». Ses horaires, il les fait à sa guise. Pour avoir travaillé en entreprise, il assure abattre en 4 heures l’équivalent d’une journée de 8 heures au bureau, « où l’on est toujours dérangé pour tout et rien ».

Quand il se sent un peu trop isolé, Marc va passer quelques jours dans un espace de coworking, à Lorient, Marseille ou ailleurs, en fonction de là où il a posé sa maison. « C’est l’occasion de rencontrer des gens qui ont les mêmes problématiques que soi, d’échanger professionnellement et d’élargir son réseau ». C’est dans un de ses espaces de coworking qu’il a rencontré son amie, Emilie, elle-même rédactrice freelance. Tous deux partagent cette façon de travailler. « Elle a un peu plus baroudé que moi. Elle a financé trois ans de voyage à travers le monde grâce à ses piges, parfois de la communication institutionnelle pour des entreprises du privé, parfois en arrivant à vendre des reportages à des journaux ». Des esprits rebelles, en marge de la société ? Marc pense tout le contraire. Pour lui, ils ne sont même pas en train de dessiner l’avenir mais estiment être de purs produits de notre société. Si travailler dans une seule entreprise toute sa vie ne fait plus rêver depuis bien longtemps les salariés, eux ont sauté le pas. Ils ne sont pas les seuls, aujourd’hui, 4,5 millions d’actifs sont des slasheurs (16 % de la population active), soit des actifs qui cumulent une ou plusieurs activités, mêlant freelancing, entrepreneuriat et salariat.

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C’est aussi en cela que Marc se définit comme un maker : « on ne veut plus être passif mais bel et bien acteur du système et de notre vie professionnelle ». Une manière d’exister qui est aussi un moyen de se prémunir. « Pour nous, la retraite à 60 ans, à se la couler douce pendant, si tout va bien, 20 ans, ça n’a aucun sens. Ce que nous souhaitons, c’est prendre du bon temps, tout le temps et pas seulement cinq semaines dans l’année, tout en ayant conscience que nos actions pèsent sur l’environnement ». Viable sur le long terme ? Marc pense que oui. « Des gens me disent : ‘tu verras quand tu auras un enfant, que tu voudras te poser en vieillissant, il faudra changer ta façon de vivre’. Je pense que ces personnes sont encore dans de vieux schémas de pensée ». Marc n’est d’ailleurs pas vraiment déconnecté, ni contre système. A chaque vacances où il ne vit pas dans sa tiny house, il la met en location sur Airbnb et assure en tirer un très bon prix, vu l’intérêt croissant pour ces roulottes modernes.

Cette rencontre avec Marc n’a jamais eu lieu. Ce portrait-fiction s’inscrit dans une série de billets pour notre rubrique « Futur du travail », qui fait le point sur ce que pourrait être l’emploi demain. Réaliste ? Commentez l’article et dites nous comment vous envisagez le futur du travail et comment vous aimeriez travailler.

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