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Hommes-femmes, les clichés du recrutement

Les stéréotypes ont la vie dure. Si les recruteurs partagent « l’illusion d’égalité face à l’emploi », selon une étude du Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications), dans leurs pratiques ils sélectionnent pourtant volontiers les candidats sur de prétendues compétences liées notamment au sexe des candidats.

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La mixité dans les entreprises répond à cette logique particulière voulant qu’une femme soit par exemple meilleure manager. C’est un « métier pour les femmes : les femmes savent faire passer beaucoup plus de choses avec de la douceur… elles arrivent à faire passer certains messages alors que les hommes sont beaucoup plus brusques », témoigne une responsable RH auprès des auteurs de l’enquête du Céreq.

Des qualités « naturelles » d’organisation des femmes…

Les recruteurs ne sont pas seuls à partager ces pensées du café du commerce. Certains manuels de management érigent même ces « compétences féminines en formule salvatrice pour accroître les performances des entreprises », souligne l’étude. Parce qu’elles seraient plus habiles à négocier et meilleures organisatrices, les femmes accèdent ainsi à des fonctions de cadres au sein des structures. Une bonne nouvelle justifiée par de mauvaises raisons. 

« Nos clients seraient surpris de voir une femme débarquer sur leur parc de machines »

Les compétences des femmes sont aussi parfois mises en avant pour répondre aux attentes des clients. « Pour le métier de commercial, c’est mieux d’être une femme (…) parce que nos clients sont des hommes, du coup, c’est un peu plus facile… », explique un Directeur des ventes d’une PME. Selon le contexte, l’inverse est aussi vrai : « Je pense que nos clients seraient surpris de voir une femme débarquer sur leur parc de machines, en plus le métier est ingrat, mais pourquoi pas… », déclare un autre Directeur de TPE.

Les recruteurs justifient également l’embauche de femmes comme un moyen d’équilibrer les équipes. « Clairement il m’est arrivé de privilégier un homme dans un recrutement pour un poste de comptable, parce qu’il n’y avait que des nanas dans l’équipe, on se serait cru dans un poulailler ! », explique une Directrice RH freelance. Ou encore : « les chefs, les ingénieurs et les techniciens sont pratiquement tous des hommes, on ne va donc pas, en plus, embaucher un homme comme assistant ! »

« Une fille trop jolie, je la recale »

Les entreprises tendent ainsi à favoriser les différences entre les hommes et les femmes. Parfois, le fait d’être une femme peut ne pas suffire et il faut dans certains cas, de surcroît être jeune : « La moyenne d’âge dans les bureaux est de 30 ans… et à 50 ans, ce sont plus des mères que des assistantes », selon une Directrice RH.

La beauté est un autre argument de sélection. « Chez nous, il y a beaucoup d’hommes (…) et il y a beaucoup d’histoires de fesses… Donc une fille qui serait trop jolie et que je trouve un peu limitée en termes de culture générale, je la recale », indique une Responsable RH. Autant de comportements qui entraînent une « construction d’un modèle féminin attendu, souhaitable avec la création d’un modèle idéal de « la » femme à embaucher ».

Un modèle si bien assimilé par les candidats qu’il ne fait que renforcer les stéréotypes des « un-e-s et des autres », conclut l’étude.

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Commentaires
  1. dobou
    11 octobre 2013 - 11h56

    « une fille trop jolie je la recale » de la part d’UNE Responsable RH on se demande si elle a bien assimilé les bases de sa profession. C’est de la discrimination pure et simple ! Venant en plus d’une femme … On marche sur la tête !

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