Fermer
menu

Le recrutement en 2025, entre science-fiction et utopie

La 4ème édition de la #rmsconf, la conférence sur le recrutement mobile et social s’est déroulée le 14 octobre à Paris. Elle avait pour thème principal le recrutement en 2025. Un horizon, à la fois proche et lointain, vers lequel plus de 600 participants, DRH et experts des ressources humaines présents ont essayé de se projeter. Retour sur les principales hypothèses évoquées.

Matrix

Le recruteur futurologue a de l’avenir

« Vous allez changer complètement de métier d’ici 20 ans » a lancé Laurent Alexandre en ouverture de la #rmsconf 2014. Le fondateur de Doctissimmo, chirurgien-urologue et spécialiste des neurosciences a estomaqué le petit monde des RH 2.0 en leur prédisant un cataclysme s’ils ne s’adaptent pas à la révolution des NBIC (les nanotechnologies et les biotechnologies) qui qui va « faire exploser le marché du travail ». Que vont devenir les recruteurs dans une économie où l’algorithme aura pris le contrôle ? Pour Laurent Alexandre, les recruteurs vont devoir se métamorphoser « en futurologues pour deviner comment les métiers des entreprises vont se transformer ». Sous peine de disparaître, comme les dinosaures.

« Si tu es jeune, geek, à fort QI, tu m’intéresses aussi »

Pour les candidats à l’emploi le choc risque d’être rude aussi. D’après le Dr Laurent Alexandre, le QI va devenir le principal critère de recrutement, le séquençage ADN servira aussi à sélectionner les bons profils. Et dans 10 ans, les entreprises auront surtout besoin de jeunes geeks avec une bonne culture générale. Car évidemment, en 2025, les robots feront une bonne partie du travail technique à notre place. Les humains devront eux se spécialiser dans un rôle de généraliste et apprendre à travailler avec les robots. Dans cette révolution des compétences le DRH aura aussi un rôle à jouer.

Les robots, meilleurs amis de l’emploi ?

D’autant que le recrutement, comme d’autres tâches répétitives, sera sans doute confié à terme aux robots. Aujourd’hui déjà, les algorithmes font mieux que les humains quand il s’agit de choisir le bon candidat. Pas de quoi s’inquiéter selon Raja Chatila, spécialiste de la robotique au CNRS : « les robots vont révolutionner les métiers mais induisent aussi des métiers nouveaux ». Pour ce scientifique, il n’y a pas de raison d’avoir peur que les robots détruisent des emplois. Dans une économie robotisée, de nouvelles méthodes de fabrications en petites séries vont émerger dans lesquelles « l’homme aura toute sa place ». Notamment pour coopérer avec les robots et améliorer les performances humaines. Une mutation qui existe déjà dans le domaine de la chirurgie et à laquelle le métier de recruteur ne va pas échapper.

Vers une coopération homme-machine

Le robot-recruteur ce n’est pas de la science-fiction, il existe déjà et s’appelle Matilda. Ce n’est pas le seul que vous croiserez dans les entreprises de demain. Baxter, le robot collaboratif, travaille déjà à la chaîne. Il coûte certes 19.000 euros HT, mais travaille 24/24 sans râler. Il y a aussi Yumi, spécialisée dans les tâches de précision de la microélectronique. Récemment, un algorithme a même été élu au conseil d’administration d’une entreprise chinoise… Les robots sont déjà parmi nous, dans votre téléphone ou votre voiture et dans vos objects connectés. Mais rassurez-vous, les robots peuvent aussi devenir vos meilleurs amis au travail et vous aider au quotidien pour être présent, à distance, avec un avatar. On se dirige donc plus vers une coopération homme-machine que vers un remplacement du salarié par des robots anonymes. Alors préparez-vous à accueillir votre prochain collègue :

Le recruteur de demain : un « brain hacker »

En 2025, l’homme interviendra toujours dans le processus d’embauche. Il aura plus d’éléments à sa disposition pour devenir un vrai découvreur de talents, voire un « brain hacker », capable de révéler le potentiel à un candidat ou l’inciter à postuler avant même qu’il en ait l’idée, simplement en agrégeant des données. Le recrutement prédictif et même pré-cognitif décrit par Jean-Baptiste Audrerie, psychologue organisationnel, ne sont pas les seules hypothèses plausibles pour 2025.

Recrutement par immersion

Pour donner envie aux meilleurs talents de rejoindre l’entreprise de demain, le recrutement se voudra aussi immersif avec l’utilisation de lunettes 3D pour découvrir votre futur employeur. « Les sensations compléteront les éléments objectifs sur le travail pour vous convaincre d’embarquer » a expliqué Jean-Baptise Audrerie en dressant le portrait-robot du recruteur « chasseur de cerveaux » utilisant toutes les technologies à sa disposition pour sélectionner et convaincre le bon candidat : algorithme, sémantique, big data… l’arsenal technologique mis entre les mains du recruteur devrait même lui permettre de « se recentrer plus sur l’humain ».

Disparition du lieu et du contrat de travail

« Revenir à l’humain », le rappel sonne toujours comme un hymne consensuel pour les professionnels des RH. Ce n’est pas nouveau. Plus la débauche d’outils et de technologies est importante plus le besoin d’un retour à l’humain dans le recrutement se fait sentir. Lors de la RMS Conf’ 2014 un autre point de vue semblait être partagé par de nombreux intervenants : le lieu et le contrat de travail tels que nous les connaissons, vont disparaître. C’est déjà acté : le CDI est mort et l’entreprise ne sera plus ce lieu de sanctuarisation du travail. « Le contrat de travail appartient au passé » a affirmé Jean-Marc Mickeler, DRH de Deloitte. Un point de vue confirmé par les autres DRH présents lors du grand débat animé par David Abiker. « L’exclusivité de services va disparaître » a ajouté Emeline Bourgoin, DRH de Dailymotion, qui considère que la clause de non-concurrence est « un frein à la créativité des équipes ». 80% des salariés du site de partage de vidéos made in France bossent d’ailleurs sur des projets en parallèle de leur emploi salarié.

Un lieu de travail globalisé…

La dernière grande tendance du monde des RH de demain, l’intrapreneuriat, va se développer et prendre de la valeur. Nous serons tous à notre manière des entrepreneurs, des freelances proposant des compétences en les cumulant avec un emploi au statut plus flexible. ça changera aussi la donne pour les RH et les managers qui devront fédérer des freelances en mode projet et apprendre à faire travailler ensemble des équipes externes et internes.
Conséquence de tout cela, le lieu de travail va lui aussi disparaître. C’est déjà le cas mais ça va encore s’accélérer : pourquoi aller au bureau quand on peut tout faire à distance, en télétravail ? Les RH devront encore repenser leur rôle et travailler étroitement avec les services informatiques des entreprises pour sécuriser le lien entre un espace de travail globalisé, à la fois partout et nulle part et une entreprise en format réduit, avec peu d’employés et des robots pour les assister. Pas facile de fidéliser des collaborateurs dans ce contexte, même en misant sur des valeurs communes et des notions de « sens ».

… et dématérialisé

La disparition du lieu de travail est littéralement ce qu’on appelle une utopie. Un néologisme imaginé par Thomas More pour décrire une réalité idéale. Le terme vient du grec et signifie « sans lieu » ou « qui se trouve nulle part ». Le travail risque finalement de se dématérialiser dans cette utopie technologique, comme avant lui le marché de la musique ou la finance. Reste une question à se poser : cet avenir utopique et hyper-technologique est-il vraiment l’idéal dont nous rêvons ?

Ces articles devraient vous intéresser
Commentaires

Ajouter un commentaire

Il est possible d’utiliser les balises HTML suivantes :
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>
Ce blog supporte le système Gravatar, pour obtenir le vôtre, inscrivez-vous sur Gravatar.