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Reconversion : tester son futur métier, une étape indispensable

Quand l’envie de reconversion est là, difficile de penser à autre chose. L’idée fait tranquillement son chemin jusqu’au jour où vous vous décidez à franchir le pas ! Avantages, inconvénients… vous avez tout évalué et vous pensez prendre la bonne décision. Toutefois, il manque une corde à votre arc et pas des moindres : vous ne connaissez pas vraiment le métier que vous souhaitez exercer. Si vous passez à côté de cette étape, vous risquez gros…

Beaucoup de Français sont tentés par la reconversion : pour plus de 80 % des Français, 2018 est d’ailleurs l’année de la remise en question professionnelle selon un sondage RegionsJob. Ouvrir une chambre d’hôtes ; lancer son food truck ; ouvrir un restaurant ; créer son agence de communication ; devenir menuisier, charpentier ou cuisinier… Certaines reconversions font rêver les Français. Et si la plupart des projets sont pesés en fonction de leurs avantages et inconvénients, peu d’entre eux font l’objet d’une expérimentation « IRL » (« in real life »). Une erreur selon Yves Deloison, auteur (Réussir sa reconversion aux éditions Heliopoles à paraître en septembre) et journaliste expert en reconversion sur Toutpourchanger.com, pour qui il est très important, d’apprendre à connaître le métier vers lequel on se dirige, « comme pour les métiers manuels par exemple, qui peuvent être plus “physiques” qu’on ne le pense ».

Entre vie rêvée et réalité…

Pierre a vécu cette mésaventure. Ancien journaliste, il ne se sentait plus à l’aise dans son travail. Face à une ambiance délétère, il a voulu changer radicalement de vie. En seulement six mois, il choisit de se tourner vers le métier d’ébéniste. En 2012, il expliquait à Mode(s) d’Emploi : « Je n’étais plus investi à 100% dans mon travail et je repensais à mes rêves de gosse, à mes désirs d’exercer un métier passionnel. J’ai profité d’un plan social pour suivre des formations et j’ai eu la chance de trouver assez facilement un emploi dans ce domaine ». Malheureusement, Pierre n’a pas le coup de cœur escompté pour son nouveau métier : « Je me suis rendu compte que mon métier de journaliste me manquait et que finalement, je n’y étais pas si mal. Aujourd’hui, je sais que j’aurais dû tester dans un premier temps le métier d’ébéniste et chercher à mieux comprendre ce qui ne me plaisait plus à l’époque dans celui de journaliste » concède-t-il.

Gare au syndrome de la chambre d’hôtes

Beaucoup de Français ont ainsi tout plaqué pour monter leur chambre d’hôtes. Certains sociologues ont même évoqué, à un moment, l’existence d’un « syndrome de la chambre d’hôtes ».  Cette envie est particulièrement forte chez les citadins âgés de 30 à 50 ans, tentés par un « retour à la terre », une certaine authenticité et prêts à « gagner moins pour vivre mieux ». Mais le changement peut être brutal dans ce genre de reconversion, avec une perte de revenus pouvant aller jusqu’à moins 50 %. Si le bonheur est dans le pré, « on ne devient pas riche en ouvrant une chambre d’hôtes, mais pour un salaire d’appoint c’est suffisant ! » confirme Marie, 42 ans, qui a ouvert une péniche d’hôtes à Asnières-sur-Seine en 2008. Et travailler pour soi concède-t-elle, ça n’a pas de prix.

Un changement de vie radical « demande beaucoup d’énergie »

David et Pierre, anciens cadres dans l’informatique et les télécoms chez Orange, ont démissionné pour fabriquer et vendre du pain biologique à Erdeven dans le Morbihan. Prudents, Pierre a démissionné de sa société via une rupture conventionnelle tandis que David a bénéficié de l’essaimage, un dispositif permettant de quitter son entreprise pendant plusieurs années avec la possibilité de la réintégrer par la suite. L’idée de monter leur entreprise « a germé après diverses rencontres avec des boulangers », explique Pierre. Ils ont tout appris du métier en se formant notamment à un brevet professionnel de responsable agricole. Un changement de vie radical qui « demande beaucoup d’énergie ». « Je ne m’attendais pas à un projet si lourd » explique Pierre, « d’autant que nous avons monté notre bâtiment, qu’il a fallu apprendre le métier d’agriculteur et se former à la gestion administrative ». Ils ont aussi accepté de « diviser par trois » leur salaire.

« Il faut dépasser sa timidité car le jeu en vaut la chandelle »

Pour éviter au maximum l’échec, mieux vaut donc son futur métier. Mais comment s’y prendre ? Dans un premier temps, tout simplement « en parlant par exemple avec des personnes qui exercent le métier qui nous intéresse et en passant du temps avec elles en situation de travail » conseille Yves Deloison, notre expert de la reconversion. « Il faut dépasser sa timidité car le jeu en vaut la chandelle ».

  • La période de mise en situation en milieu professionnel, une bonne solution

Il existe aujourd’hui de nombreux moyens pour passer quelques jours dans un cadre professionnel spécifique  : Compte Personnel de formation, Pôle Emploi et sa PMSMP, « Période de mise en situation en milieu professionnel »… « Ces périodes permettent aux personnes en recherche d’emploi ou de réorientation de se confronter à des situations réelles pour découvrir un métier ou un secteur d’activité, confirmer un projet professionnel ou initier une démarche de recrutement » explique Pôle Emploi. Une PMSMP dure un mois et peut exceptionnellement être renouvelée une fois. Elle doit avoir pour objectif la découverte d’un métier ; la confirmation d’un projet professionnel ou l’initiation d’une démarche de recrutement.
Elle est accessible aux personnes bénéficiant d’un accompagnement social ou professionnel personnalisé, sans activité et en insertion (demandeurs d’emploi inscrits ou non à Pôle Emploi, bénéficiaires du RSA, etc.) et aux personnes en activité engagées dans une démarche de réorientation professionnelle. (Plus d’infos ici)

  • Tester un métier avec un organisme privé, c’est possible

On trouve également des organismes payants spécialisés dans la découverte de métiers : testerunmetier.com, viemonjob.com, jobsenboite.com, Startisanat, Savoir-Faire et Découverte, ou encore Kokoroe et Les Talents d’Alphonse qui permettent de tester certaines activités…

L’un des rédacteurs de Mode(s) d’Emploi a déjà testé ce genre de démarche pour vous. Dans son article « Reportage : j’ai changé de métier deux jours avec Viamétiers », il a testé le métier de pâtissier. Un métier qui attire beaucoup depuis quelques années : le flot d’émissions culinaires diffusées à la télévision (comme « Le meilleur pâtissier » sur M6 par exemple) a semble-t-il créer des vocations, un peu dans la tendance du syndrome des chambres d’hôtes il y a quelques années…
Conclusion de notre journaliste-testeur après son stage : « Difficile de prétendre faire le tour d’une profession en seulement deux journées. Mais ces stages peuvent être utiles pour des personnes qui ont déjà particulièrement bien réfléchi à leur projet et souhaitent en apprendre davantage auprès d’un professionnel ou encore pour des passionnés qui veulent approfondir leurs connaissances ». Faire un stage reste donc une bonne idée, à condition d’avoir mûri un minimum son projet au préalable.

« Le premier moteur, c’est l’envie »

Ainsi, selon son temps disponible et ses moyens, il est possible et même recommandé de tester un métier avant de se lancer et de changer radicalement d’orientation professionnelle. Car changer de métier implique de nombreux changements à tous les niveaux : organisation familiale, logistique, finances…

Pour notre expert de la reconversion, « le premier moteur c’est l’envie. A force de se poser la question, petit à petit, les personnes “reconverties” ont affiné leurs aspirations. Il y a un processus de prise de conscience, un cheminement. A partir de cette base, on se fixe un objectif et on construit son projet. Et un jour, une discussion, un article lu… le déclic arrive : on saute le pas ».

(Photo : istockphoto.com / Oko_SwanOmurphy)

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