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Reportage : j’ai changé de métier deux jours avec Viamétiers

Un nouvel emploi pour une nouvelle vie… 66% des actifs ont déjà envisagé de changer de métier et 33% veulent le faire dans les trois ans à venir, selon un sondage réalisé par OpinionWay pour l’Afpa. Mais entre désir et réalité, il n’est pas toujours facile de franchir le pas. Certaines sociétés qui proposent des stages de reconversion professionnelle en immersion l’ont bien compris. Leur business ? Faire découvrir un métier en conditions réelles et surtout tester sa motivation à mener un tel projet à terme.

En terre inconnue

J’ai souhaité en savoir un peu plus en faisant appel aux services de Viamétiers, au slogan prometteur : « Pour changer de métier, changez de vie ! » Première étape : le choix d’un métier à tester parmi les 180 proposés. Des plus « communs » – assistant ressources humaines, déménageur, logisticien, etc. – aux plus « fous » : illusionniste, compositeur de musiques, photographes aérostier… Pour joindre l’utile à l’agréable, ce sera finalement le métier de pâtissier. En attendant de briller parmi les cuisiniers stars, je reçois mon Carnet de l’explorateur de Viamétiers visant à découvrir « un territoire inconnu ».

Painsburger

Divisé en trois grandes parties, avant la phase d’immersion, pendant et après, ce carnet permet de faire le point sur ses motivations à changer de travail et à se poser les bonnes questions : Pourquoi ce métier ? Qu’est-ce que ça va changer pour moi, mon entourage ? Quels sont les risques ? Mais aussi de réfléchir aux a priori liés à cet emploi : Que sais-je faire d’utile dans cette entreprise ? Quelles contraintes me semblent surmontables ou encore Est-ce que ce métier est compatible avec la qualité de vie que je souhaite ?

Pâtissier, c’est pas du gâteau !

Des questions qui méritent d’être posées. Autant le côté artisanal du métier de pâtissier m’apparaît stimulant, autant le premier rendez-vous à 7 heures du matin commence déjà à me faire douter. « Moi, je débute à 4 heures », m’explique Geoffrey, qui travaille avec sa femme Céline dans leur boutique Aux délices des anges dans le 14ème arrondissement de Paris.

Laminoir

« On travaille beaucoup mais les salaires ne sont pas mirobolants »

Deux autres personnes ont déjà franchi leurs portes en vue d’une reconversion professionnelle. « Une juriste de formation ainsi qu’un cadre supérieur très bien rémunéré que j’ai tous deux formé. La première qui était véritablement motivée a récemment passé un concours en candidate libre ; le second, je ne suis pas certain qu’il aille au bout de sa démarche. Ce n’est pas faute de l’avoir déconseillé : dans ce métier, on travaille beaucoup mais à moins d’être un pâtissier de renom les salaires ne sont pas mirobolants. C’est peut-être un des effets des émissions culinaires : ça attire de nouvelles personnes vers nos professions mais toutes ne sont pas conscientes des rythmes et des exigences à tenir », poursuit Geoffrey. Me voilà prévenu.

 Tenir le rythme

Après un café bien mérité, les choses sérieuses peuvent commencer. Direction l’arrière-boutique puis l’antre du pâtissier, au sous-sol. « Ici tu as un frigo avec les oeufs et la crème, dans celui-ci la levure. Dans ce bac, le sucre, dans l’autre, la farine. Au congélateur, les pâtes que j’ai préparées en avance pour les croissants et les pains au chocolat notamment. On va commencer avec les croissants, je vais te montrer comment on utilise le laminoir ». Lami quoi ? D’autres informations pleuvent, difficiles à retenir. C’est bien une terre inconnue qui s’ouvre à moi, avec un langage que je ne maîtrise plus. Même les ingrédients changent. Les oeufs ? Des jaunes et des blancs, déjà séparés, contenus dans des briques d’un litre…

Patisseriemaçonnerie

La pâtisserie c’est aussi de la maçonnerie

« Allez on prépare les pains au chocolat puis on va livrer une commande pour un meeting. Regarde la recette, pèse les ingrédients et mélange le tout ! » Je ne cuisine pas pour des amis, ici les quantités sont gargantuesques et il faut suivre la cadence. « Au début, les gens sont lents mais c’est normal », se moque Geoffrey. La pâte est prête, direction le congélateur, avant d’être cuite pour le lendemain. « C’est le secret, il faut toujours anticiper ce dont on aura besoin et préparer à l’avance les produits ». Sabayon, dacquoise, charlotte fraises-rhubarbe, macarons : largement de quoi impressionner mes prochains convives. Choisir le bon moule, passer la spatule, pousser le chocolat dans les angles, arrondir les bords, aplanir… Par certains côtés, la pâtisserie ressemble aussi à de la maçonnerie.

Quel bilan tirer ?

La journée se poursuit jusqu’à 13 heures avant de repartir le lendemain, 6 heures. Au petit-déjeuner ? Croissants maison faits main bien sûr ! Mon premier n’a pas tout à fait la taille réglementaire mais cuit, il est bien moins laid que ce que je craignais. Au sous-sol, les choses s’enchaînent plus rapidement, le geste est encore loin d’être mécanique mais déjà plus sûr. Il me reste encore quelques heures pour m’imprégner du métier et m’intéresser à la réalité de la vie de pâtissier.

Croissant

Est-ce suffisant pour prétendre à une véritable reconversion ? Outre que je ne sois pas particulièrement doué en cuisine, que j’ai des difficultés à émerger le matin, il est difficile de prétendre faire le tour d’une profession en seulement deux journées. Mais ces stages peuvent être utiles pour des personnes qui ont déjà particulièrement bien réfléchi à leur projet et souhaitent en apprendre davantage auprès d’un professionnel ou encore pour des passionnés qui veulent approfondir leurs connaissances. Moi, je repars au bureau, un baluchon de macarons à partager avec mes collègues !

Macarons

 

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Commentaires
  1. 1970made
    13 août 2015 - 15h40

    Votre article est intéressant mais attention aux fautes d’orthographe :

    des personnes qui ont déjà particulièrement bien réfléchi et non réfléchies

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