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Reconversion : ils ont réussi ! La preuve en 50 récits

Le XXI est l’ère de la reconversion par excellence. Les salariés switchent, slashent, deviennent freelance, auto-entrepreneurs… Et les mesures prisent par le gouvernement, ouvrant les droits au chômage après démission dans certaines conditions, encouragent cette tendance.

Changements de métiers, départs à zéro, virages à 180 degrés. Chaque semaine amène son lot de témoignages et récits de changement de vie. Au mieux, on s’en amuse. Au pire, ça nous agace. Serait-on envieux ? Un peu jaloux ? Aurait-on peur de se lancer ? Qu’avons-nous fait de notre AUDACE ? Maxime Fourny, touche-à-tout et serial entrepreneur comme il se définit, a été à la rencontre de 50 Français qui ont osé changer de vie et réaliser leurs rêves. Ils inspirent, ils conseillent… ils vous donneront l’envie, voire même le déclic pour vous lancer !

« Lorsque je suis arrivée, je n’avais pas de locaux, pas de bureau, pas d’adresse… »

Mélanie est une des premières personnes que Maxime Fourny a rencontrée. Issue d’un milieu modeste, elle n’en a pas moins un parcours scolaire brillant : bourse au mérite, prépa, Sciences Po en prévision de l’ENA. Mais Mélanie ne se sent pas dans son milieu et bifurque dans la communication et le marketing où elle passera plus de 10 ans en agence, devenant même associée à 27 ans. Elle adore son métier mais sent bien qu’il a des limites et qu’elle en a fait le tour… En même temps, au fil des rencontres, elle réalise que les entreprises avec qui elle travaille manquent cruellement de talents et de candidats. Déclic ! A 33 ans, malgré les mises en garde de son entourage et sa totale inexpérience du secteur de l’enseignement, elle montera sa boîte à Bordeaux : l’Ecole Supérieure du Digital. « Lorsque je suis arrivée, je n’avais pas de locaux, pas de bureau, pas d’adresse, pas de profs, pas d’étudiants. [Mais] tout ce que je voulais faire était dans ce projet : exploiter mes compétences, développer ma capacité à repérer les pépites, faire grandir les gens, exprimer ma fibre entrepreneuriale… J’étais tellement habitée par le projet que j’ai réussi à emporter les gens »

L’ingénieur devenu rigologue

Plus atypique, l’histoire d’Aymeric fait rire. Et au sens littéral du terme ! Comme Mélanie, il suit un parcours de grandes études irréprochable et intègre l’Ecole centrale de Lyon, pour devenir ingénieur. Un choix « pervers » comme il l’explique : « je me suis insidieusement mis comme obligation de réussir professionnellement et que cela soit reconnu socialement ». Une contrainte qui l’a éloigné de ses propres envies, l’a conduit à des épisodes de dépression chronique avant le pousser à agir. A 25 ans, il quitte le milieu de l’ingénierie et devient conseiller en insertion à Pôle emploi. Un travail où il se sent « plus utile aux autres », mais où il côtoie aussi beaucoup de souffrance, le replongeant dans la dépression. Jusqu’au jour où il dit stop ! « Il fallait que tout change ! C’était une obligation ». Il se laisse alors tenter par une invitation à un « club de rire », jusqu’à en devenir un pratiquant assidu et créer son propre club. « Ce n’est pas évident, on sort de sa zone de confort et on craint les autres ». Mais hors de question de faire demi-tour ! « Je me suis rendu compte que j’étais très à l’aise pour intervenir dans ce type de cadre, et que je trouvais un écho très positif chez les participants ». Aymeric se définit aujourd’hui comme un « introverti épanoui », qui travaille à son rythme, sur des projets qui lui plaisent, alternant moments de ressourcement et moments de partage.

Après le café, l’Anticafé

Difficiles de choisir parmi les 50 histoires de reconversion, mais celle de l’Anticafé donne envie. Leonid est Ukrainien mais vit depuis 8 ans en France. Dans sa vie, ce n’est pas compliqué, Leonid a toujours su qu’il voulait entreprendre. « Je suis même étonné que quelqu’un ne veuille pas être entrepreneur ! ». Des projets, il en a monté plusieurs : lancement d’un magazine, vente de montres suisses, etc. Jusqu’au projet le plus abouti : l’Anticafé, né de deux réflexions. Ayant voyagé, étudié et entrepris dans différent pays, il a beaucoup travaillé dans les cafés. « Mais quand je suis venu en France, c’était quasiment impossible. On se retrouvait dans des fast-foods américains, avec l’odeur de frites et aucun confort ». Et Leonid s’est également souvenu d’un café « à l’heure » en Russie, destiné à une clientèle très différente, pour le soir, les activités culturelles, politiques… C’est du croisement des deux éléments que nait l’Anticafé : un endroit où l’on se sent comme à la maison et où l’on paye au temps passé, tout le reste étant inclus (boissons, nourriture, internet, jeux…). Aujourd’hui, Anticafé compte déjà 12 établissements dans 5 villes en France et commence son ouverture à l’international. Leonid passe beaucoup de temps à gérer sa société et manager les 80 salariés. Mais il a décidé depuis peu de sortir du cercle vicieux dans lequel il est. Il a arrêté de travailler le weekend et termine désormais entre 20 heures et 21 heures. Il prend même quelques vacances… !

Maxime Fourny, on vous connait comme un serial entrepreneur aux projets fous dont celui de créer 13 startups (qui ont du sens) en 12 mois… Pourquoi les gens, à commencer par vous, aiment se lancer des défis ?

Repousser les limites, sortir de sa zone de confort, tester et apprendre de nouvelles choses… Se lancer des défis est un très bon moyen de faire tout cela. Par exemple, en annonçant publiquement que j’allais lancer 13 startups en 12 mois, cela m’a donné la motivation de continuer, même dans les moments difficiles.

 

« Il faut limiter ses défis dans le temps. On peut en fait obtenir 80 % des résultats avec seulement 20 % des efforts »

Et pas besoin d’y sacrifier son quotidien et sa vie. Etant entrepreneur depuis 2011, j’ai eu l’occasion de voir beaucoup de personnes s’épuiser sur des tâches qui n’avaient que peu de valeur. Or, un point important quand on se lance des défis, c’est leur durée limitée dans le temps. Si on gère bien son temps et qu’on fait preuve d’audace, on peut obtenir 80 % des résultats avec seulement 20 % des efforts !

Le point commun entre tous ces défis semble être l’audace. C’est d’ailleurs le titre de votre livre, « Quelle audace ! ». Tout le monde est-il vraiment capable d’audace ?

Lorsque j’ai annoncé la fin et le bilan des 13 startups en 12 mois, j’ai eu beaucoup de retours de la part des internautes, et plusieurs d’entre eux ont utilisé ce mot « audace ». J’ai compris que c’était le point de départ et suis parti à la rencontre d’autres « audacieux » pour mettre en lumière leurs parcours, leurs histoires et faire profiter le plus grand nombre de leurs conseils. L’idée est d’accompagner le lecteur dans une réflexion personnelle pour savoir ce qu’il aimerait vraiment faire… et peut-être sauter le pas.

« L’individu ne veut plus être simplement un employé ou un entrepreneur »

N’est pas aujourd’hui du vu et revu, ce discours autour de la réalisation et l’épanouissement professionnels ? Faut-il vraiment vivre autrement pour être heureux, ou n’est-ce pas là une énième injonction au bonheur au travail ?

Un des points clés de notre société, et de plus en plus avec les générations qui viennent, est que l’individu ne veut plus être simplement un employé ou un entrepreneur… On ne veut plus uniquement être résumé par notre emploi. Et à juste titre ! Les questions de quête de soi et de quête de sens n’ont jamais été aussi présentes et démocratisées dans l’histoire. Nous avons un modèle à créer pour permettre aux entreprises de se réinventer et d’accompagner l’innovation et les idées de chacun. Il faut permettre à tous les salariés qui le souhaitent de se libérer de leur peur de l’échec… Nous vivons un moment historique où chacun peut réellement développer son audace !

Faire le tour du monde de l’artisanat, le conférencier sosie de François Hollande, ramener la nature en ville… Les projets des personnes que vous avez interviewées sont pour le moins… insolites ! Ce livre apporte-t-il aussi des clefs aux personnes en quête simplement d’une meilleure qualité de vie au travail ?

Les 50 audacieux sont justement des « actifs en quête d’une meilleure qualité de vie », au travail mais aussi de manière plus générale. Et avec ce livre on réalise qu’un des points clés de la qualité de vie est l’alignement entre ce que l’on fait au quotidien et ce que l’on aime, ce qui a du sens pour nous, ce qui est en ligne avec nos valeurs.

Un dernier conseil pour aller au bout de ses rêves ?

J’aime beaucoup cette phrase de Goethe qui dit « Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie ».

Quelle audace ! 50 histoires et lecons inspirantes pour aller au bout de ses rêves
Maxime Fourny
Editions Eyrolles
Paru le 3 janvier 2019

18 euros

Crédits : istockphoto.com/Eva-Katalin

 

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