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De nouvelles propositions pour favoriser l’insertion des jeunes

40 propositions d’action pour « changer demain la relation entre l’Ecole et le monde économique », c’est le contenu du rapport remis le 30 octobre dernier à Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur. Lequel a été justifié par « la situation économique difficile de la France dans le monde avec un taux de chômage des jeunes très élevé » et « l’arrivée en Europe de nouvelles populations plutôt jeunes, posant la question de leur intégration par la formation et l’emploi ». Un motif louable quoique plutôt étrange. Mais passons…

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Quatre inspections générales (IGEN, IGAEN, IGF, IGAS), la DGESCO (Direction générale de l’enseignement scolaire), le Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique et la sénatrice (du Rhône) Christiane Demonthès, responsable du projet, ont participé à l’élaboration de ce rapport (lire son interview dans Le Monde). Parmi 40 propositions, Mode(s) d’Emploi en a sélectionné une dizaine :

  • Encourager la création d’un « Club École-Entreprise» dans chaque académie
  • Créer le dispositif « Enseignants pour l’entreprise » : détacher des enseignants quelques mois en entreprise pour y diffuser « une information de qualité sur l’organisation du monde éducatif et d’assurer le tutorat des stagiaires »
  • Constituer un réseau d’enseignants-chercheurs référents par secteur
  • Favoriser la participation des personnels de l’éducation nationale à des stages en entreprise
  • Préparer les acteurs économiques à leurs interventions en milieu scolaire et universitaire
  • Instaurer un stage d’une semaine en entreprise pour les chefs d’établissement et inspecteurs en formation
  • Instaurer un stage pour les élèves de seconde générale et technologique
  • Encourager l’entrepreneuriat étudiant avec la création d’écoles de l’entrepreneuriat.

Les auteurs du rapport ont ainsi dressé la liste des dispositifs existants afin d’en proposer de nouveaux, et répertorié tous les acteurs impliqués, privés ou publics, professionnels ou non.

Des freins culturels et organisationnels

Chacun a été interrogé : élèves, parents d’élèves, enseignants, chefs d’établissement, dirigeants d’entreprises, rectorats… Les entretiens sur le terrain menés pour le rapport ont notamment mis en lumière, hormis les freins structurels, la vision négative portée sur les jeunes par les entreprises, confirmée par les acteurs du service public de l’emploi et des missions locales notamment. De leur côté, les rectorats ont une vision positive du monde économique, tout comme les établissements d’enseignement supérieur et les responsables d’établissements scolaires. Etablissements qui ont parallèlement une vision très négative du service public de l’emploi, qui lui-même regrette les difficultés auxquelles il est confronté pour pénétrer le monde de l’enseignement ! Les dirigeants de TPE, assez critiques vis-à-vis de l’école et des élèves, souhaitent davantage de liens mais sans contraintes supplémentaires pour eux.

Méconnaissance, méfiance, manque de temps sont donc les véritables freins à l’insertion professionnelle des jeunes. C’est en quelques sortes le serpent qui se mord la queue : chacun juge négativement le travail de l’autre et les pratiques sont trop peu uniformisées. De leur côté, les élèves/étudiants souhaitent plus de liens entre les deux mondes : plus de stages, d’informations et de conseils en matière d’orientation.

Des avis peu exhaustifs

On regrettera qu’aucun pourcentage sur les évaluations portées sur chaque dispositif existant ne figure dans le rapport, mis à part des commentaires choisis ici et là (« inutile, peu d’intérêt, pas de réelle plus-value, pas de suivi, manque de lisibilité, jugé positivement, bonnes pratiques »…). Les avis des différentes parties prenantes recensés par la mission d’évaluation semblent toutefois très mitigés sur le fameux stage de 3e, sur les stages des enseignants en formation, ou sur les salons et forums métiers. Alors que l’alternance, l’opération « Les Boss invitent les Profs », les mini-entreprises, la Semaine de l’Industrie, les Comités Locaux Ecole Entreprise (CLEE) sont jugés positivement (page 21 du rapport).

Une mise en œuvre complexe

Le rapport préconise un pilotage national de la politique mais également un relais national avec la création de deux instances : un Club Ecole-Entreprise réunissant acteurs institutionnels et acteurs économiques de l’académie ;  ainsi qu’un Comité Local Ecole-Entreprise (CLEE) à l’échelle de chaque bassin de formation. Comme le précise le rapport, la politique publique proposée est ambitieuse au regard des vastes constats établis par le diagnostic. « Je ne doute pas que le rapprochement entre le monde de l’éducation, de la formation et le monde de l’économie permette aux jeunes d’accéder à l’emploi dans de meilleures conditions et d’évoluer tout au long de leur parcours professionnel » cherche à positiver Christiane Demontès, Cheffe de projet. Nous non plus, nous n’en doutons pas. Encore faut-il que tous les acteurs se coordonnent pour rendre possible ce rapprochement justement.

  • Crédit photo : Philippe Devernay

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