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Quelle place pour les femmes après 45 ans dans l’entreprise ?

Les femmes de plus de 45 ans peinent, plus que les autres demandeurs d’emploi, à retrouver un poste. Pourtant, elles maîtrisent tous les codes et les exigences de leur métier.  Paralysées par la double peine (être senior et être femme), quelle place pour les femmes après 45 ans dans l’entreprise ? Eléments de réponses avec Stéphanie Lecerf, directrice des ressources humaines France du cabinet Michael Page et présidente de l’association A compétence égale.

 

Quelle place pour les femmes après 45 ans dans l’entreprise ?

En tant que recruteurs, nous remarquons qu’après 45 ans, les femmes ont souvent un retard de carrière. Soit parce qu’elles ont fait des sacrifices à titre personnel (dus à des maternités ou des périodes à temps partiel par exemple) qui ralentissent leur promotion, soit parce qu’elles n’ont pas pu évoluer aussi vite que les hommes. Elles ont alors parfois tendance à sous-estimer leurs compétences. Pourtant elles ne doivent pas hésiter à mettre en avant l’expertise et l’expérience qu’elles ont développées pendant toute la première partie de leur carrière professionnelle car elles sont très valorisées par les entreprises.

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Y a t-il des secteurs ou des métiers plus touchés que d’autres ?

Les femmes très diplômées souffrent fréquemment de ces retards de carrière car elles sont sur des postes à responsabilités historiquement occupés par les hommes, d’où leur représentation encore trop faible dans tous les organes de direction. Malgré tout, nous sommes plutôt dans une dynamique favorable pour les femmes cadres, avec un taux de chômage assez bas en situation de plein emploi ou presque. Sur les postes peu ou non qualifiés, la situation est plus difficile pour les femmes de plus de 45 ans qui peinent à retrouver un emploi. Toutefois, il y a une forte pénurie de femmes dans certains secteurs comme l’IT (métiers de la data notamment) et plus généralement sur les métiers techniques. C’est pourquoi de nombreuses actions sont développées pour attirer plus de femmes vers les filières scientifiques ou techniques et ce, dès les études secondaires.

« Les entreprises sont en train de réaliser qu’elles vont perdre des femmes »

A compétences égales, les femmes évoluent moins vite que les hommes : le plafond de verre semble solide…

Le plafond de verre reste effectivement encore trop souvent difficile à percer mais il y a des progrès. Alors que nous faisons face à une pénurie de talents dans de nombreux métiers, les employeurs ne peuvent pas se permettre de perdre des femmes compétentes et expérimentées. D’autant qu’il est désormais largement démontré que la diversité jusque dans le top management favorise la performance. De nombreuses entreprises ont aujourd’hui des programmes actifs (pour exemple le programme Women@Page chez PageGroup), pour permettre aux femmes de se développer professionnellement et de mieux articuler leur vie professionnelle et leur vie personnelle. Je trouve à ce titre très intéressant le débat du moment sur le congé paternité obligatoire et le fait de faire aussi porter aux hommes cette responsabilité. Car oui, la maternité a un impact fort sur la vie professionnelle des femmes. Et à ce jour, la charge repose uniquement sur les femmes ce qui conduit à perpétuer les schémas existants.

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Selon Muriel Pénicaud, la clé c’est la formation, qu’en pensez-vous ?

Il faut se préparer au fait que nos métiers changent plus vite désormais. Le marché du travail n’est plus du tout le même. On sait que dans 10 ans,  près de 50 % des emplois seront des emplois qui n’existent pas encore. Il va donc falloir développer de nouvelles compétences. La clé de l’embauche de demain, c’est avant tout une forte capacité à se former tout au long de sa carrière et le développement de compétences transférables et transversales pour passer d’un emploi à un autre. Les entreprises vont également de plus en plus recruter sur la base du potentiel des candidats, leur motivation, leur adhésion à la culture d’entreprise et leur personnalité. Les compétences techniques, dites hard skills, ne suffisent plus, les entreprises sont désormais de plus en plus à la recherche de compétences comportementales dites soft skills.

« Je trouve alarmant que des femmes soient prêtes à baisser leur salaire pour rester au même poste »

Selon un sondage de l’INSEE, 69 % des femmes se disent prêtes à baisser leurs prétentions salariales pour trouver un emploi, qu’en pensez-vous ?

Je trouve alarmant que des femmes soient prêtes à baisser leur salaire s’il s’agit d’exercer les mêmes fonctions ou le même poste. Mais si elles choisissent délibérément de revoir leurs prétentions salariales car elles souhaitent changer de poste ou d’environnement et privilégier d’autres aspects de leur vie professionnelle ou personnelle, cela ne doit pas être considéré comme négatif comme c’est encore beaucoup trop le cas en France, où l’on valorise encore trop les carrières exclusivement ascendantes.

(GettyImages/Jacoblund).

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