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Quel horizon pour les emplois verts ?

« Croissance verte, emplois verts, quelle réalité pour demain ? » c’était le thème d’une table ronde organisée le 16 juin dernier par le Serce (Syndicats des entreprises de génie électrique et climatique). Un débat entre experts qui a commencé sur cette question que tout le monde se pose : est-ce que les milliers d’emplois verts qu’on nous promet seront au rendez-vous dans les prochaines années ?

Avenir des emplois verts

En ce qui concerne les énergies renouvelables, l’objectif d’atteindre 300.000 emplois en 2020 (contre 80.000 aujourd’hui et 134.000 en 2012 d’après l’Ademe) parait crédible pour Yves-Bruno Civel de l’observatoire des énergies renouvelables : « L’Allemagne a dix d’avance sur nous et nous montre ce que pourrait être le potentiel en France. L’objectif de 300.000 emplois en France n’est donc pas irréaliste ». Outre-Rhin en effet, ces énergies propres représentent déjà 300.500 emplois.

Freins aux énergies renouvelables
Il existe cependant des freins au développement de ces énergies renouvelables. A commencer par une « absence de vision » gouvernementale. « On aurait pu avoir une discussion intelligente en France sur l’éolien et son impact sur le paysage. On s’est épargné ces débats et on a soumis l’éolien, une énergie propre aux procédures ICPE (celles des industries polluantes Ndlr), ce qui est extrêmement négatif » ajoute Yves-Bruno Civel.

Nouvelles façons de travailler
Autre source possible de croissance verte et donc d’emplois : l’amélioration de l’efficacité énergétique qui, selon Guy Lacroix, PDG d’Ineo, « représente un potentiel évolutif indéniable, non seulement en nombre d’emplois mais en diversification de compétences ». Comme le confirme le Serce dans sa synthèse des débats : « l’économie verte est sans doute génératrice de nouveaux emplois mais elle implique des changements de fond : nouvelles compétences, nouvelle approche basée sur l’intelligence collective et nouvelle façon de travailler entre les différents corps de métiers« . Une dimension participative qu’on pourrait d’ailleurs rapprocher du concept-tiroir « d’entreprise 2.0 ».

Besoins en formation
Faire pousser cette croissance verte implique donc d’importants besoins de formation. Rien que dans le secteur du bâtiment, 120.000 personnes devront être formées rapidement pour s’adapter aux nouvelles normes énergétiques. Pour Gauthier Louette, Pdg de Spie, la question de la culture de l’ingénieur se pose également : « les jeunes ingénieurs ont du mal à avoir une vue d’ensemble des problèmes ». Selon lui les écoles d’ingénieurs peuvent aider à transmettre une « bonne culture générale de l’énergie », une vision globale des enjeux aux futurs ingénieurs.

Tout le monde doit se mettre au vert
Mais tout cela va prendre du temps, en particulier pour adapter le contenu des formations initiales et continues. « Six ans environ s’écoulent entre le lancement de la réflexion sur la création d’un nouveau diplôme et la sortie des premiers diplômés » explique Pierre-Yves Cusset du Conseil d’Orientation pour l’emploi. Pour Brigitte Trocmé, de la direction de l’Enseignement scolaire, le défi de la verdisation des métiers passe aussi par « l’intégration des problématiques de développement durable dans des formations qui sont à priori moins sensibles ». Une manière de dire que tout le monde est concerné par les questions de l’environnement et que tous les métiers devront évoluer.

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