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Quel avenir pour l’emploi des seniors ?

Senior businessman using laptopLa France est toujours le mauvais élève européen au niveau de l’emploi des seniors. Le taux d’emploi des 55-64 ans dépasse à peine les 44% alors que la moyenne chez nos voisins est de 50,9%.
Avec l’emploi des jeunes, la question de l’emploi des seniors figure en tête des priorités du nouveau gouvernement. Le dispositif baptisé « contrat de génération » ambitionne d’ailleurs de régler ces deux dossiers en même temps sur un mode de transmission des savoirs qui reste à définir plus clairement.

Des mesures pas forcément respectées

Cette nouvelle mesure qui devrait être débattue début 2013 et entrer en vigueur dans la foulée viendra remplacer les plans d’action seniors obligatoires depuis le 1er janvier 2010. Mais même ces derniers n’ont pas eu forcément l’effet escompté. Car dans les faits, les seniors sont toujours un peu les « oubliés de l’entreprise ». D’abord parce que les accords seniors d’une durée de 3 ans n’étaient pas assez incitatifs : les entreprises devaient fixer des objectifs chiffrés mais n’étaient pas obligées de les atteindre… Ensuite parce que l’autre obligation de mener un entretien de bilan de deuxième partie de carrière (E2PC), n’était pas non plus respectée.

Des efforts à faire sur la formation

Fin 2011, 82% des salariés de plus de 45 ans, interrogés dans le cadre du 11ème baromètre seniors Entreprise & Carrières/Notretemps, déclaraient ainsi ne pas avoir eu cet entretien pourtant obligatoire. Peut-être que le futur contrat de génération viendra remettre un peu cette question au centre des débats et obligera les employeurs à atteindre de nouveaux objectifs ?
Car les entreprises trainent toujours des pieds pour se mobiliser : selon une enquête d’Hays Executive publiée en mai 2012, 79 % des entreprises françaises n’ont pas de politique de valorisation des seniors. Or les salariés les plus âgés sont ceux qui sont les plus exposés à l’obsolescence des compétences. D’après une enquête du Cedefop (Centre européen pour le développement de la formation professionnelle), 16% des seniors européens ont vu leurs compétences être « dépassées au cours des deux dernières années en raison des évolutions technologiques ou des réorganisations structurelles ». La solution passera aussi par une meilleure formation de ces salariés expérimentés. Mais là encore c’est aux entreprises de mettre en place des politiques de formation adaptées à cette problématique.

Une situation paradoxale

Au final, la question de l’emploi des seniors souffre d’un paradoxe : plusieurs mesures ont été prises sans être forcément respectées. Les entreprises ont besoin des compétences des seniors, de leur savoir-faire pour les transmettre aux plus jeunes, mais sans forcément investir pour les développer. Et surtout, le nombre d’actifs âgés de 50 à 64 ans a très fortement augmenté entre 2005 et 2011 (+970.000 personnes selon l’Insee). Sous l’effet du recul de l’âge de la retraite en effet, le taux d’activité des 55-64 ans a augmenté de 3,8% en 6 ans atteignant 44% (contre 50,9% en moyenne en Europe). Mais en parallèle, sous l’effet de la crise, le taux de chômage des seniors a lui aussi augmenté dans une proportion plus importante. En résumé : les seniors sont plus nombreux sur le marché du travail, mais ils ne trouvent pas forcément un emploi. Les différentes réformes ont donc eu des effets contradictoires, en particulier en raison du contexte de crise. La question de l’emploi des seniors reste décidément bien politique.

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