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Pourquoi les salariés français sont-ils fâchés avec l’anglais ?

Big ben with city bus and flag of england, londonCritère de sélection, de promotion ou de mobilité dans beaucoup d’entreprises, l’anglais n’est pourtant pas pratiqué couramment par la plupart des salariés français. Selon le dernier indice EF sur le niveau de compétences en anglais des adultes dans le monde, la France se situe au 23e rang mondial. Des résultats quelque peu inquiétants lorsque l’on sait que 50% des salariés ont déjà été confrontés, dans le cadre professionnel, à une situation en anglais où ils se sont retrouvés en difficulté (Baromètre Wall Street Institute/JobInTree).

A l’heure actuelle, les Français qui maîtrisent le mieux l’anglais ont entre 25 et 35 ans, car ils ont bénéficié d’un enseignement scolaire plus adapté et de l’émergence des formations post Bac à vocation internationale type Bachelor ou MBA… Pourtant, globalement, les actifs n’ont plus vraiment d’excuse, si ce n’est cette inhibition maladive à parler anglais en public, ils peuvent aujourd’hui bénéficier d’un large éventail de formations, même avec un emploi du temps chargé. Explications avec Christophe Libilbehety, Directeur commercial du magazine Vocable.

Pourquoi les Français en général sont-ils si mauvais en anglais après 7 ans d’apprentissage en milieu scolaire voire plus ?

Cela vient principalement de notre enseignement académique, même s’il a beaucoup changé depuis 30 ans. Le nombre d’heures n’a pas été augmenté, et le nombre d’élèves n’a pas été diminué. Mais aujourd’hui, l’apprentissage est plus axé sur la communication. De plus, l’enseignement précoce dans les écoles primaires s’est généralisé, comme chez nos voisins européens.
Il y a aussi un autre phénomène : le blocage des Français par rapport à l’anglais : on cherche à décortiquer la phrase que l’on veut dire en anglais, on a honte de son accent, on craint de faire des fautes… Il y a une vraie inhibition à parler alors que c’est en parlant que l’on apprend.

Est-ce toujours le cas avec l’apparition des MBA et des cursus internationaux ?

On constate une forte différence de niveaux entre les jeunes de moins de 30 ans et les personnes de 40-50 ans. Et cette différence est visible notamment sur certains cursus qui se sont internationalisés avec l’apparition du MBA ou du Bachelor. Aujourd’hui, les jeunes ont plus souvent la possibilité de faire leurs études à l’étranger et pas seulement dans le cadre d’études de langues étrangères.

Quelles sont les conséquences du faible niveau des Français au travail ? A l’embauche notamment ?

On sous-estime souvent les conséquences, en se disant que ce n’est pas cela qui va départager les candidats. Pourtant, aujourd’hui, très peu de secteurs peuvent se passer de l’anglais avec la mondialisation des échanges. Les entreprises elles non plus n’ont pas toujours conscience de l’importance de savoir parler anglais…

Aujourd’hui, quels sont les outils à disposition des entreprises et des salariés pour se performer en anglais ? Y’a-t-il une méthode imparable ?

Il n’y a pas forcément une méthode plus efficace qu’une autre car tout dépend de vos besoins, du temps que vous avez à y consacrer, de vos points forts, de vos points faibles… Le mieux est de vous adresser directement à un organisme de formation qui déterminera, après évaluation de votre niveau, le support le plus adéquat selon vos disponibilités et vos besoins. En formation continue, l’apprentissage est axé sur l’oral et dispensé par des professeurs dont l’anglais est la langue maternelle. On y apprend à être efficace et opérationnel dans une situation donnée : faire une présentation PowerPoint, accueillir des visiteurs, répondre au téléphone, prendre des rendez-vous… Ce sont des formations pratiques, variées et conviviales loin de celles que l’on a pu avoir dans sa jeunesse.

Sur le plan des méthodes, il y a d’abord le cours classique, en face-à-face ou en groupe. Ce genre de formule est idéale pour apprendre à un rythme régulier mais pas forcément si l’on a besoin d’être très rapidement opérationnel. Mais ce n’est pas forcément la méthode idéale lorsque l’on a des contraintes professionnelles et des déplacements.
Pour cela justement, il y a le cours par téléphone qui connaît un certain succès en entreprise. On utilise ainsi exactement l’outil que l’on devra utiliser dans le cadre du travail. Ce type de cours est idéal pour améliorer ses compétences à l’oral et pour les personnes ayant un emploi du temps trop chargé pour suivre des cours de manière régulière. Leur avantage réside dans la souplesse de réservation : le cours peut avoir lieu tôt le matin, tard le soir, n’importe quel jour de la semaine, au bureau, chez vous, à l’hôtel.
Il est également possible de s’auto-former via des dvd, des cds à écouter dans les transports, comme ce que propose Vocable. Enfin, il y a aussi les séjours linguistiques d’une semaine ou de quinze jours.
Mais dans tous les cas, il faut veiller à réutiliser rapidement son apprentissage dans le cadre du travail sans cela on risque de perdre les bénéfices.

Les Français n’ont donc plus vraiment d’excuse pour ne pas s’améliorer…

Ils restent persuadés qu’ils sont carrément « nuls » en langues, notamment par rapport à leurs voisins européens ou qu’ils n’auront jamais le temps d’apprendre. Aujourd’hui, les dispositifs d’apprentissage sont pourtant variés et adaptés à tous les cas de figure ! Il suffit de cibler ses besoins. De plus, les salariés français peuvent utiliser leur DIF dans le cadre d’une formation en anglais.
Le problème actuel est qu’apprendre une langue demande du temps. Mais il n’est pas nécessaire de tout savoir ou d’avoir un accent parfait pour bien communiquer. Le tout est de se faire comprendre et de ne pas faire trop de fautes.

A lire également : « Le niveau des Français en anglais toujours trop médiocre » et « Faut-il passer le TOEIC pour postuler à l’international ? »

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Commentaires
  1. vero
    16 janvier 2013 - 20h42

    c’est simple ma fille de 7ans et étais en maternelle en ecole privée bilingue et elle comprenait pas mal de choses. En CP elle n’a pas fait d’anglais et désormais en CE1 alors qu’elle devrait avoir 2 heures de cours par semaine elle n’a qu’un cours et en janvier 2013 son seul vocabulaire c’est hello how are you, my name is.., I’m happy, sad, angry bref je ne vois comment cela peut motiver les enfants

  2. Anne
    19 janvier 2013 - 11h23

    L’article oublie un point essentiel qui est qu’à la télévision tous les films sont doublés. En Suède ils sont toujours sous-titrés et comme il y a énormément de séries américaines l’occasion d’écouter du vrai anglais parlé par des natifs qui articulent correctement pour les besoins du film est très fréquente. Les suédois sont réputés pour avoir un excellent anglais et un très bon accent. Tous les films sont sous-titrés et cette exposition quasi quotidienne est considérée comme un apport essentiel à leurs bons résultats.

  3. LaLicorne
    21 janvier 2013 - 19h58

    Aujourd’hui et hier , l’anglais à l’école est imposé par nos élites , pour faire le jeu du commerce mondial et être les petits toutous de la superpuissance Américaine , alors pourquoi apprendre l’anglais , si ce n’est pour favoriser le low cost , traiter avec des pays ou la mains d’œuvre est moins chère et priver notre pays de ses emplois et satisfaire nos élites qui persiste à nous manipuler !!! …

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