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Une Française dresse un portrait au vitriol de l’univers des startups berlinoises

Tout le monde ne parle que d’elle… Mathilde Ramadier, pur produit de la Génération Y, a dénoncé « la dictature du cool » en entreprise en critiquant ouvertement le monde des startups dans son ouvrage « Bienvenue dans le nouveau monde. Comment j’ai survécu à la coolitude des startups ». Expatriée en Allemagne, l’auteur de BD y dresse un portrait au vitriol des startups par lesquelles elle est passée outre-Rhin. Pour elle, la startup serait carrément une nouvelle forme de précarisation extrême des travailleurs. Mais pourquoi tant de haine ?

Mathilde Ramadier est ce qu’on appelle une slasheuse. Expatriée à Berlin depuis 2011, elle est diplômée d’un master de philosophie et a été successivement animatrice radio (Radio Campus), DJ, journaliste, auteur de BD, rédactrice-traductrice… Et aujourd’hui écrivain. Nous dirons simplement qu’elle vit avec son temps. Celle qui est donc passée par une douzaine de startup dans la « Silicon Allee » allemande n’est pas franchement tendre avec ses ex-employeurs.

Bienvenue dans la jungle des startups

Son premier job en startup commence apparemment par ce mail : « Chère Mathilde, bienvenue chez The Base ! Tu trouveras ci-joint le Welcome Kit qui t’expliquera tout pour tes nouvelles aventures chez nous. Enjoy 😉 ! » Au menu : smileys, novlangue, coolitude, flexibilité (les retards se « paient » en croissants le lendemain)… Un management du bonheur qui ne tarde pas à dévoiler son vrai visage selon Ramadier : celui d’un monde impitoyable où les salariés sont jetables tout en étant contrôlés, infantilisés, le plus souvent employés en stage, sous-payés, et où les tâches deviennent rapidement inintéressantes… Au final, seul le dirigeant récoltera les fruits du travail de tous ces travailleurs précaires pour mieux s’en vanter dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Dans une interview donnée à l’Usine Digitale, Mathilde Ramadier se défend d’être un lanceur d’alerte mais dit plutôt vouloir « libérer la parole de ceux que l’on n’entend jamais : ces petites mains dont l’histoire est plutôt celle d’un échec, dans cette grande histoire de succès que les startups mettent en scène« . Il faut dire qu’en 4 ans passés au sein de l’univers des startups berlinoises, elle n’a réussi qu’à travailler comme freelance et à aller jusqu’à une période d’essai en CDI… Il y a de quoi être amère.

Tout n’est qu’illusion

A l’Usine Digitale, elle explique d’ailleurs que les « titres ronflants » ne sont que des « cache-misère » : « Dans les offres d’emploi, tout le monde est manager« . Elle-même a été « content manager France » pour un salaire de 960 euros brut en 4/5e. En tant qu’auteur de cet article et « content manager » chez RegionsJob, j’avoue que ce commentaire m’a fait sourire… Sans doute parce que j’ai la chance d’être bien mieux payée que cela.

Bref, toute la culture startup, voire celle de l’entreprise libérée, y passe : hiérarchie horizontale, sympathie, tutoiement, gamification des tâches… Une culture du Lol, une culture du vide pour la jeune femme. Il y a bien sûr « des startupers heureux » concède-t-elle. Mais pour Ramadier, il est temps de redescendre sur terre.
En tant que slasheur, il semble difficile de réellement s’impliquer dans une entreprise à long terme pour en recueillir les fruits justement. Ramadier en a fait les frais et dénonce le mur de cette nouvelle économie dans lequel foncent têtes baissées les jeunes. Espérons qu’ils aient cependant une meilleure expérience qu’elle.

  • Mathilde Ramadier, « Bienvenue dans le nouveau monde. Comment j’ai survécu à la coolitude des start-ups », sortie le 23 février aux éditions Premier Parallèle, 160 pages, 16 euros.

 

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