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Les candidats racontent leurs pires souvenirs en entretien d’embauche

Entre octobre 2015 et janvier 2016, le site emploi RegionsJob a sondé candidats et recruteurs pour sa grande enquête « Candidats vs recruteurs, quelle est leur vision des process de recrutement ?». L’objectif : connaître leurs pratiques respectives pendant le process de recrutement et leurs sentiments les uns vis-à-vis des autres.
6123 candidats et 180 recruteurs ont répondu. Les résultats sont instructifs mais les réponses les plus étonnantes sont sans aucun doute celles à la question ouverte « Racontez-nous votre pire souvenir d’entretien d’embauche ». Un parti pris qui permet cependant de découvrir les expériences vécues par les candidats… Et prochainement, ne manquez pas  les pires souvenirs des recruteurs en entretien !

Entretienembauche

Recrutement : ce qui agace les candidats

L’enquête de RegionsJob a mis le doigt là où ça fait mal, notamment sur ce qui énerve recruteurs comme candidats lors de l’entretien d’embauche. On apprend ainsi que chez les candidats, la plus grande source de frustration à la lecture d’une offre d’emploi est avant tout de « ne pas avoir le nom de l’entreprise émettrice » (cité à 45%). Sans ce nom, les candidats ont en effet plus de mal à faire ce qu’on attend d’eux : personnaliser leur candidature… Les «profils de moutons à 5 pattes » fréquemment recherchés par les recruteurs (compétences multiples, polyvalence, diplômes multiples, 3 postes en un…) arrivent en seconde position des éléments les plus agaçants dans une offre d’emploi (39%). En 3e place, on trouve un « salaire inadapté » (37%).

Autre élément particulièrement frustrant pour les candidats : les recruteurs qui ne répondent pas. 74% des candidats n’obtiennent quasiment jamais de retours sur leurs candidatures : 38% « rarement », 36% « jamais ». Une situation que 89% de ces postulants trouvent anormale et qu’ils considèrent comme un manque de respect.

En entretien d’embauche, les candidats sont agacés avant tout par le manque de précision sur le poste (cité à 58%), puis par les discours stéréotypés (57,6%), et les questions déplacées voire interdites (46,6%), qui agacent d’ailleurs plus les femmes (cité à 65,3%) que les hommes (34,7%).

Quels sont leurs pires souvenirs ?

Les pires souvenirs des candidats se classent selon plusieurs catégories. Il y a ceux liés à l’attitude du recruteur, ceux liés à la logistique de l’entretien parfois compliquée, ceux liés aux questions posées dont beaucoup concernent la vie privée. Et enfin, au-delà des mauvaises expériences, il y a les coups de gueule poussés par des candidats excédés de multiplier les échecs et les rendez-vous sans résultat. Bien sûr, tous les candidats ne sont pas de bonne foi (les recruteurs non plus me direz-vous), mais certains souvenirs ne s’inventent pas ! Mode(s) d’Emploi en a fait une sélection pour vous :

Les trajets inutiles, une « plaie »

Ils ont le don d’énerver nos candidats et sont le sujet principal de leurs pires souvenirs. Un internaute cite comme exemple : « faire un trajet de 2h pour un entretien à Paris et s’entendre dire : on ne vous recevra pas en entretien car nous avons décidé de prendre la personne passée juste avant vous ». Les candidats ne revendiquent pas systématiquement la prise en charge de leurs frais de déplacement. Mais leur coût passe très mal quand le recruteur change d’avis au dernier moment, sans les prévenir, sans s’excuser ni même leur donner une quelconque raison, comme pour cette candidate qui regrette avoir fait « 600 kms pour me faire recevoir par un salarié car le Directeur général avait changé d’avis sur la création du poste » ou un autre qui raconte ses « 6 heures de route aller et autant en retour, pour un recruteur en retard de 30 minutes, qui ne s’est pas excusé et qui n’a même pas eu la politesse de me rappeler pour me dire que je n’avais pas décroché le poste ».

L’attitude des recruteurs en question

Les retards passent également mal. « Le recruteur est arrivé avec 45 minutes de retard sans prévenir » raconte un internaute. « Il ne s’est même pas excusé et a mis 20 minutes à s’installer avant de me recevoir ». Ce type d’anecdotes est monnaie courante pourtant. Un autre raconte « un entretien pour lequel les recruteurs m’ont fait attendre plus de 30 minutes dans une petite pièce adjacente à la salle où se trouvait un autre candidat au poste et l’insonorisation n’étant pas parfaite, j’entendais leurs échanges ». Au-delà du retard, les répondants pointent du doigt le manque de tact de certains recruteurs. « L’on a osé me dire avant même de commencer l’entretien : nous vous prévenons, nous avons déjà trouvé la candidate idoine ».

D’autres internautes relatent des entretiens multiples sans aucun rappel ensuite, des déplacements dans des entreprises fantômes injoignables une fois sur place… La violence verbale est même au rendez-vous, avec des recruteurs qui font « pleurer les candidates », ou cette candidate qui raconte : « Le recruteur m’a fait passer l’entretien pour me dire à la fin : « de toute façon vous ne serez pas prise car vous êtes trop grosse et vous ne pourrez jamais bouger votre cul assez vite ». »

Des situations insolites, parfois drôles, parfois moins

Il arrive que l’entretien n’ait même pas lieu, comme pour ce candidat qui raconte avoir eu « un entretien d’embauche une semaine après avoir commencé à travailler… », ou cet autre, qui raconte : « mon premier entretien a été annulé pour tenue incorrecte, je portais un jean ». Certains internautes relatent des expériences étranges : « On m’a questionné sur mon signe astrologique pour ensuite me faire mon thème ». Voire inconfortables : « En tant que commerciale, on me demande régulièrement de vendre un morceau de sucre et une fois, un recruteur m’a demandé de le tutoyer et de faire comme si c’était lui le sucre… Horrible ! Bien sûr j’ai stoppé l’entretien et il m’a harcelé pendant des semaines pour m’embaucher ». On imagine les véritables intentions de cet employeur. Heureusement, ce genre de situation est rare, même si le sexisme existe tout comme les questions déplacées. Celles-ci font d’ailleurs partie des choses qui agacent le plus les femmes en entretien (à 63,3%), alors qu’elles ne figurent qu’en 6e position pour les hommes, qui citent en premier le retard du recruteur.

Le ras-le bol des seniors

Face à ces situations, beaucoup de candidats sont découragés et ne savent plus quoi faire. « Quand je postule à un poste qui correspond à mes compétences, il manque toujours un point de détail […]. Si je postule à un poste inférieur à mes compétences, on me dit que je vais m’ennuyer et que je vais partir à la première occasion. Que faire alors ? » se demande un internaute. « Quand on sort de l’école, pas d’expérience, idem après un reclassement. Comment voulez-vous trouver du boulot si on ne nous donne pas notre chance. […] Derrière moi, j’ai 20 ans d’expérience dans plusieurs domaines » s’indigne un autre. Les difficultés rencontrées par les séniors sont récurrentes : « Je n’ai pas eu un seul entretien sur plus de 200 candidatures bien que mobile à l’international et disposant d’une certaine expérience et expertise dans mon domaine. J’ai 60 ans ».

Pourquoi tant d’incompréhension(s) ?

Même anecdotiques, toutes ces expériences traduisent bien l’incompréhension qu’il peut exister entre candidats et recruteurs, et les efforts qui sont à faire des deux côtés.

Les employeurs sont 64% à affirmer répondre systématiquement aux candidats. Pour ceux qui ne le font pas, la raison invoquée par plus de la moitié des recruteurs est qu’ils reçoivent trop de candidatures pour répondre à toutes (57,1%) et l’autre moitié (42,9%) invoque le manque de temps. A leur décharge, 65% des recruteurs disent être frustrés de recevoir trop de candidatures non ciblées.

« La crise a conduit beaucoup de candidats à se retrouver en situation de chômage longue durée, et ainsi à postuler à tout et n’importe quoi, même si le poste n’a rien à voir avec leur secteur d’activité ou leurs compétences » commente Liselotte Huguenin-Bergenat, RRH de RegionsJob. « C’est une erreur et une perte de temps pour le candidat comme le recruteur. Cela pourrait même leur porter préjudice si jamais un jour un poste qui leur correspond réellement est disponible dans l’entreprise en question. » 

Bientôt, vous pourrez découvrir l’envers du décor à travers les témoignages des recruteurs sur leurs pires souvenirs d’entretien d’embauche.

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Commentaires
  1. en colère
    6 avril 2016 - 19h11

    C’est marrant quand je lis cet article je me retrouve dans plusieurs cas…Avoir fait 400 kms pour m’entendre dire que le recruteur ne pouvait pas me recevoir, qu’il était en déplacement et de revenir demain. La porte du cabinet était fermée et j’ai dû l’appeler….Hotel la veille + hôtel le jour même bien voyons…..je suis pas à leur disposition aussi….je fuis les cabinets et les pseudos recruteurs et autres gamins en culotte courte.
    Postuler dans le secteur qui me correspond et m’entendre dire que je ne suis pas ingénieur…Ingénieur en quoi et pour quoi faire? Aujourd’hui tous les jeunes sont ingénieurs ou ont des formations équivalentes….pas à mon époque dans les années 1980……Et j’ai déjà prouvé ce que je valais..
    Poste à niveau inférieur: vous allez vous ennuyer et combien de temps allez vous rester?…abrutit, il n’y a plus de boulot en france, comme cadre je suis prêt à prendre un balai (avec tout le respect pour les agents d’entretien bien entendu)
    Vous ne sortez pas de l’école biloubilou…euhhh oui et???
    Se déplacer pour rien car le poste n’existe pas ou effectivement pourvu ou le recrutement a été suspendu et c’est au cas où….Euhhh qui paye mes frais..
    Les 98% d’absence de réponse et encore je suis gentil…Les recruteurs qui ne savent que lire leur fiche et dès qu’on rentre dans le vif du sujet sont largués mais ne veulent pas le montrer mais ça se voit aussi facilement que l’acné qu’ils ont sur la tronche….le téléphone qui sonne sans arrêt…
    La multitude d’entretien …mais idiots bêtes…faites un jury et tout le monde y sera gagnant….
    La pire frustration, dans 3 sociétés avoir passé 4 entretiens et je devais être présenté pour une dernière formalité au DG ou président et ben non, qqun a ouvert la porte de derrière et oupppsssss suis passé à la trappe.
    Le plus frustrant est pour une mairie ou cv validé par le cabinet, la DRH, la DG et je devais être présenté au maire qui a délégué sa chef de cabinet qui visiblement était emmerdé de faire passer un entretien a refusé ma candidature….La raison: aucune, tout le monde a été surpris…..
    Donc si vous ne voulez plus de nous après 45 ans, mettez nous devant un mur et pan….étant donné que nos gros tout mou du gouvernement avec son chef en tête ne parle que des jeunes, des jeunes et des jeunes…
    Le trop vieux après 50 ans on me l’a dit au téléphone, mais personne ne veut l’écrire…et s’entendre dire ça par des morveux qui pourraient être mon fils….

  2. jbk
    27 septembre 2016 - 0h59

    En colère votre message est véridique. Je pourrai aussi etre votre fille et quand je vois les difficultés rencontrés par les jeunes seniors pour retrouver un emploi je suis également en colère. Mon père a été et est confronté à la même situation après un licenciement. Certaines boîtes privilégient l emploi de candidats plus âgés et plus expérimentés mais cela reste pour des cdd et rarement pour des cdi. Et elles sont encore trop peu nombreuSes. Quand aux recruteurs incompétents on y a tous je crois été confrontés au moins une fois dans notre parcours pro. Enfin je crois!
    Bon courage à vous!

  3. jbk
    27 septembre 2016 - 1h00

    Désolé pour les fautes je ne me suis pas relue

  4. richter
    17 novembre 2016 - 9h05

    Oui, lorsqu’on a 54 ans on ne trouve plus de travail. Moi, on m’à licenciée à 51 ans suite à un cancer, je travaillais en tant qu ouvrière d usine. Pour mon employeur, je n étais plus productive donc licenciée et la je galère, je ne trouve rien. Nous , on nous veut plus on nous laisse tomber. Il N y en a plus que pour les jeunes. Alors tuez nous. Je suis à bout psychologiquement et matériellement

  5. Olivia NME
    23 janvier 2017 - 19h00

    Tiens bon Richter ! J’espère que les choses iront bien mieux pour toi 🙂
    Courage !

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