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Patrons : ces rémunérations qui font scandale

Retraites chapeau, parachutes dorés… Les indemnités perçues par les grands patrons lors de leur départ font souvent polémique, notamment lorsqu’elles atteignent des millions d’euros. C’est le cas de Philippe Varin, Président du directoire de PSA Peugeot-Citroën, dont la retraite chapeau devait atteindre 21 millions d’euros. Indignation de l’opinion publique et des syndicats, alors même que le gouvernement avait annoncé qu’il ne souhaitait pas légiférer sur les rémunérations des dirigeants du privé, faisant confiance à l’autorégulation existante…

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Au 1er janvier 2014, le patron de PSA Philippe Varin, 61 ans, partira à la retraite et sera remplacé par Carlos Tavares. Mais cette sortie ne se fera pas en toute discrétion… La CGT  du site Peugeot-Citroën de Sochaux a en effet mis au jour un document officiel révélant que PSA avait provisionné près de 21 millions d’euros afin de verser à Philippe Varin 310 000 euros par an pendant 25 ans après son départ. Un montant qui passe très mal dans le contexte actuel. Le MEDEF a même annoncé mercredi sur Twitter l’auto-saisine de son instance déontologique.

Réaction de PSA

Mais sous la pression, Philippe Varin a rapidement déclaré renoncer à sa retraite « compte tenu de la polémique que ce sujet a suscité ». Le Groupe PSA avait quant à lui apporté certaines précisions via un communiqué, précisant que : « Les sommes provisionnées qui apparaissent dans le document de référence des comptes de l’exercice 2012 (21 millions d’€) ne constituent en aucun cas une indemnité qui serait versée à Philippe Varin à son départ. Il s’agit d’une provision pour couvrir le complément retraite qui lui serait versé dans la durée, dans le cas où il achèverait effectivement sa carrière dans le Groupe et tenant compte d’un départ à 65 ans. » […] « Par ailleurs, le Groupe souhaite rappeler que Philippe Varin a également renoncé à toute forme de rémunération variable depuis 2011. » Des explications qui n’ont pas réussi à convaincre ni la CGT, ni les médias ni l’opinion publique.

« Je ne toucherai ni maintenant ni plus tard la somme des 21 millions d’euros » .

Pas le premier ni le dernier…

A bien y regarder, le cas du patron de PSA est loin d’être isolé, et la liste des rémunérations qui ont fait scandale est finalement assez longue :

  • 2000 : le patron de ELF Philippe Jaffré, part avec 40 millions de francs d’indemnités et des stock-options à hauteur de 200 millions de francs.
  • 2002 : Jean-Marie Messier empoche de la part de Vivendi un chèque de 20,5 millions d’euros.
  • 2003 : Pierre Bilger quitte Alstom avec un chèque de 4,1 millions d’euros. Somme qu’il rembourse en août sous la pression médiatique.
  • 2005 : Daniel Bernard quitte Carrefour avec 9,8 millions d’euros, mais les 29 millions d’euros provisionnés par le groupe pour financer la retraite « surcomplémentaire » font polémique.
  • 2006 : EADS se sépare de son patron Noël Forgeard  pour 8,2 millions d’euros. La même année, Antoine Zacharias est remercié par Vinci qu’il quitte avec 12,9 millions d’euros et une retraite de 2,2 millions d’euros par an. En mai 2008, il est tout de même débouté de sa demande d’indemnisation de 81 millions d’euros pour les stock-options qu’il n’a pas pu toucher.
  • 2007 : Laurence Danon aurait quitté Printemps avec l’équivalent de 6 ans de salaires, soit 2,5 millions d’euros.
  • 2008 : Patricia Russo, directrice générale et Serge Tchuruk, président du conseil d’administration, quittent Alcatel-Lucent avec respectivement 6 millions et 5,7 millions d’euros. Face au plan social et aux 12 500 licenciements subis par les salariés, la pilule passe mal… C’est aussi la même année que le gouvernement sauve la banque franco-belge Dexia et oblige son patron Axel Millier à renoncer aux 3,7 millions d’euros indemnités de départ auxquelles il pouvait prétendre. Enfin, en pleine affaire Kerviel, Daniel Bouton, Président de la Société Générale, touche 1,3 millions d’euros lors de son départ.
  • 2009 : Thierry Morin est mis à la porte par Valeo avec un chèque de 3,2 millions d’euros malgré les énormes pertes de l’entreprise.
  • 2011 : Groupama se sépare de son DG Jean Azéma en lui versant 3 millions d’euros d’indemnités. Lars Olofsson, PDG de Carrefour, part avec 1,5 million d’euros.
  • 2012 : Franck Esser est remercié par SFR pour 3,9 millions d’euros. Jean-Bernard Lévy quitte Vivendi pour « divergence stratégique » avec 3.9 millions d’euros.
  • 2013 : Denis Hennequini est débarqué du groupe hôtelier Accor avec une indemnité de départ d’environ 4 millions d’euros.

L’exemple suisse

La Suisse, érigée en exemple, a voté l’interdiction des parachutes dorés des patrons des sociétés suisses cotées dans le pays ou à l’étranger il y a 8 mois déjà (à 68%). En revanche, les salaires des grands patrons ne seront finalement pas limités.

En France, dès 2007, le gouvernement en place avait promis la fin des parachutes dorés, sans suite… Aujourd’hui, Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici ont demandé à PSA de « reconsidérer le montant ou les modalités de la retraite chapeau de son président du directoire », et le Président Hollande a salué « la sage décision » de Philippe Varin de renoncer à sa retraite complémentaire… Le MEDEF quant à lui a invoqué « l’autodiscipline » comme moyen de régulation. Bref, pas question de légiférer pour le moment. Et si le chef du gouvernement Jean-Marc Ayrault souhaite s’inspirer du modèle suisse, pour l’instant, seul un alourdissement de la taxation des parachutes dorés et des retraites chapeaux a été prévu dans la loi de finances rectificative de 2012.

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