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Nouveaux modes de travail : et si les Français n’étaient pas prêts ?

D’après une étude réalisée par l’institut CSA pour la société de conseil en immobilier d’entreprise JLL, le digital transforme en profondeur le quotidien des Français, dans leur vie de citoyens, de consommateurs mais surtout de travailleurs. Mais sont-ils réellement prêts à ce futur ?

Les technologies se sont largement banalisées

Des milliards d’appareils connectés, des milliards de données, l’explosion de la Data, la robotisation, etc. Ce qui n’était qu’un scénario de science-fiction il y a encore quelques années, est devenu une réalité dans une majorité d’entreprises. Au point que, désormais, la technologie se banalise pour devenir une « commodité ». Elle n’est plus l’apanage des sociétés du numérique : toutes les entreprises de tous les secteurs doivent désormais les intégrer et les maîtriser. Une profonde révolution qui permet aux petites structures de rivaliser avec les plus gros, comme en témoignent les success story d’Uber, Amazon, Netflix, Spotify…

Ces entreprises ont su tirer leur épingle du jeu en créant de la valeur qui n’existait pas auparavant. Autrement dit, ce n’est pas uniquement pour leur investissement dans des outils ultra-technologiques qu’elles font tant parler d’elles, mais surtout pour l’expérience qu’elles proposent aux consommateurs. « Bien plus qu’une solution pratique ou un service, ces acteurs proposent un nouvel art de vivre. Uber n’est pas une application de réservation de VTC, mais une alternative à la possession de voiture. AirBnB n’est pas une solution de logement, mais une nouvelle façon de voyager… », explique l’étude. Si le Français en tant que consommateur a su adopter ces nouveaux modes de vie, le Français travailleur est-il prêt à tant de changements et de flexibilité dans le cadre professionnel ?

Plus d’un travailleur sur 2 parie sur la fin du CDI

Interrogés sur leur futur au travail, les Français sont circonspects. Ils ont conscience de l’ampleur de la transformation en cours, mais seuls 30 % estiment crédible la mort des grandes entreprises d’ici quelques années par exemple. Une projection qui est néanmoins plus répandue chez les moins de 25 ans, avec 1 jeune sur 2 qui parie sur ce scenario. Même constat pour les méthodes de travail « agiles ». Les Français jugent les entreprises encore trop hiérarchisées, et à peine 3 actifs sur 10 parient sur la fin de ce mode d’organisation pyramidal.

En revanche, ils ont largement intégré l’idée que, demain, l’heure sera à la flexibilité : flexibilité des horaires bien sûr (62 %), liberté et souplesse dans le quotidien, mais également flexibilité du contrat de travail. Plus d’1 travailleur sur 2 estime crédible la fin du CDI, et 1 sur 4 va jusqu’à prophétiser la fin du salariat. « Beaucoup de jeunes se projettent dans un univers de multi-activités, se voyant endosser différents rôles dans leur entreprise, ou offrir leurs services à plusieurs employeurs, sans être liés à un métier ni à un patron unique, comme leurs aînés ont pu le concevoir. De même que les consommateurs n’achètent plus des biens et des services, mais des expériences, ces jeunes travailleurs sont plus en quête de sens et de vie, que de travail ».

Deux tiers des Français encore méfiants

Ces nouvelles perspectives d’équilibre entre l’employeur et le travailleur séduisent donc avant tout les jeunes générations Y et Z alors que deux-tiers des Français interrogés réprouvent ces bouleversements, convaincus de l’impact négatif sur leur métier et leurs conditions de travail. La génération X, intercalée entre celle des baby-boomers et la génération Y, tout comme les salariés des grandes entreprises sont les plus inquiets. Pour eux, ces transformations sont surtout synonymes de précarisation et d’insécurité.

Inversement, près d’1 travailleur indépendant sur 2 (47 %) accueille très favorablement ces évolutions, qu’ils estiment porteuses d’opportunités (contre un quart des actifs en moyenne). « Parmi les ambassadeurs de cette vision, les ‘alternactifs’ (population réunissant les travailleurs indépendants et ceux qui cumulent un emploi salarié avec une activité indépendante, sont particulièrement séduits par ces nouvelles règles du jeu qui feront émerger de nouveaux métiers ».

3 types de travailleurs cohabiteront en 2030

Loin de se projeter sur des dizaines et des dizaines d’années, JLL et le CSA annoncent déjà de profonds bouleversements dès la prochaine décennie.  « 2030 connaîtra l’avènement de nouveaux formats organisationnels », peut-on lire dans l’enquête, à commencer par la généralisation du mode projet, qui s’appuiera sur le recours à une force de travail sur-mesure, hyper-spécialisée et flexible. Les entreprises feront dorénavant appel à des prestations de freelances, de consultants, de salariés temporaires, etc., qui apporteront leurs compétences sur des missions plus ou moins longues. « Le salariat ne sera peut-être qu’une exception historique, liée à la révolution industrielle, et amené à disparaître dans les prochaines décennies » va même jusqu’à envisager l’étude.

Entre temps, les robots viendront automatiser les tâches à faible valeur ajoutée pour permettre aux travailleurs d’abandonner les missions routinières pour se concentrer sur des activités de créativité et de développement. « Ces robots ne remplaceront pas systématiquement le travail humain : ils viendront dupliquer ses capacités. On verra se banaliser la collaboration homme-machine », précisent les experts de l’institut CSA.

Face à ces nouvelles conceptions du travail, 2030 verra émerger et cohabiter 3 nouvelles catégories d’employés :

  • Des employés traditionnels – salariés.
  • Des travailleurs temporaires, incluant des freelances et des prestataires experts, recrutés sur des plateformes de crowdsourcing.
  • Des travailleurs « autonomes », algorithmes et robots, pouvant automatiser et augmenter le travail réalisé par leur alter ego.

Des travailleurs qui, contre toute attente, se disent finalement prêts à cette révolution, puisqu’ils sont 52 % à plébisciter la relève des robots pour les tâches les plus pénibles, et 52 % également à considérer le travail flexible comme un choix et comme une opportunité plutôt que comme un mode de travail subi.

Quiz : connaissez-vous les nouveaux travailleurs ?

Demain, les identités des travailleurs, les compétences et les rôles de chacun ne seront plus figés : les repères traditionnels qu’étaient l’unique emploi et la retraite s’effaceront pour faire émerger de nouveaux besoins de cohérence, de fluidité, de liberté, de sens, de droit à l’erreur, de capacité de rebond. Autant de changements qui donnent lieu à des nouveaux mots. Connaissez-vous vraiment les nouvelles terminologies du monde du travail ?

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Commentaires
  1. John Arktor
    5 mai 2017 - 11h37

    Ce n’est pas qu’on est pas « prêts », ce qui impliquerait que ça doive inévitablement arriver, et que ce serait l’évolution normale voire souhaitable.
    Non, c’est qu’on n’en veut pas, de votre modèle inhumain. On ne sera JAMAIS prêts.

  2. Nouveaux modes de travail : et si les Français n'étaient pas prêts ? – Mode(s) d'emploi – Agence Morse
    30 mai 2017 - 9h46

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