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Théma Jeunes diplômés : Découvrez les initiatives de nos partenaires

Nos Quartiers ont des Talents : des parrains pour trouver un emploi

Selon une étude du Ministère de l’Enseignement Supérieur publiée récemment, 9 diplômés de Master sur 10 ont trouvé un emploi dans les deux ans et demi après la fin de leurs études. Un chiffre excellent qui recouvre cependant des inégalités selon les cursus choisis, mais aussi et surtout, selon la situation sociale et/ou géographique des jeunes. En réponse à ces disparités, l’association Nos Quartiers ont des Talents (NQT) œuvre depuis plus de 10 ans pour favoriser l’entrée dans l’emploi des jeunes diplômés grâce à une système de parrainage par des cadres, voire des dirigeants d’entreprise. Retour sur ce projet, né d’une expérimentation en Seine Saint Denis, et qui couvre aujourd’hui l’ensemble de l’Ile-de-France ainsi qu’une dizaine de régions en métropole et quatre territoires d’Outre-mer.

 Faire se rencontrer deux mondes que tout oppose

« Faire se rencontrer deux mondes que tout oppose, à savoir les entreprises installées en Seine Saint-Denis et les jeunes diplômés de ce territoire, mettre à disposition de ces jeunes un réseau de professionnels de haut niveau, les préparer au monde de l’entreprise en leur enseignant les codes et les techniques de savoir-être, valoriser l’égalité des chances et booster l’ascenseur social ». Tels étaient les objectifs à l’origine de l’association, explique Bertrand Chédé, responsable national de NQT en charge des partenariats et des bénéficiaires. Une initiative qui a naturellement pris la forme d’un parrainage.

Des jeunes à Bac+3 et plus

NQT accompagne les jeunes diplômés Bac+3 et plus (Bac+4 et plus pour l’Île-de-France), âgés de moins de 30 ans, et résidant dans les quartiers prioritaires ou issus de milieux sociaux défavorisés. « Il s’agit là d’un public très minoritaire, qui ne représente que quelques pourcents des cohortes de Pôle emploi. On pourrait donc penser que ces jeunes hautement diplômés sont les moins éloignés du marché de l’emploi, et pourtant, aucun dispositif n’existait pour eux auparavant ».

Aujourd’hui, la moyenne d’âge des jeunes parrainés est de 26 ans, avec une majorité de jeunes femmes (65 % contre 35% de jeunes hommes). Si le niveau Bac+3 est la porte d’entrée, la majorité des candidats se présente à Bac+5, avec des parcours généralement universitaires – les grandes écoles n’étant pas le cursus le plus répandu dans les milieux sociaux les plus modestes. Une fois identifiés, ces « talents » sont mis en contact avec des cadres en activité, ayant déjà 8 à 10 ans d’expérience professionnelle.

Un coach qui devient vite un partenaire

Concrètement, le parrain est là pour coacher le jeune, l’aider et le motiver dans sa recherche d’emploi. Il l’accompagne sur ses outils de recherche, sur son CV, sa lettre de motivation et ses entretiens. Il participe également de l’élaboration du projet professionnel du jeune en l’aidant à se repérer dans ses souhaits d’insertion professionnelle en matière de secteurs d’activité, de métiers, de structures… Le parrain ou la marraine est là également pour aider son filleul à constituer et entretenir son réseau.

La première rencontre est primordiale et se fait au sein de l’entreprise pour que le jeune s’imprègne des codes de celles-ci et rencontre son interlocuteur. Par la suite, « pas de règle » explique Bertrand, « le parrainage repose sur un principe de flexibilité. C’est au parrain et au filleul de construire leur collaboration, en fonction des besoins, des attentes et des disponibilités de chacun ». De manière générale, les deux se retrouvent 2 à 3 heures par mois pour échanger par mail, dans un café, au bureau.

Et au-delà de la relation de parrainage, l’expérience est avant tout une rencontre humaine avec des parrains-filleuls qui, une fois de job acquis, deviennent souvent des partenaires professionnels par la suite.

Un CDD long ou un CDI à la clé 

A ce jour, depuis 2005, ce sont plus de 33 000 jeunes qui ont déjà bénéficié d’un parrainage. Un accompagnement qui dure en moyenne 6 mois, « sachant qu’il n’y a pas de limite de durée », souligne Monsieur Chédé, rappelant que « la relation entre le jeune et le parrain ne doit avoir pour conclusion qu’une sortie positive », autrement dit un CDD de plus de 6 mois ou un CDI à la hauteur de leurs compétences. C’est le cas pour 70% des jeunes parrainés.

500 entreprises partenaires, tous secteurs d’activités confondus

Fort d’un réseau de plus de 500 entreprises, NQT compte parmi ses mécènes de grands groupes, permettant ainsi de couvrir tous les secteurs d’activités et toutes les fonctions supports. En complément de cette force de grands groupes, les TPE-PME sont de plus en plus nombreuses à s’engager elles-aussi auprès de NQT, mettant à disposition leurs spécificités, leurs bassins d’emploi et leurs pôles de compétitivité. « On y retrouve par exemple les métiers du secteur culturel, agroalimentaire, ou encore du commerce, mais également de l’ingénierie extrêmement pointue » détaille Monsieur Chédé. Un maillage dense et diverse qui permet de mettre en relation « le bon parrain avec le bon jeune ».

60% des jeunes sont aujourd’hui parrainés dans les domaines du marketing, de la finance, des RH, comptabilité. 20% le sont sur des profils ingénieurs et/ou commerciaux et les 20% restants présentent des profils plus atypiques, tels que l’Histoire de l’art, la sociologie, etc.

Un développement en région

Forte de son succès, NQT a pour objectif souhaite désormais embrasser le virage du numérique en s’adaptant aux profils des jeunes et à l’offre et la demande qui évoluent très vite. « Le monde change en 10 ans, les discriminations ne sont plus les mêmes, les attentes du public ne sont plus les mêmes non, que l’on soit candidat ou recruteur » détaille Bertrand Chédé qui insiste également sur la volonté de « dépoussiérer le concept de parrainage pour le rendre encore plus efficace, notamment par une digitalisation du process »

L’autre challenge de NQT est géographique, avec un développement des relais de l’association sur l’ensemble du territoire, pour devenir « un réflex » et un interlocuteur de poids de l’insertion professionnelle. Un développement qui passera par la collaboration avec de nouvelles entreprises et de nouveaux partenaires. « Et pourquoi pas un développement du modèle à l’international ? »

Retrouvez toutes les informations sur le site Nos Quartiers ont des Talents

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