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Que pensent les recruteurs de leur métier ?

Mieux connaître le métier de recruteur, c’est l’objectif d’un livre blanc intitulé « Le recrutement dans tous ses états ». Un spécialiste des ressources humaines a souhaité apporter un éclairage sur une profession dont on entend souvent parler, parfois en mal. Quel est le quotidien des professionnels du recrutement ? Quelle perception ont-ils du métier ? Quelles sont les difficultés qu’ils rencontrent ? FoxRH a analysé les réponses de 623 professionnels en avril 2017.

Une vocation et un métier appris « sur le tas »

Les RH ont généralement des profils dynamiques, avec un grand sens du relationnel et conscients de l’impact de leur fonction sur la stratégie de l’entreprise. Les trois quarts (76%) des RH ont choisi ce métier pour son aspect « humain », mais la moitié d’entre eux pour le challenge perpétuel qu’il représente (52%) et la dimension stratégique de la fonction (44%). Leur grande majorité (69%) « a appris sur le tas » : seulement 31% a bénéficié d’une formation en ressources humaines et beaucoup ont été formé en interne par un salarié expérimenté selon FoxRH ou en cabinets de recrutement, preneurs de profils inexpérimentés.

Les trois tâches clefs du métier sont sans surprise les étapes clef du recrutement : le brief avec le client/manager (37%), l’entretien d’embauche (28%), et le sourcing (23%). « Le brief est l’étape la plus importante car elle permet de construire le processus de recrutement et, si l’on dispose de tous les éléments, de trouver le bon candidat » explique Aziz Boustil, cofondateur et associé de FoxRH, cabinet de recrutement spécialisé dans les métiers RH. De même, le contrôle des références après entretien n’est pratiqué que par 27 % des recruteurs. Ils ne peuvent toutefois appeler l’ex-employeur d’un candidat sans l’accord de ce dernier.

65% des recruteurs stressés et sous pression

Il faut dire que 48% des RH considèrent leur charge de travail comme « trop importante ». FoxRH note cependant une différence entre les professionnels exerçant en entreprise et ceux exerçant en cabinet. Ces derniers trouvent en effet certaines de leurs tâches « trop chronophages et sans valeur ajoutée » bien qu’elles soient nécessaires au bon fonctionnement de la structure (comme les reporting par exemple).

Les conditions de travail des recruteurs peuvent également être qualifiées de difficiles. 65 % des sondés se sentent ainsi stressés dans leurs missions ou par les objectifs qui leur sont fixés. Un chiffre élevé également dû au fait que le RH a un grand nombre de tâches difficilement quantifiables à accomplir : brief, sourcing, rédaction d’offres, appels et emails aux candidats, planification des rendez-vous, entretiens, etc. Mais il doit également répondre aux attentes des uns et des autres dans l’entreprise en dénichant les bons profils. Difficulté à prendre du recul, manque de temps pour analyser les besoins… Autant de situations engendrent du stress chez les professionnels du recrutement. La lassitude les guette également : 53 % des recruteurs trouvent leurs missions « redondantes » ; notamment les 18-25 ans (57%). Mais ceci est le cas dans beaucoup de professions…

La fierté de trouver les bons salariés

Malgré tout cela, les recruteurs sont majoritairement (74 %) satisfaits de leur métier. 93% pensent d’ailleurs que leur fonction est stratégique pour leur entreprise. « En répondant ainsi, ils expriment évidemment une fierté, mais pas seulement : ils savent aussi ce que coûte un mauvais recrutement et l’apport d’un bon salarié ». La reconnaissance de leurs clients est également une autre source de motivation : 64 % déclarent que ces derniers les reconnaissent à leur juste valeur. Pour Aziz Boustil, « les clients savent qu’ils demandent beaucoup aux recruteurs et quand ils reçoivent un bon profil, ils savent ce qu’ils leur doivent ».

« 10 à 15 ans d’ancienneté pour avoir une rémunération intéressante »

Malgré tout, seulement la moitié des cadres de la profession (51 %) s’y voit encore dans 5 ans. Le salaire ne constitue pas une source de motivation : 60 % des recruteurs déclarent ne pas en être satisfaits, comme la plupart des salariés français. Il faut dire que plus de la moitié des recruteurs gagnent moins de 35 000 euros par an. « Les jeunes débutent à 25 000 euros alors qu’ils ont un master. Il faut compter 10 à 15 ans d’ancienneté pour avoir une rémunération intéressante » analyse Aziz Boustil. Toutefois, comme les commerciaux, les RH exerçant en cabinet peuvent toucher un salaire variable indexé sur le chiffre d’affaires qu’ils génèrent.

« Un métier dans lequel on reste 2 ou 3 ans »

D’où la présence de profils plus jeunes (53 % de moins de 35 ans) et une ancienneté plutôt faible dans la profession (52 % ont moins de 5 ans d’ancienneté). « Pour le moment, recruteur est un métier dans lequel on reste 2 ou 3 ans, mais à l’avenir, je pense que cela deviendra un métier d’experts pratiqué par un plus petit nombre de personnes » conclut le cofondateur et associé de FoxRH. De personnes ou de robots ? L’avenir nous le dira mais à ce jour, l’intelligence artificielle n’a pas encore pris la place des professionnels du recrutement.

  • Étude réalisée entre le 3 et le 28 avril 2017 via Internet auprès de 623 professionnels du recrutement, dont 65 % en entreprise, composé de 65% de femmes et 35% d’hommes dont la plupart ont entre 26 et 45 ans, exerçant à Paris pour la moitié. : télécharger l’enquête.

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