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Faire de sa passion un métier : témoignage d’un dessinateur de presse

Transformer sa passion en métier, un rêve qui peut devenir réalité. C’est ce qui est arrivé à Tony Gouarch, devenu dessinateur de presse professionnel à force de coups de crayon. Il nous raconte son parcours et comment sa vocation s’est petit à petit imposée comme la seule carrière possible.

TonyGouarch

Le dessin, Tony l’a toujours eu dans la peau. Mais il a mis du temps à en faire son métier. Après un parcours scolaire classique, un Bac G3, suivi d’un BTS commercial, il enchaîne les boulots « alimentaires », « parce qu’il faut bien vivre ». Comme steward dans les wagons restaurant du TGV. 3 ans d’allers-retours, pendant lesquels Tony « gribouille » entre deux sandwichs SNCF. Il croque les anecdotes de son travail et le quotidien de la vie du rail.

Première rencontre et reprise d’études

Le déclic va se produire lors d’un concours de bande-dessinée auquel il participe, près de Rennes. Tony ne gagne pas le 1er prix mais rencontre Fournier, le dessinateur de Spirou. Le premier à poser un oeil de professionnel sur son travail. « J’étais tout fier de mes planches, il m’a montré ce qui n’allait pas dans mes dessins » se souvient Tony. Il lui restait une bonne marge de progression, même si son entourage l’encourageait dans cette voie. « C’est ce qui m’a poussé à reprendre mes études à l’âge de 28 ans » raconte Tony. Il décide alors de suivre une formation d’un an à l’école MJM Graphic Design de Rennes tout en continuant à travailler en tant que barman, « pour payer les factures ». Sa formation lui permet surtout de franchir un pallier. « Quand on est autodidacte, à moins d’être un génie, il arrive un moment où on ne sait plus comment évoluer. Rencontrer des professionnels, se faire guider par des profs ça donne des clés pour ouvrir des portes. Je pense que c’est nécessaire de passer par une école pour grandir plus vite »...

« Facebook m’a fait connaître des autres dessinateurs »

Autoportrait-TonyGouarchSuite à sa formation, il réalise un livre de dessin pour enfants – « Polo le Bigorneau » – et commence à s’orienter vers le dessin de presse où son humour féroce peut s’exprimer sans limite. En parallèle, Tony trouve un travail dans un atelier d’encadrement. Entre ses mains passent des originaux d’auteurs de bande-dessinée, comme Joann Sfar et son « Chat du Rabbin ». Cette expérience contribue à l’éducation de son oeil. Son trait aussi en prend de la graine mais c’est Facebook qui va lui donner un gros coup de pouce.
« J’ai commencé à faire des dessins sur l’actualité et les poster sur ma page Facebook, un site internet parisien m’a alors contacté pour faire un dessin chaque semaine. C’était très stimulant ! » avoue Tony. Grâce au réseau social, ses dessins se diffusent plus largement sur Internet, il en réalise pour d’autres sites, notamment pour RegionsJob« Facebook m’a fait connaître des autres dessinateurs, des sites de presse, c’est grâce à cette vitrine que j’ai commencé à être invité dans les festivals ».

« Une histoire de rencontres, de chance et d’opportunités »

TonyGouarch-FestivalTony commence alors à tisser son réseau dans la profession et être reconnu. En 2011, il remporte le 2ème prix du festival international de dessin de presse de Tourcoing et intègre par la suite la Feco, la fédération des dessinateurs de presse. Le voilà membre de la « famille ». « Mon parcours est une histoire de rencontres, de chance et d’opportunités ». Des occasions qu’il a su saisir pour forcer le destin. « Il ne faut rien lâcher, j’ai toujours eu cette passion depuis que je suis gamin » confie Tony, âgé de 38 ans aujourd’hui. « A partir du moment où j’ai repris mes études, je me suis dit ‘je ne suis bon qu’à ça’, je vais le faire. Il suffit d’y croire »

« Le talent ne suffit pas, il faut surtout savoir se vendre »

Dans cet univers de passionnés, Tony est comme un poisson dans l’eau. « Si tu n’es pas un enfant attardé, tu ne peux pas faire ce métier » affirme Tony qui a su rapidement se faire apprécier des autres dessinateurs. Ses expériences précédentes et son vécu lui ont aussi servi à s’intégrer. « Le fait d’avoir été barman, de travailler en relation avec les gens m’a donné de la confiance, ça m’a aidé à vaincre ma timidité et à ne pas rester dans mon coin avec mon carton à dessins. Comme dans beaucoup de métiers, le talent ne fait pas tout, il faut surtout savoir se vendre » reconnaît Tony.

bac_philo

Aujourd’hui, il collabore avec plusieurs journaux, sites internet et collectivités, séduits pas son humour très provocateur. « Je ne demande pas grand-chose, juste de pouvoir vivre de ma passion » explique Tony. Ce qu’il le motive ce n’est pas de devenir riche, les revenus tirés de ses dessins sont encore irréguliers. « Faire de sa passion un métier, c’est être honnête avec soi-même, ce n’est pas l’argent le moteur sinon j’aurais fait autre chose » conclut Tony avant de partir, son carton à dessins sous le bras.

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Commentaires
  1. Nathalie
    2 juillet 2014 - 9h56

    Un témoignage très intéressant ! Comme Tony, je crois que le talent ou la passion ne suffisent pas. Il faut être capable de le communiquer et de le commercialiser. C’est une compétence indispensable et qu’on a parfois tendance à négliger.

  2. Petersdis
    24 janvier 2017 - 17h30

    Franchement j’ai un tas d’idées pour mes dessin j’ai un gros soucis, c’est coller un texte humoristique avec.
    Quelqun à un conseil ?

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