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Aux Etats-Unis, de plus en plus d’entreprises paient pour contrôler la fécondité de leurs salariés

Facebook, Apple, Starbucks ou encore Tesla : les entreprises sont de plus en plus nombreuses à couvrir les frais de procréation assistée de leurs salariés. Congélation d'ovocytes, fécondation in vitro... Une manière d’attirer les talents, de redonner du pouvoir aux femmes, mais une démarche qui questionne.

Congélation d'ovocytes et fécondation in vitro font partie des avantages mis en avant par les entreprises pour recruter (gettyimages/PhonlamaiPhoto)

Facebook et Apple avaient déjà défrayé la chronique en 2014. Cette année-là, les deux géants proposaient pour la première fois de mettre l’horloge biologique de leurs employées sur pause en incluant dans leur couverture médicale la prise en charge partielle des frais de congélation d’ovule.
Cette technique permet aux femmes de se faire prélever des ovules et de les congeler pour avoir des enfants plus tard, sans se soucier du temps qui passe. Une procédure extrêmement coûteuse pour les entreprises et une « générosité » accueillie avec cynisme par les salariés.

Ces reproches n’ont pourtant pas empêché les employeurs américains d’adhérer peu à peu à cette démarche. Aujourd’hui aux Etats-Unis, selon le site The Economist qui reprend une étude Mercer, plus d’un quart des grandes entreprises finance les traitements de fertilité assistée de leurs salariés. Une sur vingt couvre la congélation d’ovules.

La surenchère pour attirer les talents

Le phénomène a dépassé le stade des critiques pour passer à celui de surenchère. Aussi onéreuse soit la prise en charge des traitements, des sociétés comme Tesla (constructeur automobile), Bain (cabinet de conseil), ou encore KKR (société de capital-investissement) financent un nombre illimité de FIV, pouvant coûter jusqu’à 100 000 dollars l’une.

Cette semaine, Starbucks a annoncé qu’il augmenterait sa « couverture de fertilité » à 25 000 dollars, y compris pour les baristas travaillant plus de 20 heures par semaine pendant plus de six mois. Pour les travailleurs à temps partiel payés 12 dollars de l’heure, cela peut représenter jusqu’à deux fois leur salaire annuel.

Pour ces employeurs, qui recrutent plus d’hommes que de femmes, l’objectif est bel et bien d’attirer les talents féminins. Selon Jake Anderson-Bialis, du site d’informations Fertility IQ, 62 % des salariés ayant perçu un financement pour leur procédure de fécondation in vitro (FIV), souhaitent rester dans leur entreprise.

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Retarder la maternité pour encourager les carrières féminines

Mais la congélation des ovocytes présente un autre avantage selon les recruteurs américains. Présentée comme une réelle opportunité, elle permet pour celles qui le souhaitent de se concentrer sur leur évolution professionnelle au moment le plus stratégique, l’âge de la trentaine, pendant lequel elles s’interrogent sur l’urgence de fonder une famille. Sorte d’outil en faveur de l’égalité hommes-femmes.

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Outil libérateur ou mauvais calcul ?

Qu’il s’agisse de la congélation des ovocytes ou de la PMA (procréation médicalement assistée), on peut se questionner sur le fondement de la démarche. Est-ce un véritable moyen d’évoluer et de se libérer, au même titre que la généralisation de la contraception à l’époque, et d’offrir aux femmes le droit de choisir et de ne plus subir le dilemme carrière ou bébé ?

D’autres, plus méfiants – moins naïfs ? – voient dans cette démarche un énième message négatif envoyé aux femmes, selon lequel il est impossible de concilier maternité et carrière.

Mais si au lieu de donner aux femmes un outil de pouvoir sur leur fécondité, les entreprises comme Apple, Facebook et consorts développaient au sein de leurs sièges des services autour de la maternité, comme des crèches d’entreprise par exemple, permettant de (vraiment) concilier vie professionnelle et vie personnelle ?

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