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Maroc : témoignage et conseils d’un expatrié

Claude Cadeau est installé à Casablanca depuis plus de quatre ans. Après avoir créé une société informatique au Maroc il vient de lancer ExpatLive, un site communautaire pour les expatriés. Il nous donne son point de vue sur les opportunités d’expatriation au Maroc, l’impact de la crise tunisienne et les spécificités du pays.

Maroc : témoignage et conseils d'un expatriéDepuis quand êtes-vous installé au Maroc et pourquoi êtes-vous venu ?
Je suis installé au Maroc et plus précisément à Casablanca depuis Avril 2006 soit presque 5 ans. J’ai fait le choix de suivre mon épouse qui travaillait pour une multinationale en France quand cette dernière lui a proposé un poste à Casablanca. L’envie de vivre dans un autre pays pour approcher une autre culture et offrir à nos enfants une autre vision du monde, retrouver une qualité de vie ont été nos principales motivations.
Arrivé pour ma part sans travail, j’ai décidé de créer une société informatique à Casablanca pour construire un logiciel d’agrégation de compte en mode ASP pour la profession des gestionnaires de patrimoine indépendants, corporation dont je suis issu. J’avais ce projet en tête depuis longtemps mais les coûts d’un tel projet en France étaient trop importants pour que je puisse le réaliser. Le rapport des coûts salariaux entre la France et le Maroc étant à l’époque de 1 à 4, j’ai donc pu recruter mon équipe de développeurs informatiques sur place. La société a compté jusqu’à 12 personnes, compte-tenu de la qualité du travail fourni, le logiciel a séduit une SSII française qui a racheté l’intégralité de la société en 2008.

Quels sont les secteurs qui recrutent des expatriés au Maroc ?
Comme dans tous les pays émergents les recrutements s’effectuent plus au niveau de l’encadrement supérieur ou des techniciens confirmés. Pour le reste soyons clair, le Maroc protège son marché et il existe une préférence nationale à diplôme équivalent. Les secteurs qui recrutent sont l’offshoring, l’hôtellerie, la distribution, le BTP pour la réalisation des grandes infrastructures (Tanger Med, la mise en place du futur TGV, etc.). Il existe aujourd’hui 700 filiales au Maroc de groupes français. Mais attention ce n’est plus l’eldorado d’il y a quelques années, le pays a un réservoir de candidats marocains bien formés qui ont fréquenté les grandes écoles françaises et anglo-saxonnes. Les expatriés français sont souvent là pour initier, structurer, former et puis souvent ensuite passer la main aux Marocains.

Au Maroc comme dans d’autres pays du Maghreb, il y a beaucoup de centres d’appels, est-ce que cette activité a été impactée par la crise ?
C’est le seul secteur qui n’a pas été impacté par la crise. Pour 2010, on note même une progression de 8% en volume. Et de sources proches, cette croissance devrait encore évoluer, le Maroc profite bien malgré lui de la situation en Tunisie. Des arbitrages d’implantation se sont faits tout dernièrement à son profit.

Justement, même si la situation n’est pas tout à fait comparable, est-ce que les évènements en Tunisie ne risquent pas tout de même de faire tâche d’huile au Maroc ?
Je ne crois pas. La liberté d’expression y est plus grande et le Roi a une plus grande légitimité car il constitue le ciment de l’unité nationale, même si nous ne sommes pas sur un modèle de démocratie à l’européenne. Il est populaire car il a impulsé dés son accès au trône une vraie dynamique économique au travers de grands projets (Tanger Med, Casanearshore, etc.) et a fait beaucoup pour les plus déshérités. Tout ne peut pas être résolu en seulement 10 ans. Il arrive chaque année 400000 jeunes sur le marché du travail pour seulement 190000 créations d’emplois. Il y a donc matière à réfléchir pour les autorités marocaines pour éviter un scénario à la tunisienne.

On sait qu’il y a beaucoup de retraités français qui viennent s’installer au Maroc, est-ce que pour les expatriés qui y travaillent ça change quelque chose ?
Les retraités français qui viennent s’installer au Maroc habitent majoritairement dans les villes touristiques (Marrakech, Agadir…). Ils sont souvent venus pour des raisons fiscales et à la recherche d’une qualité de vie plus élevée qu’en France à budget constant.
Les expatriés « actifs » se situent majoritairement dans des villes comme Casablanca, Rabat ou Tanger. A l’inverse des premiers, ils n’ont pas fait monter les prix par exemple de l’immobilier et leur durée de séjour est en moyenne de 3 ans. Il y a donc un turn-over. Néanmoins, depuis la crise de fin 2008, beaucoup de Français sont venus tenter leur chance pour monter de nouvelles affaires. L’intégration au Maroc est facile pour peu que l’on accepte les spécificités du pays. Une administration très tatillonne (obtenir une carte de séjour ressemble au parcours du combattant en tout cas à Casablanca), une notion du temps et des rendez-vous toutes relatives, un management des équipes totalement différent de celui pratiqué en France.

Quels conseils donneriez-vous à des Français qui souhaitent venir travailler au Maroc ?
En premier lieu, si vous aimez les choses bien carrées, bien finies et que la patience n’est pas la première de vos qualités, oubliez ce pays sinon vous finirez avec un ulcère. Deuxième point, ne pas oublier également que ce pays est profondément musulman et que les Marocains remettent beaucoup de choses entre les mains de Dieu (« Inch’allah »). Troisième point, les Marocains n’étant réputés pour être de bons payeurs (au mieux ils vous paieront avec beaucoup de retard) et que vous souhaitez commercer localement, une bonne trésorerie est à prévoir.

Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans la vie au Maroc ?
Même si Casablanca n’est pas la plus belle ville du Maroc, elle est imprégnée d’histoire. La présence de l’océan nous garantit un climat doux et ensoleillé toute l’année. Les Marocains possèdent aussi une grande joie de vivre. Dès que vous sortez des grandes villes vous retrouvez une vraie authenticité et une grande hospitalité. Et puis, pour être franc, je ne pourrais pas avoir le niveau de vie et la qualité de vie que j’ai au Maroc en France.

Pour terminer, vous avez lancé le site Expatlive.com l’an dernier, comment est né ce projet et quel est l’objectif de ce site ?
Ma première expérience informatique m’a donné envie de continuer dans le secteur du web. J’ai constaté qu’il n’existait pas de réel site communautaire pour les expatriés français. Nous offrons via Expatlive.com la possibilité aux expatriés d’échanger entre eux au sein de leur pays d’expatriation ou plus largement avec les membres installés dans le monde entier. Il a vu le jour effectivement en Septembre 2010. Pour le compléter nous allons intégrer dans quelques jours, un magazine de l’Expatriation et une plateforme de service dédiée aux expats. C’est passionnant de communiquer avec des Français implantés aux 4 coins du globe, d’échanger sur nos propres expériences. Il ne reste plus qu’à convaincre les expats d’être encore plus nombreux sur la plateforme pour réussir complètement ce projet.

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