Fermer
menu
  • Productivité
  • Qualité de vie au travail

Être malade ou bien vu au travail : il faut choisir !

Chaque année, les études se suivent et se ressemblent : nous sommes de plus en plus nombreux à ne pas respecter l’arrêt maladie prescrit par notre médecin. La dernière enquête, menée par Malakoff Médéric et sortie fin novembre 2018, révèle que près d’un quart des salariés du privé s’étant vu prescrire un arrêt ces 12 derniers mois y a renoncé de façon partielle ou totale. Un chiffre qui continue de grimper.

Des arrêts écourtés, voire refusés… jusqu’à l’arrêt total

En 2018, près d’un arrêt maladie sur quatre (23 %) n’a donc pas été respecté. Soit les salariés ont repris avant, soit il ne se sont pas du tout arrêté. Un chiffre en hausse, surtout chez les cadres et chez les dirigeants, ces travailleurs jusqu’au-boutistes, ainsi que dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration et du commerce, par exemple. Encore plus touchés par ce phénomène, les salariés en télétravail détiennent la palme des refus d’arrêts de travail…

Pourtant, l’absentéisme augmente bel et bien ! On touche là au cœur du problème. Si les salariés renoncent essentiellement aux arrêts de courte durée (18 % pour les arrêts de quatre à cinq jours, 22 % pour ceux de six à dix jours), les arrêts de plus d’un mois ont bondi. Et dans ce cas, 95 % des salariés respectent les préconisations du médecin. Plus inquiétant encore, la durée moyenne de ces arrêts longs (ceux de plus de 30 jours) a augmenté de 10 % entre 2012 et 2016, pour s’envoler depuis 2017.

On pourrait penser que ces arrêts de plus en plus longs, qu’ils soient dus à des maladies physiques ou mentales (burn out), sont directement liés à notre culture franco-française du présentéisme en entreprise. On vient au bureau, on reste, même quand le thermomètre fricotte avec les 39-40°C, que le corps et la tête sont fatigués, et ce jusqu’à l’épuisement. Dans un article du Monde consacré à ce sujet, début 2019, le sociologue Denis Monneuse, auteur de l’ouvrage Le Surprésentéisme. Travailler malgré la maladie (De Boeck, 2015) explique que « En période de crise, la peur du chômage avive le désir de se faire bien voir en se montrant présent. C’est un phénomène qui touche tout le monde, du ­patron qui veut se croire irremplaçable au travailleur en intérim, qui espère décrocher un CDI en multipliant les heures ». Mais force est de constater que cette explosion des arrêts de plus d’un mois est due en partie au maintien dans la vie active des premiers seniors concernés par le relèvement de l’âge de la retraite à taux plein, sans décote de 65 à 67 ans. Plus de 4 arrêts longs sur 10 sont donc pris par des salariés de 50 ans et plus. Reste que plus de la moitié des arrêts longue durée concerne tous les autres salariés…

À lire également :
« L’arrêt maladie est souvent le dernier recours pour ceux qui souffrent au travail »

Trop de responsabilités, peur des remarques et sentiment de culpabilité

Pourquoi donc refuser un arrêt, même de courte durée, si celui-ci permet de se reposer pour ensuite repartir du bon pied, sans aller jusqu’à l’épuisement ? Certes, le coût d’un arrêt maladie pour le salarié entre évidemment en ligne de compte. Les salariés qui ont un à plusieurs jours de carence en cas d’arrêt maladie sont 18 % à y renoncer. Les Français interrogés évoquent également des causes d’ordre personnel dans 61 % des cas de refus et professionnelles dans 9 % des cas. Pour le reste, c’est une combinaison de ces deux causes.

En revanche, le fait que les responsables, cadres et salariés de certains secteurs d’activité refusent davantage de s’arrêter, montre bien que le possible impact sur le fonctionnement de leur activité est bien plus important que leur santé. Une réalité que l’entreprise Seton, spécialiste de la signalisation, de la protection et de l’équipement de sécurité, a mise en lumière dans une enquête.  Avec l’aide de l’institut de sondage OnePoll, ils ont classé les motifs pour lesquels les salariés se sont rendus au travail, même en étant malade. En tête des raisons : les tâches et responsabilités. Ils sont un quart à estimer que leur absence serait préjudiciable pour l’entreprise, et 19 % à ne pas vouloir mettre leurs collègues dans la panade. Des raisons qui, même si elles sont critiquables, nous ont quasiment tous traversé l’esprit.

À lire également :
Conditions de vie au travail : depuis 10 ans des améliorations mais …

Plus déroutant, 20 % des personnes interrogées ont déjà refuser de s’arrêter par sentiment de culpabilité ou parce qu’ils ne voulaient pas perdre leur emploi ou se voir placardiser… Un chiffre qui en dit beaucoup au sujet des relations entre employés et supérieurs, sans parler de l’impact sur la santé, mais aussi sur la productivité et la qualité de travail de ces salariés souffrants.

 

À lire également :
Fatigue au travail : « les salariés doivent apprendre à lever le pied »

(istockphoto.com/PeopleImages).

Recevez l'essentiel de l'actualité RH

En cliquant sur "Recevoir la newsletter", vous acceptez les CGU ainsi que notre politique de confidentialité décrivant la finalité des traitements de vos données personnelles.

Ces articles devraient vous intéresser
Commentaires

Ajouter un commentaire

Il est possible d’utiliser les balises HTML suivantes :
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>
Ce blog supporte le système Gravatar, pour obtenir le vôtre, inscrivez-vous sur Gravatar.